Lire du théâtre


Quelques repères pour lire "Sacré silence "
de Philippe Dorin
L'École des loisirs, Théâtre - 1997



1 - Références
2 - Spécificités de cette pièce
3 - Proposition de lecture au fil des scènes
4 - Compléments
5 - Mises en scène repérées sur Internet
6 - Bibliographie



1 - Références

Entretien avec Philippe Dorin, Charleville-Mézières, février 2000
http://www.ac-reims.fr/datice/ecole/ia08/cycle_3/Rencontre/p_dorin.htm

Portrait Philippe Dorin par Olivier Bailly (extrait)
http://obsdeparisjunior.nouvelobs.com/articles/p003_2100/a261732.htm
Philippe Dorin construit une œuvre théâtrale exigeante, intelligente, excitante. Est-ce du théâtre jeune public ? Non, c’est du théâtre pour tout le monde. Avec beaucoup d’humanité dedans. Des mots, souvent courts, qui zèbrent l’atmosphère comme des éclairs. Des phrases qui se terminent soudain, des ellipses. Drôles même s’il ne s’agit pas de « bons mots ». Mais quel travail pour arriver à cette concision !

Biographie et bibliographie de l'auteur
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/bio-auteur.php?id=262

Résumé de la pièce sur ce site
Nous sommes dans le désert. Lumpe se promène en traînant son bidon. C'est son instrument de travail. Dans son bidon, Lumpe a enfermé tous les bruits du monde : le bruit du vent, le bruit de la guerre, le bruit des hommes et même des bruits inconnus de nous, comme le bruit des couleurs. Elle appelle ses clients et n'entend pas de réponse. Elle appelle encore. Une voix se manifeste. C'est une jeune femme très étrange et qui ne fait rien d'autre, absolument rien d'autre que répéter les paroles de Lumpe. Lumpe s'énerve de plus en plus. Comment se débarrasser de quelqu'un qui n'a d'autre conversation que la vôtre et qui est peut-être une concurrente ? Car la jeune femme imite tous les bruits de Lumpe et pourrait donc lui voler son travail. La jeune femme s'appelle Écho, elle réduit peu à peu Lumpe au silence. Lumpe qui a oublié d'enfermer dans son bidon un seul son : celui de sa propre voix. Cette pièce de Philippe Dorin part d'un jeu enfantin : celui de l'écho, ce jeu qui nous a tous fascinés et agacés. Elle est une réflexion poétique sur le langage, l'univers des bruits qui nous environnent et, bien sûr, le silence.

Texte de la quatrième de couverture
Une route dans un désert de silence. Lumpe, marchande de sons, roule devant elle son bidon plein de bruits, à la recherche de clients. Une jeune femme apparaît, une petite boîte de Coca vide à la main. Ce n'est pas vraiment la rencontre que Lumpe espérait faire.

Remarque : à la lecture du texte de la quatrième de couverture, le lecteur ne sait pas que le deuxième personnage est un écho. Dès qu'il commence à lire, il voit annoncés les personnages : Lumpe, Echo. Le spectateur qui n'aurait lu, avant de voir la pièce, que le texte de la quatrième ne saurait pas forcément à qui il a à faire et il aurait à construire le personnage, dans la même situation que Lumpe qui découvre ce qu'est l'écho. L'acteur doit savoir qui il joue, le spectateur n'est pas forcément averti dès le départ, ce qui peut induire un travail entre classes, l'une découvrant et lisant/jouant deux ou plusieurs scènes, voir l'ensemble devant les autres.

Références littéraires : cette pièce évoque très nettement la pièce de Samuel Beckett, "En attendant Godot". Deux personnages seulement, deux clochards, dans un lieu relativement à l'écart et vide et qui échangent. Pas d'histoire, un moment de vie. La scène 5 fait penser au poème "Voyelles" de Rimbaud.


2 - Spécificités de cette pièce

A - Cette pièce comporte 9 scènes mais elle aurait tout aussi bien pu être écrite comme "Ah ! Anabelle" de Catherine Anne sans aucune coupure, puisqu'aucun signe de changement de décor ou changement de jour (comme dans "L'adoptée") ne vient souligner un changement (Le mot "noir" n'apparaît qu'à la tout fin de la pièce). Il serait intéressant de voir dans les mises en scènes existantes si le changement de scène est marqué d'une façon ou d'une autre.
Rechercher comment visuellement ou de manière sonore pourraient s'effectuer les enchaînements de scène, très visibles dans le livre, l'ensemble de l'action se situant en un seul moment prolongé entre les deux femmes.

B - Le jeu entre les deux personnages est comique pour plusieurs raisons :

La situation de départ : une marchande de sons, ce qui ouvre de nombreuses possibilités sonores directement dans le choix des mots de l'auteur ou dans les possibilités de jeux sonores sur scène. A noter que le nom de cette marchande se prête à des recherches de prononciation, est en lui-même un son intéressant produire, et n'est pas dépourvu de comique dans son aspect inattendu (Echo ne sait pas répéter ce nom, page 19).
Cette marchande de sons se trouve face à un autre personnage dont elle ne connaîtra le nom qu'à l'avant-dernière scène ! Elle met alors un nom sur le phénomène qu'elle a découvert, l'écho. Cette ignorance va participer de la construction des effets comiques.
Le jeu d'accessoires : un gros bidon, mot dont le sens est multiple, et une boîte de coca. On découvre dans les scène 5 et 6 que Lumpe peut se cacher dans son bidon, ce qui suppose un certain format ! Le rapport entre le gros bidon est la boîte de coca est sans doute une figuration du phénomène de réduction lié à l'écho. A noter que Lumpe parle beaucoup plus et beaucoup plus fort qu'Echo. À la scène 8, Lumpe pose la boîte coca dans le bidon pour amplifier le son.
Le jeu d'écho : l'auteur, par son écriture, introduit des variations qui évitent la répétition toujours identique qui pourrait devenir très lassante, mais il est évident que le jeu d'acteur par les choix de mise en voix tient un rôle très important.
Le jeu d'attitudes : l'un des personnages, Lumpe, bouge beaucoup. L'autre, Echo, est beaucoup plus statique, ce qui crée un effet de décalage comique. Lumpe est parfois clownesque, on retrouve ici la situation d'un duo comique entre deux protagonistes involontaires et occasionnels.
Extrait de http://fr.wikipedia.org/wiki/Duo_comique : "Un duo comique est toujours structuré sur le même modèle, à l'instar des spectacles de clowns : l'un est l'Auguste, l'autre le clown blanc.
Le clown blanc est le personnage sérieux, intelligent et rationnel.
L'Auguste est fruste, outrancier et désordonné.
Le clown blanc a un ascendant sur l'Auguste, il le domine. Mais il est en même temps son faire-valoir : c'est l'Auguste qui est la vraie vedette, celui qui déclenche le rire au final. "
Les jeux de langage : choix du nom de Lumpe, jeu sur l'énumération des noms de bruits (scène 1), jeu sur les mots commencés et non terminés qui introduisent un jeu avec l'autre personnage, mais aussi avec le lecteur ou le spectateur (scène 3), jeu sur la syntaxe mélangée (scène 4), jeu sur les mots inventés (scène 4) et les silences (tout au long de la pièce, mais surtout en fin de scène 4), jeu chanté (scène 8).


3 - Propositions de lecture au fil des scènes

Mise en page de la pièce
71 pages, les répliques sont parfois très courtes, les scènes sont également courtes, mises à part la deuxième et la troisième, allongées par le phénomène de répétition.
Feuilleter le livre avec les élèves pour qu'ils repèrent par eux-mêmes la tâche de lecture et la brièveté générale de l'oeuvre.
9 scènes :
1 - pages 7 à 9 (3 pages)
2 - pages 11 à 25 (15 pages)
3 - pages 27 à 35 (9 pages)
4 - pages 37 à 44 (8 pages)
5 - pages 45 à 50 (6 pages)
6 - pages 51 à 57 (7 pages)
7 - pages 59 à 63 (5 pages)
8 - pages 65 à 67 (3 pages)
9 - pages 69 à 71 (3 pages)

Présentation des personnages, page 5
- Lumpe, marchande de sons
- Echo, une jeune femme
Comment prononcer le nom de Lumpe ? A l'époque où il écrit cette pièce, Philippe Dorin habite Strasbourg, et la compagnie Globe Trottoirs signale que Lumpe signifie "clochard" en allemand (prononcer alors [loumpe] mais rien n'y oblige).
Qu'est-ce qu'une marchande de sons ? Revenir sur cette question au moment de l'interprétation finale.
Effectuer un rapprochement, si la pièce est connue, avec "Le pays de rien" de Nathalie Papin, dans laquelle le roi a fait enfermé tout ce qui peut exister, y compris les cris, chuchotements, soupirs, etc.

Scène 1
Effectuer la lecture du début de la pièce avec le projet d'en savoir plus sur cette marchande de sons et sur le lien avec le titre "Sacré silence" (ce qui sera valable jusqu'à la fin de la pièce, le travail se terminant par un essai d'interprétation du titre et de la pièce).
Comprendre qui est Lumpe, essayer de la définir telle qu'elle se présente au début de la pièce.
Faire lire ces 3 pages et demander aux élèves ce qu'ils évoquent à partir du texte.

 

 

- Lumpe est seule, c'est un monologue.
- Repérer les didascalies, situer la scène.
Repérer les énumérations de bruits groupés par assonances (en "ss", en "is") ou par thématiques ("bruit qui court", par exemple) ou encore onomatopées. Effectuer un rapprochement avec les énumérations de produits dans les foires ou marchés, rechercher des intonations possibles.
Voir le début du texte de la pièce "Le petit violon" de Jean-Claude Grumberg (en prêt à la médiathèque du CDDP), pages 9 et pages 16, les tirades de Léo le camelot.
- Repérer la récurrence de "Sacré silence" avec la variante "Maudit silence" (et "Au diable la loi du silence"), l'opposition avec l'énumérations des sons et l'interprétation de l'expression "sacré silence" qui en découle.
- Repérer l'excitation croissante de Lumpe dont l'expression se rapproche de celle du Capitaine Haddock dans la deuxième partie de la scène.
- Repérer la simulation d'une scène à deux et les implications pour la voix à la fin de la scène.

  Caractériser Lumpe : aspects comiques, caricaturaux, clownesques (elle tombe !).

Scène 2
Comprendre ce qu'est une voix off.
Repérer les deux parties de la scène, Écho n'est d'abord pas sur scène, puis elle apparaît (rôle des didascalies).
Tirer parti de sa voix pour rendre l'effet d'écho (paramètres : intensité, timbre, mimétisme de l'autre).
Tirer parti des didascalies pour imaginer ce qui se passe sur scène : qui est sur scène, avec quels accessoires ?
Remarquer que Lumpe reprend dans le même ordre le discours de la scène 1.
Tirer parti des variations de ponctuation lorsqu'Echo apparaît. Lorsque la voix est off, un point d'exclamation répond à un moint d'exclamation. Dans la suite, lorsqu'Echo est sur scène, un point d'exclamation répond à un point d'interrogation, comme s'il y avait réellement échange.
Ressentir comment évolue la scène :

    - Lumpe essaie de comprendre ce qui se passe et effectue des essais (onomatopées) jusqu'à "bizarre".
- L'attitude d'Écho agace Lumpe
- Chacune part de son côté : on retrouve ici une scène assez clownesque.
Faire une recherche sur les attitudes et les regards (se regardent-elles, de quelle manière, faire de nombreux essais). Voir également la scène finale.

Scène 3
Réfléchir à l'enchaînement avec la scène précédente : reprise du discours d'annonce des sons (dans le même ordre), rôle de la didascalie ("Lumpe s'arrête", la scène prolonge donc le déplacement annoncé en fin de scène 2).
Réfléchir à la façon de rendre les réplique avec "!!!!" et "..." page 30 (expressions, gestes).
À nouveau, variation de ponctuation page 32, effet sur l'intonation et l'ensemble des intonations : faire un essai en répliquant parfaitement l'intonation de Lumpe, puis un autre en généralisant des variations dans la répétition.
Réfléchir aux mouvements des personnages : ne relire que les didascalies et en tirer parti (on lit deux fois "Écho ne bronche pas", alors que Lumpe bouge beaucoup). Jeu comique sur l'opposition d'attitude des deux personnages.

    NB : Lumpe bouge, tourne autour d'Écho, elle lui tend aussi des perches verbales comme le "analpha...", "analphaquoi", analphacomment", sans doute pour voir si Echo est capable de faire autre chose que répéter, si elle est capable de prolonger ce mot, de prendre une certaine autonomie, ce qu'elle fera à la scène 5 (page 45), mais surtout à la scène 7 (page 62) et à la scène 8.

Scène 4
Remarquer également l'enchaînement avec la scène précédente : Lumpe avait décidé de se taire ("je la boucle"), mais se rend bien compte que cela n'est pas compatible avec son métier.
Après avoir testé le phénomène d'écho à la scène 2, après avoir essayé les insultes pour se débarrasser du personnage encombrant à la scène 3, Lumpe essaie deux autres tactiques : parler à voix basse et bâillonner Écho. Mais Écho répète même ce qui n'a pas été prononcé à haute voix (on imagine le comique des lèvres mobiles de Lumpe alors qu'on n'entend pas tout, et les airs étonnés, ahuris et même plus qu'agacés qu'elle doit prendre lorsqu'elle entend Écho répéter le tout). Et quand Écho se trouve bâillonnée, le langage de Lumpe se trouve transformé : la syntaxe est perturbée, ce qui lui fait insulter Écho et donc inventer des mots nouveaux, ce qui renforce encore le comique.
S'entraîner à dire les pages 40 et 41. Il est possible aussi de répartir ce texte en plusieurs groupes qui vont donc s'entraîner à dire chacun quelques lignes étant donnée la difficulté. Mais il y a fort à parier que les élèves chercheront à en dire plus !
Concevoir le jeu sonore de la page 41 lié à la didascalie : "le métal sonne bois, la peau sonne caillou, etc." ce qui suppose un acteur sur scène et des bruiteurs en coulisses, mais surtout une bonne coordination des gestes de part et d'autre pour que le son produit coïncide avec le geste vu par les spectateurs.
Quand Lumpe lui enlève le bâillon, Écho reste muette, quels que soient les encouragements à parler ! La situation semble inextricable.

Scène 5
Nouvelle évolution du jeu langagier entre les deux personnages, Écho va se mettre non plus à répéter à l'identique ce que dit Lumpe, mais ses répliques sont faites d'une seule expression que Lumpe vient de répéter elle-même 5 fois dans la première réplique de cette scène : "Moi aussi".
Jouer sur la force sonore de cette scène, Lumpe provoquant Écho en produisant des bruits autres que langagiers : "tonnerre de bruits", scène de guerre qui est simulée avec lancement d'une fausse grenade, bruit des formes et des couleurs, bruit de la mer.
Scène 6
On assiste ici à un mimétisme d'un nouveau style, le mimétisme des gestes, Lumpe simule de manger, Écho fait de même, Lumpe simule de dormir, Écho s'allonge, Lumpe ronfle, Écho aussi. Mais Écho s'endort vraiment (on n'en est pas très sûr au début).
La scène se termine par une nouvelle gesticulation comique de Lumpe qui ne peut éviter de faire du bruit alors qu'elle aimerait partir discrètement.
Scène 7
Coup de théâtre : c'est Écho qui prend la parole ! "Q'est-ce qui se passe ?", etc. et c'est Lumpe qui reproduit les fins de phrase, ce qui marque sans doute sa surprise, mais aussi son adaptation au phénomène : sa voix et l'écho ne font qu'un. Des modifications d'intonations sont soulignées à nouveau par la ponctuation.
Nouveau jeu sonore : les instruments ne renvoient que du silence !
Scène 8
Lumpe et Écho échangent en chantant. Écho se présente à Lumpe explicitement, lui fait connaître ce qu'elle ne connaissait pas, le phénomène d'écho. Quand Lumpe s'approprie le monde de l'écho, Écho lui dit : "Tais-toi"... "on me le prendra"...
Scène 9
Il est question de départ depuis la scène 6. Dans la continuité de la scène précédente, c'est Écho qui met sa main sur la bouche de Lumpe, c'est elle qui sort la première. Réfléchir à la gestuelle qui accompagne les paroles "Par là !" Montre-t-elle le même endroit ?

 

4 - Compléments

Le jeu des variations
Les variations dans les prises de paroles de Lumpe :
- Lumpe écoute ce qui se passe
- Elle teste le phénomène d'écho à la scène 2
- Elle insulte Écho pour essayer de s'en débarrasser à la scène 3
- Lumpe parle à voix basse
- Lumpe bâillonne Écho
- Lumpe provoque Écho en produisant des brits de genres différents
- Lumpe simule plusieurs moment de vie (manger, dormir, ...) et teste Écho.

Les variations dans les prises de parole d'Écho :
- répétition-reprise du même texte à l'identique, avec seulement modification du timbre et de l'intensité.
- silence
- répétition-reprise des derniers mots d'une phrase
- répétition successive d'un même court texte ("Moi aussi")
- répétition des gestes effectués par Lumpe
- Écho prend l'initiative de la parole
- Écho chante

Proposer des activités de diction
- Parler fort, parler moins fort, chuchoter : à chaque fois rechercher les possibilités d'écho
- Faire sonner les mots de la scène 1, et notamment faire entre les assonances (en "ss", en "is")
- Parler lentement, parler vite (sur les "analpha-" scène 3 par exemple), parler en surveillant les réactions de l'autre
- Parler normalement, parler sur un ton de colère, parler
- Le phénomène d'écho : seule répétition atténuée ou effet d'écho (à écouter sur le magnétophone d'un ordinateur, voix à tester sous un pont ou tunnel) ?
- L'un pose une question, l'autre répéte les mêmes mots mais sur un ton d'exclamation.
- Dire toujours les mêmes mots sur des intonations différentes ("Moi aussi", par exemple, scène 5)
- Etc.

Observer les photos prises à Avignon par la compagnie des Globe Trottoirs :
- Qui est Lumpe ? Qui est Écho ?
- Comment est habillée Lumpe ? Comment est habillée Écho ?
- Observer le décor choisi.
- Observer les attitudes, essayer de les situer dans la pièce.
- Faire part de ses réactions à cette proposition des deux personnages : les imaginait-on comme ça ? Comment chacun les imaginait-il ?

Mettre en commun les interprétations finales : pourquoi avoir choisi le titre "Sacré silence" alors qu'il n'est question que de sons et de bruit dans la pièce ?
Lumpe est seule, elle parle seule, elle n'entend que sa propre voix en écho, n'essaie-t-elle pas de lutter contre la solitude et le silence qui l'accompagne ? Dans la première scène, elle se plaint du silence ("maudit silence").
Elle a engrangé tous les bruits du monde et se crée avec ces bruits connus un monde à elle.

Le titre initial de la pièce était "Ramdam, le miroir sonore" (voir ce site)

Autre fiche pédagogique : http://www.ac-orleans-tours.fr/crdp/cddp18/Theatre_11.htm

5 - Mises en scène repérées sur Internet

A - Par les Globe Trottoirs
Spectacle pour enfants à partir de 6 ans

Au beau milieu du désert, Lumpe, marchande de sons, promène son bidon rempli d’instruments en tous genres dans l’espoir de trouver un client ; elle en a de toutes sortes et pour tous les goûts. Armée de ses "binious", elle offre à qui veut les entendre "tous les sons, sans exception". Mais sa voix se perd dans les profondeurs du désert. Elle rencontre alors Echo qui, tantôt moqueuse, tantôt bienveillante, fait son boulot d’écho… ou presque.
Face à ce personnage singulier, Lumpe ne sait que faire : comment parler avec quelqu’un qui répète systématiquement toutes vos phrases, Echo, elle, ignore comment communiquer avec cette marchande qui ne sait ni se taire ni et écouter… Répéter, se taire, ignorer ? Echo va adopter différentes attitudes pour entrer en relation avec Lumpe. De son côté, déroutée par l’attitude de ce lutin qui semble se jouer d’elle, Lumpe va tout essayer : le dialogue, le mépris, la séduction, la violence, la fuite…
À travers disputes, provocations, défis, ces deux sœurs ennemies composent une partition de bruits, de silences et de rêves. Comme dans une session de jazz, un thème est lancé, puis repris, amplifié, modulé. Au-delà des mots, Sacré Silence entraîne le spectateur dans l'univers des émotions et du non-dit. Comme en musique, où le silence se joue au même titre que la note, ce sont le silence et la vie qui, s’écoulant entre les mots, leur donnent force et sens.

Souvenirs d'Avignon 2005
Dossier du spectacle

Ecouter les instruments de Lumpe

Écouter la chanson

B - Par le Tokia Théâtre

Texte de présentation :
Spectacle poétique où l'humour côtoie la tendresse. Le plaisir de jouer avec les mots, d'écouter leurs sons se transformer. Chut ! Ecoutez les images ! Regardez les mots ! Un vieux fût rouillé pour seul décor. Ramdam marchand de sons, apparaît en roulant son bidon plein de bruits devant lui, il cherche un client, attend désespérément et en vain un compagnon ! Effrayé par le silence et la solitude, il s'invente un personnage à qui parler : "Écho" "Le petit roi du pays qui dit tout". Il laisse libre cours à son imagination y entraînant le spectateur. Nous avons voulu délimiter un espace de jeu qui pourrait se situer partout ou nul part, et susciter l'attention sur le texte. Ce qui est dit devient important ! Sacré silence nous invite à regarder les mots et écouter les images. Écho qui répète ce que dit Ramdam, fait évoluer la pièce vers une sorte de farce, qui fonctionne admirablement bien sur le public et le conduit à réfléchir sur l'écoute, le silence et l'émotion. Le spectateur enfant et adulte porte toute son écoute sur le jeu de l'acteur au service d'une pièce sensible et émouvante. Elle est avant tout une recherche musicale et poétique.

Voir la photo, les acteurs sont des hommes !

Contact : tokiatheatre@tiscali.fr
Site Web : http://www.tokia-theatre.com


7 - Bibliographie : titres disponibles à la médiathèque du CDDP des Ardennes

Dorin, Philippe
Villa Esseling Monde
La fontaine , 1999. - 83 p. : ill. ; 21 cm. -
2-907846-34-5
Ce livre comporte une pièce de théâtre et des nouvelles. Un enfant demande à ses parents l'autorisation de récupérer sa balle et d'aller jouer dehors, "pourvu que tu n'entres pas dans la villa Esseling Monde", dit son père. Evidemment la balle roule vers l'endroit interdit et entraîne l'enfant dans un monde digne de Lewis Carrol, alors que les parents, en des tableaux réguliers, sont présentés rivés à leur poste de télévision, peu inquiets malgré le temps qui passe.
Cote : 82-93 DOR

Dorin, Philippe
Sacré silence
L'école , 1997. - 71 p. ; 19 cm. - Théâtre
2-211-04466-2
Sur une route abandonnée, en plein désert, Lumpe, marchande de sons, propose à qui veut l'entendre soupirs, murmures, cliquetis, fracas et pétarades, en fonction des besoins. En vain... car il n'y pas de clients. Seul le silence lui répond. Mais voilà que quelqu'un lui parle, c'est Écho. Parle-t-elle vraiment ? Cherche-t-elle à communiquer ? Lumpe a bien du mal à saisir le message et même à savoir si Écho est une amie ou une ennemie ou juste quelqu'un d'agaçant. Outre les jeux de mots sur la langue et sur les bruits, on pourra réfléchir sur les fonctions du langage.
Cote : 82-93 DOR

Dorin, Philippe
En attendant le Petit Poucet
L'école , 2001. - 78 p. ; 19 cm. - Théâtre
2-211-06113-3
Il s'appelle Le Grand, elle s'appelle La Petite. Ils sont seuls au monde. Il ne leur reste plus qu'à se rencontrer, à s'inventer des fables. Pourquoi, le jour, les étoiles disparaissent ? Comment faire réapparaître le fantôme de leur mère ? Comment traverser des villes et frapper aux portes des maisons ? Ils sèment des cailloux sur leur chemin et l'un d'entre eux les accompagne. Lorsqu'ils ont fait le tour du monde, ils s'interrogent. Comment donner un sens à leur histoire ?
Cote : 792.1-053.2 DOR

Dorin, Philippe
Un œil jeté par la fenêtre
L'école , 2001. - 78 p. ; 19 cm. - Théâtre
2-211-06067-6
Il y a longtemps, un garçon a vu une fille par la fenêtre et, depuis ce jour, il a figé son souvenir dans sa mémoire. Devenu grand, il vit avec sa mère, il écrit, et sa vie monotone lui fait oublier cet instant miraculeux. Mais les souvenirs sont tenaces ; tôt ou tard, ils sont convoqués, réclament leur dû.
Cote : 792.1-053.2 DOR

Dorin, Philippe
Dans ma maison de papier, j'ai des poèmes sur le feu
École des loisirs , 2002. - 60 p. ; 19 cm. - Théâtre
2-211-06714-X
Une petite fille plante un décor : maison, paysage, accessoires... Noir. Lorsque la lumière revient, elle est devenue une vieille dame. La petite fille et la vieille dame entament une discussion dans le noir ou dans la lumière, en alternance et composent des rêves, des poèmes, des histoires... Mais le promeneur qui annonce la mort veille...
Cote : 792.1-053.2 DOR

Dorin, Philippe / Bailly, Olivier
Rencontre avec Philippe Dorin
L'Ecole des Lettres des collèges, 04/2005. - p. 66-76.
Interview de Philippe Dorin, écrivain. Son itinéraire littéraire, les influences, son oeuvre théâtrale, ses thèmes d'inspiration. Bibliographie.
Cote : 8


Galéa, Claudine / Dorin, Philippe
Itinéraires d'auteur.9 : Philippe Dorin
La Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, 2006
Long entretien de l'auteur mené par Claudine Galéa (auteur et journaliste).
Cote : 792.071-053.2 GAL


Pages réalisées par Annie Janicot, médiathèque du CDDP des Ardennes