"IMAGES DE MÉZIÈRES VERS 1900 À TRAVERS QUELQUES CARTES POSTALES ANCIENNES"

  Origines de
  la carte postale illustrée
  Chronologie
  de Mézières
  Tableau "population
  de Mézières"
  Quatre plans
  de l'agglomération
  Brève bibliographie
  Liste des diapositives
  et commentaire
  Quelques suggestions
  pédagogiques
  Textes et documents
   relatifs à l'époque 1900


accueil
Vue 3 - La Préfecture vers 1900

    Cette carte de Charpentier-Richard (cf. en bas, à gauche de la diapositive), postée en 1905 comme l'indique le cachet de la poste, est une bonne illustration des productions de cet éditeur macérien qui agrémentait souvent ses clichés d'une brève notice historique. Celle-ci nous apprend que l'Hôtel de la Préfecture occupe les bâtiments de l'ancienne École Royale du Génie, fondée en 1750, sous Louis XV.

    Ceci est partiellement inexact : en réalité, lors de sa fondation, l'École Militaire occupa les vieux bâtiments du Palais des Tournelles, reconstruit au XVIème siècle par Louis de Gonzague à cet emplacement, où séjournait son fils, Charles de Gonzague, lorsqu'il venait contrôler l'état des travaux à Charleville. L'édifice menaçant ruine au XVIIIème siècle, on le démolit, et on éleva sur les lieux entre 1780 et 1790, les bâtiments que nous voyons ici. Le caractère militaire de ces origines, explique l'austère façade percée de nombreuses fenêtres bien alignées.

    La réputation de cette école fut grande ; Monge, entre autres, y forma toute une élite militaire dont Lazare Carnot, Rouget de Lisle, Coulomb, Prieur de la Côte d'or...

    Sous la Révolution, en 1794, l'École du Génie fut transférée à Metz et l'administration civile occupa les locaux laissés vacants malgré les revendications de l'armée, à qui appartenaient toujours les bâtiments. En 1800, le Baron Frain, le premier Préfet des Ardennes s'y installa et la Préfecture ne les a plus quittés. Les deux petits pavillons coiffés de dômes qui encadrent le portail d'entrée, ainsi que la grille, ne sont pas du XVIIIème siècle, bien qu'ils s'intègrent avec bonheur à l'ensemble. Ils furent construits en 1865. Vers 1900, la Préfecture a un peu plus d'un siècle, mais ces pavillons n'ont que 35 ans !

    À gauche de la Préfecture, nous voyons deux constructions des XVIIème et XVIIIème siècles, séparées par une rue : la rue de la Préfecture, ancienne rue des Tournelles. Celle qui borde les jardins de la Préfecture, aux volets clos, à la façade noircie, était alors occupée par le service des Archives. C'était à l'origine un immeuble à usage d'habitation, appelé la «maison Bourdier» ; il avait été acheté par le Préfet FOY en 1867, pour y installer les Archives, jusqu'alors à l'étroit, au troisième étage de la Préfecture ; mais elles ne prirent possession des lieux qu'en 1877 après aménagements. Vers 1900, Paul LAURENT y est archiviste : c'est à lui que nous devons de nombreuses études locales comme les : «Variétés Historiques Ardennaises» (1890-1893) et la fondation en 1894 de la «Revue Historique Ardennaise».

    Le second bâtiment, un bel immeuble du XVIIIème siècle, aux élégantes fenêtres arrondies, ornées de mascarons sculptés, précédé d'un beau perron, au-dessus duquel on voit l'harmonieuse grille en fer forgé d'un petit balcon, était alors occupé par la Trésorerie Générale. Cet hôtel particulier appartenait, au XVIIIème siècle, au Chevalier de Chastillon, le premier directeur de l'École du Génie. De somptueuses réceptions s'y donnaient encore vers 1900, dans ses salons revêtus de cuir de Cordoue (cf. M. MASSIET du BIEF, archiviste des Ardennes, Matot-Braine 1928, p. 122). On ne voit ici qu'une partie de cette construction, qui en réalité allait jusqu'à la rue Jaubert où d'autres hôtels particuliers -dont celui de Jaubert- possédaient des décors intérieurs, des trumeaux et boiseries aussi somptueux qu'en l'hôtel de Chastillon. Il nous donne un aperçu de ce qu'était encore vers 1900, ce quartier du Mézières du XVIIIème siècle, réservé aux membres de la haute administration civile ou militaire.

    Le 11 novembre 1918, à 10 H 55, ces bâtiments, hélas, s'effondrèrent sous les bombes allemandes.

    Nous ne voyons pas ici la partie située à droite de la Préfecture : canal des Moulins et entrée de la Citadelle ; pour ce faire il faut se reporter au document 16 p. 31).

    Enfin, au premier plan de cette diapositive, ce vaste espace bordé d'une double rangée de platanes, c'est la place d'Armes, la principale place de Mézières, le cur de la ville, où se concentrent toutes les administrations : Préfecture, Trésorerie Générale, Archives, mais aussi comme nous allons le voir, Hôtel de Ville, bureau de Police et Justice de Paix. Depuis toujours, elle servait de cadre aux cérémonies officielles, aux multiples prises d'armes qui animaient la place forte. Cet espace est largement chargé des souvenirs historiques du passé macérien : il vit passer les Gonzague qui se rendaient en leur hôtel des Tournelles, Bayard, Charles IX, les grands noms de la Ligue, Henri IV en 1606 et bien d'autres...

    Noter le cadran solaire construit par Monge, visible au niveau du premier étage sur l'aile gauche de la Préfecture (cf. doc. 6 p. 51).

retour page précédente

Pages : 2 - 3

haut de page