Jean-Nicolas Gendarme :
Né de Jean-Barthélémy Gendarme (1733-1815) et de Marie-Jeanne Camion (1735-1772) fille de Jean Camion, maître ferronnier à Vrigne-aux-Bois, il est le seul fils du couple qui eut également quatre filles.

Jean-Nicolas est né à Vrigne-aux-Bois, il s'y marie avec Marie-Catherine Camion, sa cousine germaine (1769-1845).
Ils ont six enfants :
· Marie Jeanne Gendarme (1789-1861), mariée à Charles Jean Baptiste Céleste Hannonet ;
· Françoise (1790-1790) ;
· Marie Marguerite (1794-1876) mariée à Florent Louis Evain ;
· Jean-Pierre Nicolas (1797-1797) ;
· Adélaïde (1797-1891) mariée à Pierre Camion ;
· Charles Adolphe ( pas de renseignements ).

Les membres des familles Gendarme, Potoine (deuxième épouse de Jean Barthélémy) et Camion qui unissent leur destinée sont du même niveau social : des bourgeois, commerçants et artisans, propriétaires de leurs biens.
Au cours des générations suivantes, ces familles s'allient aux Cunin-Gridaine, Drumeaux, Devillez, Jardinier et Hannonet et font de la vallée de la Meuse et de quelques affluents de Sedan à Revin, un chapelet de cités industrielles à dominante sidérurgique.

Propriétaire de nombreux et importants établissements industriels, Jean-Nicolas est déçu de n'avoir que des filles.

Il met donc tous ses espoirs dans ses trois gendres, mais seul Hannonet, maître de forges à Couvin est susceptible de lui succéder, or il sombre dans une faillite en 1833. On sait peu de choses sur l'enfance et l'adolescence de Jean-Nicolas. Il ne dépasse pas l'école primaire, mais il est loin d'être sot : il est capable de tenir une conversation et d'écrire une lettre. Il est autodidacte et sait s'enrichir aux contacts des conseils techniques que lui procurent d'abord son père, puis son gendre Hannonet et son neveu Potoine qui sont en grande partie les artisans de sa réussite.
Il sait en tout cas administrer et gérer son affaire, comme en témoigne son immense fortune.

Il est dynamique : debout souvent à 3 heures du matin, il surveille personnellement les fabrications de ses établissements, parcourt les ateliers et détruit les pièces mal fabriquées.

Jean-Nicolas Gendarme est aussi maire de Vrigne (1799-1845) et pendant un certain temps, capitaine de la Garde nationale grâce aux impôts qu'il paie.
Il semble que ces occupations lui aient bien servi à obtenir quelques avantages locaux !
L'eau est la principale force motrice utilisable à l'époque : un des grands principes de Gendarme est donc d'empêcher ses concurrents de venir s'installer sur les ruisseaux ardennais où ils auraient pu, en y créant des retenues d'eau, construire de nouveaux établissements métallurgiques ou rénover ceux qui existaient déjà et avaient été abandonnés.

Ainsi, entre 1809 et 1826, il achète une bonne douzaine de moulins parmi lesquels ceux de Vrigne-aux-Bois, Gespunsart, Rumel, Lumes, Maraucourt, Boulzicourt, Poix-Terron, Montigny sur Vence, Villers le Tilleul, Elan.

Il utilise les mêmes procédés pour s'approprier les bois nécessaires au travail du fer et de la fonte : le maître de forges qui possède de vastes superficies boisées se trouve dans une situation privilégiée parce que les bois lui reviennent moins cher et parce que cette situation crée une rareté et rend la position des autres industriels difficile.

Sa plus belle affaire est l'achat de la forêt de Mazarin (3500 ha).
Les domaines achetés pour des raisons professionnelles (bois, moulins…) ou familiales (châteaux) comprennent aussi des fermes et des terres cultivables ; il les loue et les fait exploiter , ce qui lui rapporte beaucoup d'argent. Charles Didier, époux d'Aglaë Hannonet (petite fille de Gendarme), affirmait que Jean-Nicolas était " le marquis de Carabas du département des Ardennes ".

On ajoutait par ailleurs que Gendarme pouvait traverser le département des Ardennes d'Est en Ouest sans passer sur le terrain d'autrui en partant de son fief de Vrigne-aux-Bois. D'après Henri Manceau, dans la région de Marquigny , on ne disait pas " riche comme Crésus " mais " riche comme Gendarme " !

D'après Jean Garand, Un notable ardennais : Jean-Nicolas Gendarme (1769-1845), SOPAIC 1988

Ses possessions

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