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Commentaire
d'un document unique : |
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« La IVème République périt de ses propres fautes.
Ce régime disparaît parce quil na pas su résoudre les
problèmes auxquels il était confronté. [
] Le " système "
que le général de Gaule a si souvent critiqué et qui méritait, en
effet, bien des critiques, a échoué. Mais ce nest pas la République,
ce nest même pas le système parlementaire qui méritent dêtre
condamnés. Seul, le mauvais usage qui en a été fait nous a réduits
à limpuissance et nous a conduits à tant de déconvenues. [
] Extraits
du discours de Pierre MENDÈS FRANCE
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1/ Présentez
lauteur et la nature du document. Dans quel contexte politique
Pierre Mendès France sexprime-t-il ? |
Pierre Mendès France,
membre du parti radical-socialiste, a débuté sa carrière politique sous la IIIème
République.
Arrêté et jugé par le gouvernement de Vichy en 1940, il sest
évadé et a rejoint les rangs de la France libre.
Il a été ministre de léconomie du général de Gaulle à la Libération
au sein du Gouvernement provisoire.
Président du Conseil sous la IVème
République en 1954-1955, il a négocié les accords de Genève qui ont mis fin
à la 1ère guerre dIndochine, engagé le dialogue avec les nationalistes
tunisiens et mis fin aux querelles concernant la question de la Communauté européenne
de défense ( CED ), mais il a été renversé par une coalition de mécontents
et nest pas parvenu à réformer les institutions de la Quatrième République.
En 1958, il dénonce le coup de force déclenché le 13 mai à Alger et participe
à Paris à la manifestation du 28 mai pour la défense de la République.
Le 1er juin, il intervient à la tribune de lAssemblée
nationale pour expliquer pourquoi il refuse de voter linvestiture du général
de Gaulle rappelé au pouvoir par le président de la République, René Coty, sous
la pression des activistes dAlgérie.
Selon Mendès France, léchec de la IVème
République ne doit être imputé ni à la République, ni au « système
parlementaire » qui restent pour lui des fondements de la démocratie, mais
au « mauvais usage » qui en a été fait de 1946 à 1958.
Il porte un jugement sévère sur les « fautes » de la IVème
République et rejoint en cela les critiques du général de Gaulle dénonçant le
« système », cest-à-dire un régime dassemblée instable,
entièrement soumis aux combinaisons nouées par les partis politiques et réduit
« à limpuissance ».
Ce régime disparaît en 1958, parce quil a été incapable de résoudre
les problèmes auxquels il a été confronté : lexistence dun
Parti communiste puissant perçu comme une menace dans le contexte de la guerre
froide ; lopposition résolue du général de Gaulle et des gaullistes
au régime d'assemblée ; lenlisement, après la
défaite française en Indochine, dans une seconde guerre coloniale
en Algérie.
Considérant que de Gaulle est revenu au pouvoir dans des conditions
mettant gravement en cause la démocratie, Mendès France ne peut « admettre
de donner un vote contraint par linsurrection et la menace dun coup
de force militaire ».
Il fait allusion en ces termes à lémeute du 13 mai 1958 déclenchée
à Alger par les activistes et les militaires partisans de lAlgérie française,
qui avait abouti à la création dun Comité de salut public dirigé par les
généraux Massu et Salan.
Ce comité, en refusant de reconnaître le gouvernement de Pierre Pflimlin
investi par lAssemblée nationale?
et en réclamant la formation dun gouvernement de salut public présidé
par le général de Gaulle, était entré ouvertement en dissidence contre le pouvoir
légal.
Le débarquement en Corse le 24 mai de parachutistes venus dAlgérie
avait accentué les risques, finalement évitée, de guerre civile
Mais Mendès France nen considère pas moins que de Gaulle est en
situation de revenir au pouvoir au terme dun coup de force mené par les
factieux dAlgérie et considère que voter dans ces conditions linvestiture
du général aboutirait à cautionner a posteriori le coup de force du 13
mai contre la République.
Président du Conseil
lorsquavait éclaté en 1954 linsurrection algérienne, Mendès France
avait tenté dy faire face en impulsant des réformes libérales visant à
intégrer la population musulmane, mais il sétait heurté à lopposition
des partisans de lAlgérie française qui, assimilant ces réformes à une
politique dabandon, « ont fait échouer toutes les tentatives de règlement
raisonnable et humain » et ont rejoint la coalition qui la renversé
en 1955.
Cest pour ces raisons que Mendès France doute de la capacité du
général de Gaulle à faire entendre raison aux factieux et à mettre fin à la
guerre dAlgérie, dans la mesure où il na pu revenir au pouvoir que
grâce à la pression de ces mêmes activistes qui sétaient jusqualors
opposés à toutes les réformes visant à apporter une solution au problème algérien.
A lissue de ce débat
dinvestiture auquel Mendès France a participé, le général de Gaulle a
été légalement investi à une très large majorité ( 329
voix pour, 224 contre ) dans la fonction de président du Conseil,
avec les pleins pouvoirs pour agir en Algérie, mais aussi pour proposer
et faire adopter une nouvelle Constitution.
Ont voté massivement pour, les députés gaullistes ( Républicains
sociaux ), les députés de la droite ( indépendants, poujadistes ),
les députés du Mouvement républicain populaire ( MRP ) et près
de la moitié des députés socialistes.
Ont voté contre, les députés communistes, un peu plus de la moitié
des députés socialistes et des députés radicaux, dont Mendès France, et François
Mitterrand, député de lUnion
démocratique et socialiste de la Résiisytance ( UDSR ).
Les craintes exprimées par Mendès France le 1er
juin 1958 ont été finalement démenties par les faits.
Dernier président du Conseil de la IVème République,
puis premier président de la Vème République, de Gaulle sest
efforcé de respecter scrupuleusement les règles constitutionnelles pour tenter
deffacer le souvenir du coup de force qui avait créé les conditions de
son retour au pouvoir en 1958.
En faisant face au putsch des généraux de 1961, il « a éliminé
le péril fasciste ».
En acceptant de négocier avec le Front de libération nationale
( FLN ) lindépendance de lAlgérie acquise en 1962 au terme
des accords d'Evian ratifiés par référendum, il a mis fin
à une guerre coloniale qui avait entraîné la perte de la IVème République.