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Composition : |
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INTRODUCTION |
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I. « Un régime faible et méprisé » |
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A. Les faiblesses institutionnelles |
1. L'absence
de consensus originel
Le rétablissement de la République dans la France libérée en 1944, avait été
suivi d'un débat constitutionnel passionné, ( 2 assemblées constituantes
et 3 référendums ).
En octobre 1946, les Français pressés d'en finir avec le provisoire
avaient adopté sans enthousiasme et de justesse ( plus de 30 % d'abstentions
et 53 % seulement de OUI ), une nouvelle constitution.
Oeuvre de compromis élaborée par le PCF, la SFIO et le MRP associés dans
le cadre du Tripartisme, elle avait été catégoriquement rejetée par de Gaulle
dans son discours de Bayeux de 1946.
2. Des
gouvernements impuissants
La
Constitution de 1946 ramenait à un régime d'assemblée du type de celui de la
IIIème République pourtant massivement rejeté en 1945, et condamnait
la IVème République à retomber dans l'instabilité ministérielle chronique,
l'immobilisme et l'impuissance : 24 gouvernements de 1947 à 1958,
de durée très inégale ( 1 jour à 16 mois ).
Avec l'adoption du scrutin proportionnel, aucun parti ne disposait de
la majorité à l'Assemblée.
Des coalitions fragiles se faisaient et se défaisaient au gré des
circonstances.
Des gouvernements démissionnaient au bout de quelques jours ou au bout
de quelques semaines sans avoir été renversés par une motion de censure parce
qu'ils n'arrivaient pas à faire voter par l'assemblée les lois qu'ils jugeaient
indispensables.
Les tentatives de renouveau amorcées par Mendès France en 1954 ont échoué.
Le droit de dissolution, discrédité au début de la IIIème
République, n'a été utilisé qu'une seule fois par Edgar Faure en 1955.
Le consensus fragile qui avait présidé à la naissance de la IVème
République s'est effondré dès 1947 dans le contexte de la guerre froide,
avec l'exclusion des ministres communistes.
Le rejet dans l'opposition, par la Troisième force, des communistes ( PCF
premier parti de France en voix, fixant 1/4 de l'électorat durant toute la IVème
République) et des gaullistes ( RPF premier parti de France en sièges
en 1951 ), ne permettait pas la formation de majorités fortes et stables.
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B. Difficultés et dépendance |
1.
Les déséquilibres et les tensions sociales
La croissance
retrouvée a été irrégulière et inégale selon les secteurs, et s'est accompagnée
de fortes tendances inflationnistes. La hausse des prix a débouché sur le déficit
extérieur, l'affaiblissement du franc et les dévaluations.
Les transformations de l'économie n'ont pas été assez rapides, laissant
subsister des structures archaïques et des petites entreprises non rentables.
Les inégalités géographiques, sectorielles, sociales n'ont pas disparu
et ont alimenté le mécontentement des laissés-pour-compte de la croissance.
Dans le monde ouvrier, les tensions ont culminé en 1947-1948 avec les grèves
très dures déclenchées par le PCF et la CGT. Dans les années 50, ce fut la révolte
des commerçants, artisans, petits exploitants, mobilisés par Pierre Poujade
fondateur de l'Union de défense des commerçants et artisans ( UDCA ).
2. Le protectorat américain
Dans l'Europe d'après-guerre, divisée par la guerre froide, la diplomatie
française s'est alignée sur celle des États-Unis dont l'aide financière était
devenue indispensable à la reconstruction et à la modernisation de notre économie.
La France a adhéré à l'Alliance atlantique, accepté le leadership
américain et accueilli sur son territoire les bases et le Quartier général de
l'OTAN.
L'endettement résultant de guerres coloniales longues et coûteuses
a renforcé cette dépendance.
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C. L'échec de la décolonisation |
1. Une politique coloniale hésitante
et répressive
En 1945, la IVème République a substitué l'Union française à l'Empire, sans remettre en
cause sa domination et sans vraiment prendre en compte les aspirations profondes
des populations indigènes.
En 1946, elle a d'abord accepté de négocier avec les nationalistes vietnamiens
( accord Hô Chi Minh-Sainteny-Leclerc ), puis s'est engagée dans une
guerre coloniale à l'issue incertaine.
En Algérie, elle a cédé à la pression des colons qui refusaient l'application
du statut de 1947.
Elle a noyé dans le sang la révolte des nationalistes malgaches.
Elle a fait interner Bourguiba le chef du Néo-Destour tunisien ,
et a exilé à Madagascar le sultan du Maroc, Mohamed V, qui soutenait l'Istiqlal.
2. La défaite militaire en Indochine, et l'enlisement dans
la guerre d'Algérie
En 1954, la IVème République a essuyé une humiliante défaite militaire à Dien Bien Phu
qui a mis fin à la présence française en Indochine.
La même année, en Algérie, elle a dû faire face à une insurrection
armée déclenchée par les nationalistes du Front national de libération ( FLN ).
Le « cancer algérien » a conduit à la campagne de Suez de 1956
et à la cuisante défaite diplomatique qui en a résulté.
Il a affaibli la position de la France dans le tiers monde.
Il a profondément divisé les Français, a achevé de discréditer le
régime de la IVème République
et a entraîné sa chute.
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II. « Un régime qui n'a pas tout à fait démérité » |
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A. La réussite de la reconstruction |
1. La remise en marche de l'économie
Héritant après
la guerre d'une situation économique désastreuse ( destructions, pénuries,
effondrement de la production, paralysie des transports ), la IVème
République s'est efforcée de convaincre les Français qu'il était illusoire de
compter sur d'hypothétiques réparations allemandes, qu'il fallait accorder la
priorité aux tâches de reconstruction, accepter d'en payer le prix, et que l'intervention
de l'État était nécessaire.
2 Les réformes de structure
Inspirée par le programme du Conseil national de la
Résistance, l'impulsion de l'État a été déterminante :
Les
nationalisations.
Instrument d'une modernisation
rapide des secteurs de base, elles concernaient les charbonnages, l'électricité,
les transports aériens, le crédit et les assurances.
La
planification.
De 1947 à 1952, le 1er
Plan de modernisation et d'équipement ou Plan Monnet, a orienté les efforts
de la reconstruction en l'inscrivant dans la perspective d'une croissance
à plus long terme.
Le 2ème Plan ( 1954-1957 ) s'est élargi à d'autres
secteurs et a ébauché les premières actions d'aménagement rural et de décentralisation
industrielle.
Les
progrès sociaux.
Prolongement de ces réformes de structure, des mesures ont été prises
sur le plan social avec l'institution de la sécurité sociale, la création
des comités d'entreprise, et le développement des prestations familiales.
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B. Le début des « Trente Glorieuses » |
1. Le relèvement de l'économie française
Dans les années
50, le redressement de la production et les gains de productivité ont été rapides.
La croissance, dynamisée par un important renouveau démographique
et la poursuite des efforts d'investissements consentis à l'époque de la reconstruction,
a été soutenue.
L'agriculture est devenue un point fort de l'économie.
2. Les transformations de la société
L'élévation du niveau de vie de la population qui a accompagné
la croissance, a été stimulée par la création en 1950 du SMIG ( salaire
minimum interprofessionnel garanti ), et par l'augmentation des prestations
sociales.
La France a fait son entrée dans la société de consommation et la
civilisation de l'automobile, symbolisée par le succès de la populaire 4 CV
Renault.
La croissance urbaine, alimentée par l'exode rural, s'est intensifiée
au profit principalement de la région parisienne.
La tertiairisation de la société s'est amorcée, s'accompagnant de
l'essor des classes moyennes et de l'entrée des femmes dans la vie active.
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C. La construction européenne |
1. La mise en place de la CECA en 1951
C'est à l'initiative
des Français Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères, et Jean Monnet,
commissaire général au Plan, qu'est née la Communauté européenne du charbon
et de l'acier ( CECA ), qui a servi de laboratoire à la CEE.
2. La naissance de la CEE en 1957
Les gouvernements de la IVème République
sont parvenus à surmonter les divisions profondes de la classe politique et
de la société française à l'égard de la construction européenne, qui ont culminé
au milieu des années 50 avec la querelle au sujet de la Communauté européenne
de défense ( CED ), rejetée en 1954 par le Parlement.
Après l'échec de l'unification militaire et politique, ils ont apporté
leur contribution à la relance de l'Europe économique, aboutissant à la signature
du traité de Rome qui donnait naissance à une union douanière dans le cadre
de la Communauté économique européenne ( CEE ) ou Europe des 6.
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CONCLUSION |