Le Chemin des Dames

Enfer des hommes et fracture entre l'armée et la troupe

 

DOCUMENTS

Document n°1 Vie du combattant…

« Arrivés en pleine nuit, devant l'entrée d'une galerie entrant dans le flanc de ce Chemin des Dames. À tâtons, on a pénétré à l'intérieur pour nous reposer quelques heures. La ligne de bataille était devant cette galerie, à une cinquantaine de mètres. On nous fit prendre place dans des trous d'obus avec l'ordre de les approfondir afin que notre tête ne dépasse pas le bord en nous plaçant en position à genoux. L'ennemi était en face, à 40 m à peine. Les bombardements étaient permanents. Le ravitaillement n'arrivait pas, les soldats allant le chercher ne rentraient plus. Rien à manger, rien à boire, à part quelques biscuits ou chocolat trouvés dans les sacs ou musettes des morts présents tout autour de nous, aussi bien français qu'allemands. Depuis le 16 avril 1917, l'offensive française n'avait pu enfoncer les lignes ennemies. Un corps d'Infanterie y perdit 170 officiers et 6 500 hommes. Les souffrances physiques et l'omniprésence de la mort restent nos souvenirs les plus douloureux. Nous passions des mois sans nous laver, nos corps étaient couverts de poux, les gros rats couraient entre nos pieds. La nourriture que des soldats désignés allaient chercher dans les roulantes à des kilomètres du front, était toujours froide, ou n'arrivait jamais.

Pour passer le temps, on jouait aux cartes. Beaucoup de mes compagnons sont morts pendant une partie. C'est au Chemin des Dames que nous avons connu nos pires moments. Les bombardements ne cessaient jamais, le jour comme la nuit. Quand on nous a relevés, nous étions tellement épuisés que nous avons dormi 24 heures d'affilée sans manger, alors que nous avions faim, soif, et sans nous laver...
Je suis retourné sur le Chemin des Dames, un certain nombre d'années plus tard. Je n'ai rien pu retrouver. Plus de traces sauf les cimetières.

Ces mois de guerre, je ne les oublierai jamais. Mais, autour de moi, je ne connais plus personne qui les ait vécus. Alors, avec qui en parler ?...».

Source : Récit M. Antoine-Élie GAL, né aux Mées en 1896, recueilli en juillet 1988 par Michèle SIGNORET, à l'Hôpital des Mées où il était pensionnaire et décédé en 1993 http://www.lesmees.org/livres/l1998/chedames.htm

 

Document n°2 Pertes françaises sur le Chemin des Dames (VIe et Xe Armées)

 
Tués
Blessés
Disparus
Hors combat
Combat Sapigneul début 04/17
?
?
?
800
Attaque de Laffaux 07/04/17
?
?
?
310
Pertes totales 16/04/17 - 25/04/17
30 000
100 000
4 000 PG
134 000
VIe Armée 15/05/17 - 15/07/17
3 500
10 500
4 000
18 000
Xe Armée 15/05/17 - 15/07/17
2 000
6 500
1 300
9 800
VIe Armée 15/07/17 - 15/08/17
650
2 000
200
2 850
Xe Armée 15/07/17 - 15/08/17
2 000
6 500
4 500
13 000
VIe Armée 15/08/17 - 15/09/17
?
?
?
1 500
Xe Armée 15/08/17 - 15/08/17
?
?
?
4 000
Bataille de Malmaison
?
?
v
14 000
Total
36 350
125 500
14 000
198 260

Source : J.F Jagielski, Le choc de l'offensive Nivelle au Chemin des Dames, les Chemins de mémoire, ministère de la Défense, octobre 2007. p. 10.

 

 

Document n°3 Le drame humain

Source : http://www.anciencombattant.com

 

Document n°4 Mémoire populaire

Garçon faut que j'm'en aille,
On m'dit de prendre les armes,
Pour je n'sais quelle bataille,
Conscrit disent les gendarmes…

J'te confie la marmaille,
Ta mère qu'est d'jà en larmes
Prends bien soin du bétail,
D'la p'tite qui fait du charme

(…)
Fiston, ma bandouillère
Sent la mort et le plomb
Mourir pour une frontière
Des deux côtés c'est con

(…)

[Refrain]

Garçon j'entends les balles
J'tire en fermant les yeux
Les ordres du général
Sont bien plus que douteux
J'veux pas du ch'min des dames
Alors j'te dis adieu
J's'rai passé par les armes
De Français courageux

Source : http://www.bide-et-musique.com/song/8653.html

Soldat Louis est un groupe de rock originaire de Lorient qui mélange la musique traditionnelle de Bretagne avec les instruments classiques du rock.

 


Document n°5 La mémoire officielle

La commémoration officielle du 90e anniversaire de la bataille du Chemin des Dames, dans l'Aisne, s'est déroulée lundi 16 avril au mémorial de Cerny-en-Laonnois en présence du ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera qui a déposé des gerbes dans les cimetières français, britannique et allemand. « Nous avons, nous les adultes, le devoir de passer le relais de la mémoire aux jeunes générations. La mémoire est fragile. Elle peut disparaître si on n'y faisait pas attention. Il faut la raviver à chaque fois que cela est possible », a-t-il rappelé. Cependant, le ministre n'a pas souhaité répondre à la presse qui lui demandait de s'exprimer sur les mutineries qui avaient suivi le désastre de l'offensive échafaudée par le général Robert Nivelle : « Quand je viens là, je viens avec gravité, je viens pour me recueillir, et pas pour polémiquer », a déclaré M. Mekachera.
A l'issue de la cérémonie, 90 écoliers du département ont fleuri les tombes de 90 soldats morts au premier jour de la bataille, le 16 avril 1917.

Cette cérémonie officielle ne saurait occulter les nombreuses initiatives menées à l'occasion de cet anniversaire, sous l'égide du conseil général de l'Aisne.
Dimanche 15 avril, une fresque réalisée et offerte par le dessinateur de bandes dessinées Jacques Tardi (auteur de C'était la guerre des tranchées) a été installée à la mairie de Craonne, village martyr de la bataille. Le soir, un grand spectacle d'embrasement de la crête du Chemin des Dames était proposé dans un son et lumière mêlant extraits musicaux et lectures de lettres de poilus. Conçu par Damien Fontaine, ce spectacle était visible à 20 kilomètres à la ronde et a réuni plusieurs milliers de personnes.
Lundi à l'aube, au moment où les poilus s'élançaient à l'assaut des lignes allemandes truffées de mitrailleuses, une marche du souvenir a été organisée de la mairie de Craonne au plateau de Californie. Elle n'aura duré qu'une heure et demie, alors que les soldats français mirent plus de 20 jours pour couvrir cette distance, 90 ans plus tôt.


Source : http://www.anciencombattant.com

 

QUESTIONS

1. Décrivez le quotidien du combattant qui monte en ligne ? (Doc 1)
2. Que peut-on dire du taux de pertes dans les armées françaises ? (Doc 2)
3. Dans quel type de stratégie s'inscrit la bataille du Chemin des Dames, usure, rupture ? ou les eux à la fois ?
4. Que savez-vous de la souffrance des combattants durant la première guerre mondiale ? Les mutineries sont-elles compréhensibles ?
5. Quelles mémoires pour cette bataille ? (Doc 3, 4,5)

Réponse organisée…

A l'aide des documents et de vos connaissances, précisez pourquoi la bataille du Chemin des Dames constitue une rupture de l'Union sacrée et un traumatisme durable.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Chronologie

9 janvier
Manifestations dans les principales villes russes pour protester contre la poursuite de la guerre et l'incapacité du régime à régler les problèmes internes.

3 février
Ruptures des relations diplomatiques germano-américaines à la suite du torpillage du Lusitania

8 mars
A Petrograd, 200 000 ouvriers sont en état de grève insurrectionnelle

11 mars
Les Anglais s'emparent de Bagdad.

15 mars
Le Tsar Nicolas II abdique sous la pression de l'état-major.

2 avril
Le Congrès américain vote l'entrée en guerre des U.S.A. au côté des alliés

16 avril
Venant de Suisse, Lénine arrive en Russie et publie Thèses d'avril

Avril :
b
bataille du Chemin des Dames sur le front occidental (9 au 22 avril).

28 avril
Nomination de Pétain à la tête de l'Etat-major français.

19 mai
Le gouvernement provisoire russe propose une paix sans blanche

26 juin
Arrivée des premières troupes américaines en France.

25 juillet
En Russie, formation du gouvernement provisoire d'Alexandre Kerenski.

Juillet-août
Mutineries dans la marine allemande.

Août
En Chine, le docteur Sun Yat-Sen installe un gouvernement militaire et contrôle les provinces du sud de la Chine.

Août
Lénine séjourne en Finlande à la suite de la répression organisée contre les bolcheviks en juillet.

9 septembre
Kerenski devient généralissime des armées en Russie.

21 octobre
Revenu incognito, Lénine assiste à une réunion du comité central du parti bolchevik, qui décide sur sa proposition de passer à l'insurrection armée.

2 novembre
Déclaration Balfour proposant la création d'un "Foyer National Juif" en Palestine.

25 octobre - 6 novembre
Les "gardes rouges" sous la direction de Léon Trotsky prennent d'assaut le Palais d'Hiver, siège du gouvernement.

26 octobre-7 novembre
Dans le cadre du IIe Congrès des soviets, mise en place d'un nouveau gouvernement sous le nom de Conseil des commissaires du peuple, avec Lénine comme président et Trotsky aux Affaires étrangères.

9 décembre
Les troupes du général anglais Allenby entre dans Jérusalem.

15 décembre
A Brest-Litovsk, armistice entre les puissances centrales et la Russie. Début des pourparlers pour une paix séparée.

 

Texte

C'est une bataille terrible, dont les conséquences seront lourdes. Elle imposera à l'armée française une révision de ses conceptions stratégiques qui sera symbolisée par l'arrivée du Général Pétain.

Cependant, avant la bataille, les deux armées avaient déjà modifié leur conception. De fait dans les deux camps, les chefs ont changé. Pour les Français, le Général Nivelle remplace le Général Joffre. Tandis Hindenburg et Ludendorff succèdent à Falkenhayn du côté Allemand. Ainsi, on assiste à la fin des stratégies d'Usure illustrées aux batailles de Verdun et de la Somme.
Les Allemands, également, avaient opéré un repli stratégique afin de se fortifier sur un relief favorable.
Sur le plan international et militaire, la situation est toujours favorable aux puissances centrales. L'armée allemande occupe toujours l'espace français et la Révolution russe soulage l'armée allemande. On ne peut même pas dire que l'imminence de l'entrée en guerre des Etats-Unis change la donne dans la mesure où l'armée américaine n'est encore que virtuelle. Sur le plan technique, la guerre a, elle aussi changé de visage. Les nouveaux matériels casques, lance-flammes, Tanks font désormais partis de l'arsenal.
Pourtant les Français ont l'obligation de l'offensive car l'allié russe s'effondre et les Allemands occupent une partie du territoire français et conservent la supériorité démographique.

Le cadre et les hommes

1. le lieu

Selon la tradition, on rapporte que Françoise de Chalus, ancienne gouvernante des filles de Louis XV a fait empierrer une ancienne voie romaine, elle-même recouvrant un ancien sentier gaulois. Ce chemin est localisé sur la ligne de crête entre Aisne et Ailette. Ainsi les Dames de France, Adelaïde et Victoire pouvaient se rendre au château de la Bove. Cependant, au delà de cette belle tradition, le Chemin des Dames a été pendant près de Vingt siècle un lieu d'affrontement sur l'une des grandes routes d'invasion du Nord Ouest. De César à Napoléon on se battra. En 1940, c'est encore un lieu combat.

Entre Aisne et Ailette, les crêtes dominent la vallée de l'Aisne, il s'agit d'une arête crayeuse d'environ 25 Km d'Est en Ouest entrecoupée de différentes vallées, pentes boisées et surtout les CREUTES

Pourquoi choisir cet endroit ? L'idée est assez simple et loin d'être absurde. Il faut fixer l'ennemi en Arras et Oise et frapper un grand coup pour obliger les Allemands à battre en retraite sous peine d'être définitivement séparer. D'autant que le nouveau Chef français a une doctrine qui a fait ses preuves à Verdun.

2. Nivelle et sa doctrine

Le général Nivelle est un polytechnicien de 61 ans. Il était Colonel au début de la Grande Guerre et il était noté comme : « un homme d'action énergique et de décision prompte, il sait faire acte d'initiative et assurer les responsabilités. Bien maître de lui, il juge rapidement une situation et intervient dans la bataille utilement, quelquefois avec audace, négligeant le risque quand l'intérêt l'exige ». En octobre 1914, il est nommé général de Brigade , de Division en janvier 1915 et commandera la IIème armée, en remplacement de Pétain en mai 1916. C'est là qu'il met au point, entre Douaumont et Vaux une tactique qu'il croit infaillible. Le 16 décembre 1916, il devient généralissime. C'est un beau parleur, maîtrisant l'anglais et soutenu par les milieux laïques. Mais surtout, il a un plan. Il souhaite combiner les efforts britanniques et Français et propose la tactique du feu roulant d'artillerie. L'infanterie doit pouvoir avancer derrière un feu minuté. On considère qu'un fantassin avance de 100 mètres toutes les 3 minutes. Ainsi, l'ennemi est écrasé et pris d'assaut sans avoir eu le temps de se réorganiser. Cela permettrait d'avancer vite et surtout rompre d'un seul coup, si l'on parvient à fixer l'ennemi entre Oise et Arras. Les Anglais accepteront le principe, mais la bataille est aussi un enjeu politique.

3. Le choix de l'attaque

L'attaque était voulue et même nécessaire, car la Russie menaçait de s'effondrer et Joffre avait conçu un plan après l'effondrement de la Roumanie. Mais Nivelle remet en cause la stratégie des alliés. Il faut convaincre les Anglais de jouer un rôle secondaire. Le problème est autant militaire que politique. Il faut négocier (donc perdre du temps) et enfin il faut de l'argent.
Beaucoup d'officiers s'expriment et les lettres d'officiers à leur Député, dont le Colonel Messimy (ancien ministre de la Guerre), parlent d'illusionnisme. Enfin l'espoir d'une action de diversion sur les fronts Italiens et Russes est à exclure. Mais Nivelle y croit et s'accroche à son idée.
A la conférence de Calais les 25 et 26 février 1917, il réussit à convaincre Lloyd George qui lui donne autorité sur Douglas Haig. Ceci est exceptionnel. Il est vrai que Nivelle offre une perspective d'en finir vite et que l'armée française à un moral satisfaisant à l'époque. Ainsi il regroupe la Vème armée général Mazel), la VIème armée (Général Mangin) et la Xème armée (Général Duchêne) sous le nom de Groupe d'armée de réserve qu'il confie au général Micheler (Pétain avait refusé). Cependant le ministre de la guerre Lyautey désapprouve le plan et son successeur Painlevé (14 mars) est plus que circonspect. D'autant que les Allemands ont opéré un repli tactique au nord de Soissons et reculent de 15 à 40 Km selon les endroits et constituent une ligne de défense appelée Siegfried. Le 15 février 1917, un coup de mains allemand devant Maisons en Champagne les met en possession d'une partie des plans. Cependant, Nivelle interprète le repli allemand comme une victoire. Tout va se jouer le 6 avril à Compiègne au cours d'une réunion provoquée par le président du Conseil Ribot, après que le deuxième bureau l'avertisse que les Allemands connaissent le plan français. La réunion est présidée par Poincaré et se tient en présence, outre Ribot de Painlevé, ministre de la guerre, d'Albert Thomas, ministre de l'armement, de l'Amiral Lacaze et des généraux Castelnau ; Franchet d'Espérey ; Pétain, Micheler et bien entendu Nivelle. Tout le monde, sauf Castelnau qui ne dit rien, désapprouve le plan. Nivelle donne sa démission que Poincaré refuse. Celui-ci a peur d'une crise du commandement. Puis Nivelle promet que : « si la rupture n'est pas remportée en 48 heures je renoncerai. Je ne recommencerai pas la bataille de la Somme ». Et Pétain de répondre : « attaquons, attaquons… comme la lune ». Cette phrase surprenante démontre que Nivelle n'a aucun ascendant sur son entourage. Il n'a que sa foi. Il est vrai que le coup est audacieux. Mais Nivelle a mal évalué les forces allemands et surtout n'a pas envisagé la possibilité de l'échec. Ce qui transforme son coup audacieux en coup de Dé.

La bataille s'engage…


Les Anglais d'abord…

Le 9 avril, les Britanniques lancent une offensive en Artois. Avec près de 3000 pièces d'artillerie sur un front de 24 Km de Souchez à Croisille, le corps canadien de Horne, le 4ème corps de la IIIème armée d'Allenby soit 19 divisions se jettent sur Givenchy, La côte 132, Bailleul, Mouchy-le-preux et la crête de Vimy. Ils avancent de 8 km jusqu'au 14 avril, mais avec de lourdes pertes.
A partir du 13 avril, la IIIème armée française (Général Humbert) intervient entre les Anglais et Coucy le château avec 390 pièces d'artillerie sans parvenir à entamer les défenses allemandes.

Puis le 16 avril à 6h00 du matin, la bataille s'engage, précédée par une préparation d'artillerie de deux jours. Nivelle est tellement sûr de lui qu'il a invité des parlementaires. L'armée française a engagé ses réserves. 39 divisions d'Infanterie, 5 divisions coloniales et 5286 pièces d'Artillerie, soit une pièce tous les 8 mètres, le tout appuyé par 47 escadrilles. C'est le Général Micheler qui reçoit le commandement du Groupe d'Armée de Réserve. L'homme est brillant, droit et inspire la confiance mais il manque d'autorité comme Chef d'un Groupe d'armée. Il a sous ses ordres le général Mangin qui commande la VIème Armée et le Général Mazel qui commande la Vème Armée. Les deux armées doivent ouvrir une brèche dans laquelle la Xème armée du général Duchêne doit s'infiltrer et exploiter la victoire.
Ainsi, la Anglais fixent l'ennemi sur l'Artois, tandis que les Français frappent sur l'Aisne depuis Vauxaillon jusqu'aux Monts de Champagne. Cependant les Armées se heurtent a de solides points fortifiés allemands : Pinon, Laffaux, Braye en Artois, Craonne, Le Bois des Buttes, Monts Sapin, Sapigneul, la Côte 108 et les villages de Loivre et Courcy et surtout la pièce maîtresse du dispositif Allemand…. Brimont.

Les Français entre en action…

Pour le général Nivelle, la bataille d'Artois n'a qu'un intérêt secondaire. Le 16 avril, à 6 heures du matin, après une préparation d'artillerie de 2 jours, le général Mazel lance les 1er, 5ème , 32ème ,7ème , et 38ème corps. L'attaque est réussie, mais elle se heurte aussitôt au feu de flanc de l'armée allemande.
Il apparaît vite que le feu roulant d'artillerie ne convient pas à la marche de l'infanterie. L'attaque de Char de l'escadron Bossut est également un échec. Sur la gauche, le général Mangin lance le 2ème Corps colonial, la 10ème division, mais l'attaque est arrêtée et Nivelle n'a pas réalisé la percée. Le plan d'attaque est modifié pour le lendemain et c'est Mazel qui doit produire l'effort tandis que Mangin doit fixer l'ennemi, tandis que la IVème armée du général Anthoine reçoit l'ordre d'intervenir. Cependant les Français buttent sur Craonne et les Allemands repoussent Manin du Chemin des Dames. Anthoine s'empare de Auberive, du Téton et du Casque les 19 et 20. Il est clair que les 48 heures sont écoulées et que Nivelle n'a pas tenu sa promesse d'arrêter la bataille. Il est tenu de venir s'expliquer à Paris et pour la première fois, les parlementaires se déchaînent. Le 22 avril, Painlevé est au QG de Mazel et le 30, on décide d'arrêter l'attaque. Pétain est nommé Chef d'état major général de l'armée. Le 15 mai, il sera général en Chef des Armées.

L'échec de Nivelle est total. Les Français n'ont pas pris le Chemin des Dames. Par contre l'armée est épuisée et démoralisée. La tactique de Nivelle ne fonctionne que sur un front limité.
Sur le plan politique, on assiste à une reprise en main du parlement qui s'oppose, pour la première fois à un généralissime.
La France a perdu son prestige et risque fort de perdre la guerre.

La bataille du chemin des Dames représente aujourd'hui les mutineries, la guerre à outrance… et la fin définitive de l'espoir de paix. La chanson de Craonne symbolise l'état d'esprit. Ainsi la Révolution russe, vue d'Europe apparaîtra comme un nouvel espoir.

 

SITES

http://www.chemindesdames.fr/

http://www.lesite.tv/index.cfm?nr=2&f=0000.0540.00

http://www.art-ww1.com/fr/texte/089text.html

http://grandeguerre1418.unblog.fr/tag/le-chemin-des-dames

 


Christian LAMBART