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Le thème de l'année 2005/2006
est : Résistance et monde rural
Les recherches des élèves pourront porter sur
:
1. Les relations entre la ville et la campagne pendant la guerre
(marché noir, mis à l'abri des familles, caches d'armes
et entrée dans la clandestinité)
2. la maîtrise de l'espace rural (tenir les routes et les
ponts, connaître les réseaux ferroviaires)
3. Les maquis.
4. Les parachutages
5. Les réfractaires au STO
6. Les massacres et les persécutions.
Le sujet dans l'Aube
Les dates du Concours sont :
Devoir individuel le 24 mars 2006, devoir collectif 30
mars 2006
Un sujet qui dépasse la simple Résistance
Ce sujet implique une étude de la place des campagnes dans
l'expression de la vie politique et sociale de la France de l'Entre-Deux-Guerres.
A partir de 1931, les ruraux ne représentent plus la majorité
des Français. Les urbains viennent de les dépasser
en nombre. Les revendications rurales tendent à passer par
la ville. Cependant, la France rurale reste puissante et pèse
durablement sur les élections.
La guerre modifie la relation du couple ville-campagne. Pour l'opinion,
c'est la campagne qui alimente les marchés, et bien entendu
le marché noir. Les citadins voient les paysans comme des
affameurs qui profitent de la situation. Evidemment, il ne s'agissait
que de représentations, mais des conflits importants eurent
lieu. Dans le prolongement de la relation ville-campagne, c'est
le lien entre la Résistance urbaine et la Résistance
rurale qui s'impose comme axe de réflexions.
Le sujet est complexe car, de tradition, le monde rural parle et
écrit peu, même si à cette époque la
tendance était de tout commenter, tout remarquer. Cependant,
sur l'intime, l'insolite et le vécu, sur la ferme, on ne
dit rien ou si peu.
D'une manière générale, les candidats Aubois
ont cette année une bonne occasion pour étudier
en profondeur un des aspects les plus importants de la Résistance
locale et d'une manière plus générale de leur
département.
En effet, l'Aube est un département rural
A cette époque le recensement de 1936 fait encore
référence. On compte 445 communes. La population
totale est 239 563 habitants dont 10054 étrangers. Mais
compte tenu des prisonniers de guerre, on affine le chiffre à
234 268 habitants. Il y a 110038 urbains et 129525 ruraux. Troyes
compte 57962 habitants. Les principales agglomérations
sont Romilly sur Seine (13997), Sainte Savine (10406), Bar sur
Aube (4002), Nogent sur Seine (3631), Mailly le camp (2571), Bar
sur Seine (2571), Arcis sur Aube (2455), Brienne le Château
(2332). Cependant, selon les sources, il y une infime variation
des chiffres.
L'Aube est un département dont l'agriculture reste
traditionnelle et peu mécanisée. On constate 58%
de terres labourables, 21,8% de bois et de forêts, 10, 5%
de terres non cultivées, 6% d'herbages, 1,5% de vignes,
1,4% de pâturages et 1% de cultures diverses. On divise
l'espace agricole aubois en 6 régions. Ainsi le barrois
composé de plateaux rocailleux et humides, la Champagne
humide limitée au Sud-Est par les coteaux du barrois et
au Nord-Ouest par les collines du pays d'Othe et la Champagne
crayeuse d'autre part. Celle-ci s'étend sur environ 300
000 hectares de plaines autour d'Arcis sur Aube, Troyes et Nogent.
Enfin le Nogentais entre la Champagne crayeuse et la plaine argileuse
des environs du Nogentais, puis les terres alluviales qui occupent
les vallées de la Seine et de l'Aube et la plaine de Brienne.
En 1944, la production de pommes de terre est de 14 000 tonnes,
pour les autres produits agricoles, on comptabilise 7500 tonnes
de choux et 1800 tonnes de carottes, poireaux et tomates. Il faut
ajouter 1500 quintaux de légumes secs. En 1944, lorsque
les autorités de la Libération se mettent en place,
les stocks alimentaires sont quasi nul dans des produits comme
le beurre, l'huile et la viande. Les stocks de farine sont très
justes et insuffisants.
L'importance des monuments dans les campagnes auboises démontrent
l'importance du monde rural dans le combat contre l'occupant. Il
n'y a pas de doute possible, aucun maquis n'aurait pu tenir sans
l'appui du monde rural. Le Commandant Bernet (Marceau) le dit parfaitement
dans son discours d'inauguration du monument du maquis de Mussy-Grancey
le 15 septembre 1946 :
"Nous seuls savons ce que nous vous devons et nous ne
voulons pas l'oublier : c'est chez vous que se cuisait notre pain,
c'est à vos fontaines que nous venions quotidiennement
puiser notre eau-cette eau qui nous fit si cruellement défaut
pendant la bataille- c'est encore chez vous que nous avions entreposé
une grande partie de nos vivres de réserves, c'est sur
le terrain du plateau voisin qui domine le village que nous avons
effectué nos premiers parachutages. Tous les jours les
camions et les voitures du maquis traversaient Grancey et nous
avons constamment trouvé auprès de vous l'accueil
le plus chaleureux et l'aide la plus efficace"
Vous avez volontairement couru tous les risques en apportant à
notre groupement un concours spontané et sans réserve
sans lequel aucun maquis ne pouvait vivre.
La Résistance auboise a été réelle
et importante. Mais l'analyse d'une Résistance proprement
rurale suppose que l'on prête attention aux maquis, au terrain
de parachutage et au relation entre la ville centre et l'ensemble
du département. C'est aussi l'occasion de s'intéresser
au camouflage de réfractaires, des réceptions des
parachutages, des prises en charge des aviateurs alliés et
de l'organisation des filières d'évasion. La liste
des sujets possibles est vaste et peut se déplacer vers plusieurs
centres d'intérêt.
A titre d'indications, nous vous proposons une liste de faits
qui peuvent faire l'objet d'une étude.
Maquis et parachutages dans l'Aube
Les principaux maquis sont :
1. Mussy-Grancey pour l'Armée Secrète
2. Saint Mards en Othe pour le BOA et les FTP
3. Rigny la Nonneuse pour les FTP
4. Maquis de la Côte 192 pour les Commandos M |
|
Evidemment, la liste est non exhaustive car il y a une multitude
de petits maquis qui ont existé et souvent disparu ou furent
intégrés à des formations plus importantes.
Pour l'essentiel, les maquis existèrent majoritairement dans
le courant de l'année 1944. Plusieurs régions auboises
ont abrité ces groupements armés qui se levèrent
à partir du 6 juin.
Ci dessous une carte des principaux maquis en 1944.

Les maquis dans l'Aube, Archives départementales de l'Aube
1213W 04
Il y a aussi un nombre important de terrains de parachutages
répertoriés. Sébastien Touffu nous propose
quelques éléments de réflexions pour les années
1943 et 1944.
Les périodes de parachutages
|
Période
|
Réussites
|
Echecs
|
Résultats incertains
|
Nombre total d'opérations
|
|
Février 1943
|
1
|
|
|
1
|
|
Mars 1943
|
3
|
1
|
|
4
|
|
Avril 1943
|
2
|
|
|
2
|
|
Mai 1943
|
1
|
2
|
|
3
|
|
Juin 1943
|
2
|
|
|
2
|
|
Juillet 1943
|
9
|
3
|
|
12
|
|
Août 1943
|
1
|
|
|
1
|
|
Septembre 1943
|
4
|
2
|
2
|
8
|
|
Octobre 1943
|
5
|
4
|
|
9
|
|
Mars 1944
|
|
9
|
|
9
|
|
Avril 1944
|
8
|
4
|
|
12
|
|
Mai 1944
|
5
|
7
|
|
12
|
|
Juin 1944
|
3
|
|
1
|
4
|
|
Juillet 1944
|
17
|
|
|
17
|
|
Août 1944
|
11
|
2
|
|
13
|
|
Total :
|
71
|
35
|
3
|
109
|
L'Aube accueille l'un des premiers parachutages en zone nord dès
février 1943. 42 opérations sont tentées pendant
l'année 1943, avec des tentatives plus importantes en juillet,
septembre et octobre. Après l'hiver 1943-1944 où aucune
action ne réussie à cause des conditions climatiques
défavorables, les parachutages reprennent vigoureusement
au printemps 1944 et plus encore durant l'été afin
d'alimenter les maquis toujours plus nombreux.
Les destinataires des parachutages
Le BOA assura l'organisation de près de 80 parachutages
de 1943 à 1944, soit près de 75% du total des opérations.
Les autres mouvements se partagèrent les réceptions
restantes. Soit 9 pour CDLL (exclusivement en 1943, avant que ses
équipes n'intègrent le BOA), 7 pour les FTP, 5 pour
le SOE, 4 pour l'Armée Secrète et 4 pour le réseau
Sussex. Enfin, une équipe Jedburgh se présenta fin
août 1944. Au total, 34 agents furent parachutés, dont
seulement 5 en 1943. Avril 1944 vit l'arrivée de 4 agents,
7 en mai, 3 en juin, 9 en juillet et 3 en août, témoignant
de la nécessité d'encadrer une Résistance en
plein développement.
Les zones de parachutage
Plusieurs zones se détachent nettement comme des secteurs
privilégiés pour les parachutages : l'est de Troyes
qui bénéficient de zones boisées particulièrement
vastes, favorables aux opérations aériennes; Romilly-Nogent
sur Seine (respectivement 3 et 14 tentatives) où le mouvement
CDLL s'implanta de manière précoce ; le pays d'Othe
où le BOA dispose de plusieurs groupes (20 tentatives) ;
le Barséquanais où se mêlent FTP, Armée
Secrète et BOA (21) ; plus marginaux, les opérations
dans le Baruraubois (7), le sud du département (12).
VOIR EGALEMENT "La
Résistance dans l'Aube"
Christian Lambart
Cependant les listes des parachutages et des maquis
ont été établi par Sébastien Touffu
Remerciement aux Archives départementales de l'Aube.
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