Lire du théâtre


Quelques repères pour lire "L'adoptée"
de Joël Jouanneau
Heyoka Jeunesse - Actes Sud-Papiers



"Écrire, c'est noircir une page blanche ;
mettre en scène, c'est éclairer une boîte noire."
Joël Jouanneau

Cette pièce est remarquable par :
- le choix du thème privilégié et expliqué par Joël Jouanneau
- l'utilisation particulière de la langue
- le caractère des personnages (Badine est ambivalente, Tom ne parle pas, Procolp se transforme)
- les apports de la mise en scène dans la formation des lecteurs de théâtre

1 - Notes sur l'écriture théâtrale
2 - Quelques repères sur la métamorphose
3 - Utilisation de la langue
4 - Passages difficiles à lire
5 - Remarques diverses
6 - Déroulement de la pièce et évolution du rythme
7 - Notes sur la mise en scène
(Théâtre de l'Est parisien, le 12/03/2005)
8 - Sites



1 - Notes sur l'écriture théâtrale

Interpellation du public tout au long de la pièce par Badine (de moins en moins souvent)

Rôle du rideau rouge, qui ouvre et ferme la scène, ici la vue sur la ferme de Procolp.
Rôle du halo de lumière sur Badine.
- p. 7 : "Rideau, c'est parti ! "
- p. 19 : le rideau se ferme : on quitte la vue sur la ferme
- p. 22 : réouverture
- fermeture, p. 32

L'écoulement symbolique du temps
- présentation sous forme des jours de la semaine pour ordonner la chronologie, mais
- ellipses
* au moment de l'apparition, rapide, surprenante, inattendu
* au moment de la scène de l'abandon
* ellipse le mercredi : du temps a dû se passer avant que Tom ne prenne des habitudes et enchaîne les actions de la ferme à la place de Procolp
* "Un cri qui allume un feu de bois", p. 34

Rôle de Badine :
Rôle de narrateur, de Monsieur Loyal
- attire l'attention sur la scène, sur le décor
- donne un nom aux personnages (Purlup, Paimpon, Procolp)
- présente le personnage principal (son âge, son caractère, son emploi du temps - p. 10 - , son allure physique)
- rôle ambigu ("ce qui t'a pris aussi de le ramasser", p. 18)

L'action :
- un enfant apparaît
- scène de l'abandon, p. 20 et 21 (explication p. 22)
- scène de la conjugaison, p. 24 à 27 : inversion des rôles habituels ("les devoirs de Tom")
vendredi : inversion de la situation (C'est Procolp qui est dans l'abreuvoir, Tom est dans le fauteuil et mange des fraises).


2 - Quelques repères sur la métamorphose

Jeudi : C'est le jour du changement, de la transformation, de la métamorphose de Procolp.

lundi, mardi, mercredi
Avant

Jeudi
La transformation de Procolp

vendredi, samedi, dimanche
Après
" La silhouette changea de couleur,s'adoucit, se réchauffa ", Le tunnel, A. Browne

Une vieille, chignon gris, fichu troué, dos courbé, air renfrogné.Une pas commode, une grincheuse, une hargneuse, qui s'époumone contre les chiens, le facteur, les soucis, les enfants, râle tout le temps, une aigrie, une acariâtre, aimable comme une porte de prison, une coriace.
Chasse l'enfant, le menace du fouet, du fusil.
Elle a peur de lui, elle l'épie, elle l'injurie, le houspille.
Elle essaie de le perdre.
Elle le fait travailler comme un esclave.
Procolp se sent coupable d'avoir houspillé Tom." Oh je me sens coupable moi d'un coup, j'ai mal partout. Dans le dos, au ventre, à la tête. Il faut que je le retrouve, Badine, il le faut, tu entends, à tout prix. Tom ! Tom ! Tom ! "
Elle part à la recherche de Tom. (" affolée ", " à demi-folle ", " plus folle encore ", " déboussolée ")
Elle tombe épuisée, fiévreuse et fait un mauvais rêve : elle voit Tom qui se noie. Elle hurle.Elle se réveille. Tom est là, veillant sur elle.Elle s'effondre en larmes et le prend dans ses bras : " Mon petit, mon petit ! "
Procolp se lave, ce qui ne lui est pas arrivé depuis la mort de son mari.
Elle parle de Tom gentiment, avec tendresse (" il est trognon non, regarde s'il est gentil ? " ; " un ange, non mais regarde comme il s'applique quand il lit, tu peux manger tout si tu veux, et si ça suffit pas, fils, tu vas direct te servir aux fraisiers ")
Elle envoie Tom chercher " un gros billet, dans la petite boîte en fer blanc dans les ressorts du sommier, sous le matelas " pour aller le rhabiller en ville.
Elle demande à Badine de prendre une photo-souvenir d'elle et de Tom. Elle se fait belle (La Procolp sort de chez elle avec une ombrelle, habillée et maquillée comme jamais).
Elle parle gentiment à Tom (" La violette, Tom, tu aimes ? " ; " Tiens-moi le bras. ")
Elle est émue lors des retrouvailles de Tom et de son père.Elle pleure au départ de Tom et de son père.

Sur le thème de la transformation, de la métamorphose
- " Le tunnel " d'Anthony Browne : la transformation du frère
" Elle jeta ses bras autour de la forme froide et dure et elle pleura. Très lentement, la silhouette changea de couleur, s'adoucit, se réchauffa ".

- " La Belle et la bête "


Interprétation :
Que va devenir Procolp maintenant ?
Pourra-t-elle continuer de vivre comme avant ?

Réflexion rétroactive sur le titre au féminin : " L'adoptée " et non pas " L'adopté ".
" L'adoptée " : " L'apprivoisée "
- Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie " créer des liens… "
- Créer des liens ?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
(…)
- Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors, ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé qui est doré me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé…
" Le petit prince ", A. de Saint-Exupéry

3 - Utilisation de la langue :

- la ponctuation n'est pas utilisée de façon uniforme ou constante.
- le rythme des scènes est varié
- noter les enchaînements de répliques (" le bouclage ")
* on a parfois deux voix pour une seule (p. 10-11)
* jusqu'à arrêt pour incohérence : p. 26-27
- le rythme de la narration de Badine change (remarquer le changement de mise en texte et de mise en page) :
* page 20
* page 32-34
- la structure des phrases et l'économie des mots :


* Des phrases tronquées
Des phrases affirmatives commençant directement par le verbe, sans sujet.

Se tait. Se gratte.
Doit bien avoir un nom.
Doit être sourd.
Pisse au lit ce morveux.
Urine pire qu'un âne.
… serait fichu de répondre.
Faut tout lui dire deux fois.
Datent de vingt-six eux aussi.
Ne manquait plus que ça.
Doit encore être à chercher Fantoine.
Doit s'être perdu dans la nature.
Sortait de l'abreuvoir.
Doit être tout trempé à l'heure qu'il est !

Des phrases affirmatives commençant par le participe passé, sans sujet ni auxiliaire
Née dans la pièce du fond, ondoyée-baptisée dans l'abreuvoir, fiancée-épousée dans la grange.
Remis ça, figure-toi.
Tout sifflé sans demander.

Des phrases négatives commençant directement par le verbe, sans sujet et sans le " ne " de la négation.
Y a rien à voler.
Bouge pas lui.
Sait pas encore se retenir, le petit Tom ?
Connais pas de Fantoine dans la région.
Crèvera pas de faim toujours.
Serait pas venu se réfugier dans tes bras, voisine ?
Seriez pas Fantoine des fois ?

Des phrases négatives commençant par " pas ", sans sujet, sans auxiliaire et sans le " ne " de la négation

Pas d'ici toi. Et pas chez toi ici.
Pas la veille demain que tu le reverras.
Pas même vingt ans ce matelas.
Pas même un collier ce jeune chiot.
Pas tes oignons, voisine.
Pas pour toi que je l'ai plumé.
Plus trop pour moi ces randonnées.
Pas près de le revoir.
Pas aujourd'hui que tu vas le rattraper.
Pas étonnant qu'il ait pissé sur lui cette nuit.
* Des phrases dans lesquelles le pronom précède le référent
Depuis combien elle est là, d'après vous, la Procolp ?
Elle en dit quoi, elle, Procolp ?
Á quoi elle l'emploie son temps, la deux fois veuve madame Procolp ?
Tu la connais mal, la Procolp.
Et elle s'en va Procolp.
elle nourrit son monde la mère
Et il passe le temps…
Elle mène bon train, Procolp
elle s'époumone la Procolp
elle finit par le voir le gosse
Il entre dans l'eau noire Tom
d'horreur elle pousse la harpie un cri que jamais on n'entendit de mémoire de vivant

* Des phrases avec des tournures inhabituelles

Et donc et tout comme le mien, les gamins, votre œil, il voit quoi ?
Idem oui exception ce lundi-ci, à l'heure, 17 précises, de la corvée de bois…
Mais posé là, lui, on se demande bien pourquoi, vu que Procolp ne l'attendait pas.
Pas la veille demain que tu le reverras !
Des papiers sur toi tu as ?
elle va où nous on sait pas
sonne midi pile mais qui ici le sait ?
là où l'on est le clocher s'entend pas
Caché dans l'abreuvoir tu m'as dit qu'il était.
…du second dont je te parlais de mari, voisine, le garde-chasse, le mort par accident, pas moi toujours qui l'ai tué…
Et ce qui l'a pris de venir ici, le Tom ?
Ce qui se passe mère Procolp ?
Ce qui t'a pris aussi, Procolp, de le ramasser.
Ce qu'il t'avait encore fait l'animal !
Ce que ça veut dire, voisine, tu le sais toi ?

* Des énumérations sans virgules
… qui s'époumone contre les chiens le facteur les soucis les enfants…
… lui solide sur ses jambes mollit pas suit se tait siffle parfois.

* Des strophes
Tirades de Badine : p.20, p.21-22, p.24, p.32-33-34, p.43-44

* Des rimes
Un moins que rien qui galère
en plein air
sous l'œil sévère d'une propriétaire
qui lui fait réviser sa grammaire.

(p.24)

harpie/partie ; s'époumone/résonne ; affolée/journée ; Gascon/non ; petit/dis/hennit/oui ; tard/départ ; trébuche/bûche ; déboussolée/barbelé ; fois/froid ; épuisée/nez ; frissonne /s'abandonne ; continents/gitan ; perçant/étang/vivant ; harpie/entendit (p.32-33-34)


* L'humour dans le texte : des expressions imagées

… c'est une coriace la veuve, et elle a la colère enthousiaste.
Je vais t'apprendre à conjuguer le verbe décamper, moi.

Le gosse à peine disparu
voilà notre ampoulée miraculée
la Procolp remise sur pied
plus souple qu'un caoutchouc
leste comme un lièvre
fraîche comme un gardon
elle rebrousse chemin
en écrasant les champignons.

Oui, mais la bique, elle, elle se fout de la grammaire et elle attend pas, alors faut la traire quand même.
… conjugue-moi tout ça. Á l'impératif ou au présent, au choix, l'essentiel est que ce soit plus que parfait.
Je crois bien que je vais aller réviser le verbe ronfler.
Puisque toi qui quoi toi tu ?
Badine : Parfois tu fais fort, la mère ! pas besoin de chien ici, toujours tu aboies.
Procolp : Tais-toi ou je mords.
Badine : Un vrai pitbull parfois.
On dirait une jument harnachée pour un défilé.
J'ai comme l'intuition qu'il veut régler son ardoise avec toi, le Yukel.

Mise en situation choisie pendant le stage : Zoom sur la plasticité de la langue au sein d'une même pièce
Extraits choisis :
- p. 7 et 8
- p. 24 à 27
- p. 32 à 34

Consigne : s'entraîner à maîtriser le texte pour être capable de le dire à voix haute, se laisser porter par la langue du texte, expérimenter des dictions, des changements de rythme, des changements d'intensité, etc.
NB : avec les élèves, cerner le début et la fin d'un passage avant l'entraînement, afin de ne pas briser l'unité de chaque scène.

4 - Passages difficiles à lire

La première tirade de Badine : Lundi, p.7-8
- des phrases longues avec des tournures inhabituelles.
- interpellation du public mélangée à la description du lieu.

Les paroles de Badine page 15 : qui sont les référents des différents pronoms ?
BADINE
Et il passe le temps et le soleil, il fatigue, il tire le store, il s'éclipse et la nuit fait son office et lui toujours il bouge pas, se tait lui, et moi je rentre chez moi et je vous laisse avec lui.

La tirade de Procolp dans son bain : Vendredi, p.35-36
- longue sans un seul point
- des tournures inhabituelles, des phrases tronquées.
- on passe sans transition de " Procolp raconte " à " Procolp interpelle Badine ".

* Un passage intéressant à dire et à mettre en scène par les variations qu'il comporte :
La tirade de Badine avec la voix de Tom : Jeudi, p.32-33-34

5 - Remarques diverses :

Les désignations de Tom

par Badine
par Procolp

un morpion
le, l', lui, il, toi
mon garçon
gamin
Tom
le sans-famille

toi, tu, le, l'
le Tom
le mouflet
vaurien
un orphelin, celui-là
garnement

Implicite sur les maris de Procolp
- p. 9 : "le premier dans la cave, le second à la chasse !
- p. 19 : "mon premier était braconnier"
- p. : garde-chasse

Rupture des repères traditionnels narration-action
- p. 11 : "exception ce lundi-ci... où un morpion, le voilà, se pose ici..."
- p. 12 : Badine s'adresse au garçon puis continue à raconter

Les faits et gestes des personnages :
- Imaginer les attitudes et expressions de Tom, p. 18

Avertissement de départ :
p. 10 : "les enfants... pas de ça chez moi."

Quel fond musical ?
Imaginer un fond sonore ou des intermèdes musicaux ? Quel type de musique ? De la musique tsigane ?

6 - Déroulement de la pièce et évolution du rythme

Fichier Word

7 - Notes sur la mise en scène
vue le 12 mars 2005 au Théâtre de l'Est parisien

Sur la scène, une baignoire, côté cour, posée sur des pieds de bois et calée par des pierres. Quelques cailloux au sol.
Un fond gris, à hauteur d'homme, comme un tableau noir mal effacé.

Badine, assise jambes tendues sur la baignoire chante : "Je suis née comme une chienne une nuit où il pleuvait (...) je ne sais rien d'elle que la haine que j'en ai (...) mon père était plusieurs (...)
Badine continue en parlant :
- Pas gaie la chanson. Heureusement, elle chantait pas souvent. Se souvient pas la vieille, un trou noir son enfance, elle disait, jusqu'au jour où Tom (...) On va remonter le temps (...)

C'est parti. Rideau !
Un tableau à mi-scène, représentant une maison entourée de hautes herbes folles. Pose sur le sol. Il est possible de passer derrière, de faire le tour de la maison, ce qui est beaucoup utilisé dans les jeux de scène.
Devant, à gauche, un très vieux fauteuil rembourré, abîmé. A droite, une chaise et un tas de bois.
Badine a une baguette (badine) à la main, elle fouette l'air de temps à autre, le bruit s'entend nettement.

Quand Badine présente les lieux, va pour s'asseoir sur la chaise au moment où elle dit "boîte d'un pied", et choit.
Son ton est ferme. Quand elle dit "je m'appelle bien Badine", cingle l'air de sa baguette.

Badine est jeune, en robe à jolies découpes et volants (toujours la même facture de robe, au fil de la pièce, mais changement de couleur)
... la pauvreté qui vit là... on entend une voix à l'arrière qui chante "Popoda, popodi"
Procolp apparaît : vêtue d'une robe et d'un manteau d'un gros tissu beige et gris, un fichu sur la tête. Les hanches sont élargies devant et derrière. Le tour des yeux est maquillé de brun, ce qui fait ressortir le regard.
Procolp avance penchée, d'un pas ferme. Pendant que badine parle, fait le tour de la maison.
"Toujours pareil identique" : Procolp est revenue à l'avant de la scène avec un panier à salade qu'elle secoue à tours de bras, l'eau gicle derrière Badine...
Procolp a un accent campagnard : "posse ton chemin..."
On entend de lointains aboiements à l'arrière, puis un air d'orgue de barbarie.

Quand Badine interpelle la salle, les enfants sont surpris, d'autres font des propositions de réponse.

"un morpion" (Tom arrive de la salle) ... chez lui (silence)... se tait (silence)... se gratte

Tom : pull bleu, casquette fourrée sur la tête, jambes sales
"c'qui lui a pris" : Procolp a un fagot sur les épaules, comme un joug
"une deux, une deux"" : Procolp simule une marche à grands pas
"Allez ouste" : Tom se met à rire
Bruitage : caquètement de poules à l'arrière de la maison (plus tard, on entend des chèvres)
Procolp revient pour chasser Tom, un objet à la main, volée de plumes
Bonne anticipation quand on voit Procolp revenir un poulet à la main.

Tombée de la nuit. Long silence, très long. Changement de lumière. ... "et il passe le temps". Long silence après l'ensemble consacré au silence, puis après ce qui concerne Tom : grillons, chouettes, aboiements...
Tom enlève son soulier, cherche un caillou. Badine bâille. Long silence... "et moi je rentre chez moi..."
Silence, grillons.
Quand Procolp apporte le bol, elle le pose au milieu de la scène devant la maison. Tom court boire. Il boit face au public. Bruit de déglutition. Il lèche le bol.
Belle lumière lunaire.
Tom s'allonge en chien de fusil. Un peu après, Procolp s'approche de Tom avec une lanterne, lui donne un coup : "Alors, faut p'têtre que j'te prenne par la main." Tom court pour rentrer dans la maison.

Orgue de barbarie. Changement d'installation.
Procolp est assise dans le fauteuil. Badine arrive en robe jeune, chante, pend sa lessive.
Episode de Fantoine : Procolp et Tom marchent face au public, Tom légèrement en retrait, les yex fixés dans le lointain. Badine est montée sur la baignoire et parle sur fond musical.
Un rideau descend à l'avant de la scène, nouvelle bande peinte, nouveau paysage
Procolp, assise face au public, se déchausse, enlève ses chaussettes.
"hé, gômin !"
Tom mange.
Le retour accéléré : changement de rythme, musique, Badine apparaît au-dessus du rideau pour continuer à relater les évènements. Procolp court de dos, puis de profil.
Quand Tom revient sur un air d'orgue de Barbarie, il tend les bleuets à Badine et le poulet à Procolp.


3e jour, Badine joue aux cartes. Nouvelle robe. Des torchons sont pendus. Braiment d'âne.
Procolp dans le fauteuil, lit. Tom ramasse le linge, entre avec une brouette de bois, etc.
Procolp tape Badine qui veut manger une fraise.
Procolp mange une fraise, puis jette le reste sur Tom qui passe.
Quand Badine prend la place de Procolp, elle imite sa voix brutale et ses gestes (jette un morceau de fraise à Tom). Badine mange les fraises face au public. Musique avec castagnettes, elle danse.

Nouveau jour, nouvelle robe.
... toutes : Badine reste bouche bée, figée.
... C'était moi" : on entend un bruit d'orage, éclairs.
Long silence. Procolp s'assoit sur le bord de la baignoire, puis sort. On l'entend appeler Tom en coulisses, à droite, à gauche...
Tirade de Badine : elle imite chacun des animaux cités.
Procolp revient par la salle. Le rideau descend à nouveau. Procolp fatiguée s'allonge au sol. Le mauvais rêve est figuré par l'ombre de Tom derrière le rideau (+ lumière). Voix de Tom en voix off avec effet d'écho.
Cri qui réveille du cauchemar.

Nouveau jour. Harmonica + guitare
"un grand billet" Badine est figée puis se met à frotter
"un trou noir" : serviette sur la tête

Badine assise, jambes écartées buste couché vers l'avant lit un manuel de photographie. Robe noire, chapeau haut de forme.
Procolp, la bouche barbouillée de rouge à lèvres.
la photo : " on ne respire plus" : roulement de tambour
Tom saute dans les bras de son père. Parlent slave.

Jeu avec la billet que refuse Procolp.

Tom simule un cri, puis bruitage d'un vol d'oiseaux.

Fin : tous ensemble sur la scène. Chantent ti-ki-ti-ki-ti-ki-tchou toukoutou. Tom chante en slave avec Procolp, tandis que Badine et le père font les rythmes, puis tout le monde chante.

8 - Sites :

http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=18491
http://www.princedetallard.com/sortie.htm
http://www.princedetallard.com/cm1-cm2.htm
http://www.crdp-toulouse.fr/cddp-09/html/etablissements/emala/fiches%20Emala/Ladoptee.pdf

Stage FC : "Lire les 6 genres littéraires au cycle 3", mars 2005

Pages réalisées par Annie Janicot, médiathèque du CDDP des Ardennes et Carole Saillard, conseillère pédagogique