DES PRATIQUES AU SERVICE DE L'ALIMENTATION
Classes de 6ème
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VISITE D'UNE CULTURE DE TOMATES
HORS-SOL
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LES SERRES DE VAL-DE-SEINE
COURCEROY (AUBE)

JP Bouet, professeur au Collège Marie-Curie à Troyes

 

Cette entreprise, implantée en bord de Seine, à quelques centaines de mètres du Château de La Motte-Tilly (Aube) depuis une dizaine d'années (création en 1989), exploite 3,6 ha de serres où l'on cultive exclusivement la tomate (avec un essai de culture de concombres cette année 2001 qui sera abandonné).

 

LA TECHNIQUE DE CULTURE

Trois types de tomates sont cultivées : la tomate grappe, la tomate cerise et celle dite "cocktail".




Tomate grappe

Concernant les tomates en grappes, les plants sont semés par un producteur, fin octobre. Il s'agit de la variété Durnita. Gardés un mois, les plants arrivent à la serre fin novembre pour être mis en place à raison de 32000 unités par hectare. La récolte des premières grappes débute dans les premiers jours de mars.

Deux plants, au stade 5 feuilles sont déposés dans des cuvettes (petits récipients d'environ 10 centimètres de côté), remplies de laine de coco, préférée à la laine de roche car la laine de coco est une matière organique qui peut être répandue comme humus dans les champs, la laine de roche, par contre, est moins facile à détruire.


Laine de coco

 

Chaque plant a son goutteur (mince tuyau déversant le liquide nutritif) relié à un ordinateur climatique. La quantité d'éléments nutritifs dépend de la quantité de lumière. En été, le besoin peut être de 3,5 l de nourriture, par plant.


Goutteur

 

La culture est disposée à environ 1,20 mètre du sol sur des gouttières si bien que l'excédent de nourriture est facilement récupéré, il peut alors subir un filtrage biologique permettant de recycler ces quantités d'engrais perdues.


Disposition des plants

 

La température dans les serres varie selon la lumière. Elle se situe entre 18°C et 25 °C, avec des maxima en été allant jusqu'à 30-32 °C, dans ce cas l'arrosage des verrières est obligatoire.
Le chauffage, quand il est nécessaire, est assuré (chaudières alimentées au fioul) par des tubes disposés sur le sol (qui font fonction de rails pour les chariots) et dans le feuillage.


Tube de chauffage

 

Le rendement de la culture est augmenté par apport de dioxyde de carbone récupéré à la chaufferie. Ce gaz est amené dans les serres par un système de conduits en plastique et diffusé par des tubes poreux disposés sur le sol. Le taux dans l'air du dioxyde de carbone est de 300 PPM. Dès qu'il fait soleil, la quantité prise par les plantes est telle que le taux tombe à 80 PPM. En récupérant ce gaz à partir des émissions liées à la combustion, le taux peut monter de 400 à 2000 PPM, l'idéal pour une bonne croissance étant de 700 PPM.


Apport de CO²

Ces variétés sont de véritables plantes grimpantes. Au fur et à mesure de leur croissance, les tiges qui sont enroulées sur des cordons sont abaissées progressivement et effeuillées. Les vieilles feuilles inutiles qui sont laissées sur place permettent aux insectes de continuer leur rôle de protection comme nous le verrons plus loin.
Les plants sont ainsi à hauteur d'homme et la cueillette en est facilitée. Une taille dès la formation des fruits est nécessaire afin de sélectionner les inflorescences à 5 fruits par grappe.


Une plante grimpante

Cordon support

La taille

 

LA LUTTE BIOLOGIQUE INTEGREE

Un ennemi courant de la tomate est la mouche blanche. Au lieu d'utiliser des pesticides pour la détruire, l'entreprise adhère à une charte nationale de lutte biologique intégrée.
Le principe consiste à accrocher aux plants de tomates de petites plaquettes contenant des oeufs d'Encarsia formosa (un insecte hyménoptère). Ces oeufs, quelques temps après éclosent et donnent, à l'issue du développement, des adultes qui iront pondre dans les oeufs de la mouche blanche qui seront alors détruits. Il s'établit ainsi un véritable équilibre biologique.
Le même procédé est utilisé pour la punaise anthocoride (Macrolophus caliginosus) et pour la mouche mineuse.


La mouche blanche

Plaquette d'œufs

Encarsia Formosa
 


La punaise anthocoride



La mouche mineuse
 

 

LA POLLINISATION

Elle se fait naturellement par des bourdons : Bombus terrestris, une espèce méditerranéenne sélectionnée. Antérieurement, il fallait polliniser manuellement les plantes en les vibrant deux fois par semaine. Depuis 15 ans, une technique naturelle s'est développée. On dépose une ruche de bourdons par semaine et par hectare parmi les plants. Ces ruches sont fournies par un éleveur régional situé à Villeneuve-l'Archevêque dans l'Yonne. L'intérêt d'avoir une espèce élevée localement limite l'apparition de parasites. Ces bourdons s'adaptent bien aux conditions de la serre, car avec une ruche contenant environ 50 insectes lors du dépôt, la population passe par le jeu de la reproduction à 100 à 120 éléments.


Bombus terrestris

Ruche à bourbons

Ruche à bourdons

 

LA COMMERCIALISATION

L'entreprise emploie jusqu'à 25 à 30 personnes en pleine saison. C'est donc une activité qui utilise beaucoup de main-d'oeuvre car la surveillance doit être constante et la cueillette régulière.
Les grappes sont ramassées deux fois par semaine le lundi, mardi matin et le jeudi, vendredi matin. Cette production est envoyée à la coopérative l'après-midi de la cueillette avant 16 h, les commandes sont passées entre 16 et 18 h et le départ vers les clients se fait dès le soir ou tôt le lendemain matin. 80 % de la production va vers les centrales d'achats et 20 % vers les grossistes et les détaillants.

Ainsi, cette culture moderne hors-sol mérite d'être connue. Contrairement à ce que l'on peut croire, nous n'avons pas une culture "aseptisée à outrance par des pesticides et autres moyens chimiques" car le soucis de préservation de l'environnement est constant chez ces exploitants: recyclage des produits nutritifs excédentaires, lutte biologique contre les parasites, etc,....

Un bon exemple qui peut être intégré à notre progression de sixième.
C'est ce que fait notre collègue, Guy Armand du Collège Jean-Jaurès de Nogent-sur-Seine depuis plusieurs années.

 

 

DES PRATIQUES AU SERVICE DE L'ALIMENTATION
Classes de 6ème
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EXPLOITATION PEDAGOGIQUE
DE LA VISITE D'UNE CULTURE DE TOMATES
HORS-SOL
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LES SERRES DE VAL-DE-SEINE
COURCEROY (AUBE)

Guy Armand, professeur au Collège Jean-Jaurès de Nogent-sur-Seine (Aube)

 

*les intentions pédagogiques
*les fiches réalisées par les élèves

 

DES PRATIQUES AU SERVICE
DE L'ALIMENTATION HUMAINE

 

LA MAITRISE DE LA CULTURE DES TOMATES SOUS SERRES

Objectifs cognitifs :
• Prendre conscience des exigences imposées par une culture hors-sol où tous les paramètres sont contrôlés par l'Homme.

Objectifs méthodologiques :
S'informer sur le terrain lors d'une visite.
Communiquer par écrit grâce à un logiciel de publication assistée par ordinateur, oralement au sein d'un groupe.

Progression :
Préparation de la visite (1/2 heure)
Le but de cette séance est de soulever les problèmes et de prévoir l'organisation matérielle de la sortie (autorisations, matériel nécessaire , consignes, ...)
Liste des problèmes :
=> Comment rendre les conditions de milieu favorables au bon développement des plantes ?
=> Comment satisfaire entièrement les besoins nutritifs des plantes ?
=> Comment, dans une serre, peut-on lutter contre les maladies ?
=> Quelles sont les opérations automatisées et comment peut-on les rendre automatiques ?
=> Quelles taches reste-t-il à l'Homme ?
=> Comment dans, une serre, la pollinisation des fleurs est-elle rendue possible ?
=> Quelles sont les variétés cultivées ? pourquoi ces variétés sont-elles choisies ?

Sortie : (2 heures) Visite des SERRES DE VAL DE SEINE à COURCEROY
Par petits groupes, les élèves recherchent des réponses à l'un des problèmes, la formation des groupes et l'attribution du problème se fait lors de la préparation de la visite.
L'appareil photo numérique permet de récolter de nombreuses images à la demande des différents groupes. Le caméscope ou l'appareil photo "traditionnel" peuvent également être utilisé en vue de la réalisation d'une vidéo ou d'un affichage.

Elaboration de comptes rendus par groupes avec choix de l'illustration (images numérisées) et de la mise en page grâce à un logiciel de publication assisté par ordinateur (2 heures).

Mise en commun des travaux de groupe (1 heures).

 

 

Des engrais chimiques mélangés à de l'eau (plusieurs litres par jours pour chaque pied).

 

Le "menu" est affiché (95% d'eau).

Satisfaire
entièrement les
besoin nutritifs
de la plante

 

Les chaudières fournissent aussi le dioxyde de carbone, aliment indispensable pour les plantes.

Goutte à goutte, diffuseur de CO², ... tout arrive sur place.
Les racines ne sont pas dans la terre mais dans un pain de coco ou de laine de roche qui sont des milieux neutres.

 

 

 

"Un chauffage central" avec ...

deux grandes chaudières pour obtenir une TEMPERATURE idéale (20°C).

 

Des vitres pour laisser passer la LUMIERE, des ouvertures pour refroidir l’intérieur de la serre car la température ne doit pas dépasser 25°C.

Optimiser les
conditions
de milieu

 

Au sol une bâche blanche, pour renvoyer la lumière. Des rails qui servent à la fois de radiateurs et de supports pour les charriots.

Des diffuseurs d’eau pour maintenir une bonne HYGROMETRIE et rafraîchir les plantes en cas de grosse chaleur.

Si l’ensoleillement est trop fort, de l’eau est envoyée sur les vitres de la serre qui peuvent aussi être blanchies.

 

 

 

La mouche blanche, un danger pour les plantes.

Œufs de mouche blanche, les taches noires correspondent à ceux dans lesquels les encarsias sont venus pondre.

 

L'encarsia, une aide très efficace.

Mener une lutte
biologique
efficace pour
remplacer les
perticides

 

Un autre parasite : la mouche mineuse.

 

Dégats causés par ce parasite, heureusement les dacnusas les détruisent.

 

 

 

Leur "travail" : polliniser les fleurs.

L'entrée de la rûche où vivent environ 60 bourdons.

 

Les fleurs pollinisées donnent des fruits...

Les bourdons, des
aides indispensables
pour passer de la
fleur au fruit

 

Série de "bouquets" sur la tige.

 

qui grossissent ... puis mûrrissent.

 

 

 

Elles plaisent beaucoup les tomates "GRAPPE".

Tomates classiques dites "VRAC", pour ceux qui les préfèrent grosses et moins chères.

 

Petites, belles et bonnes, les "COCKTAILS".

Choisir des variétés
très appréciées des
consommateurs

 

Les "OLIVETTES", leur forme est originale.

 

Hum ! Elles sont délicieuses... les tomates "CERISE".

 

 

 

"Clipser" les plants qui peuvent atteindre plus de 10 mètres.

Effectuer la maintenance de tous les systèmes automatisés.

 

Entretenir, récolter
et commercialiser ...

le travail de l'Homme