De Gaulle et la République


Le soldat, chef de la France libre, qui rétablit la légalité républicaine ( 1940-1946 )

  Charles de Gaulle est né en 1890 à Lille. Officier de carrière formé à l’école de Saint-Cyr, il participe à la Première Guerre mondiale, puis est un des promoteurs de l’arme blindée en France dans les années 1930.
  En mai 1940, le colonel de Gaulle lance une contre-offensive à la tête de son régiment de chars dans la région de Montcornet ( Aisne ), est nommé général de brigade, puis sous-secrétaire d’État à la Guerre.
  Le 17 juin 1940, alors que Pétain, devenu chef du gouvernement, sollicite un armistice auprès des Allemands et appelle la France à cesser le combat, de Gaulle refuse d’accepter la défaite et s’envole pour Londres d’où il lance le 18 juin, au micro de la BBC, son appel à poursuivre le combat aux côtés des alliés.
  Chef de la France libre, il unifie la Résistance extérieure et intérieure et préside le Gouvernement provisoire qui, à la Libération, rétablit la République mise à mort en juillet 1940 par le régime de Vichy.

L’adversaire résolu de la IVème République dont il combat le « système »
( 1946-1958 )

  En Janvier 1946, de Gaulle démissionne du Gouvernement provisoire parce qu’il est en désaccord avec les partis qui se préparent à rétablir le régime d’assemblée.
  En juin 1946, dans le discours de Bayeux, il dénonce par avance le régime d’assemblée comme un régime faible et instable et préconise le renforcement du pouvoir exécutif à travers la fonction de président de la République.
  En 1947, de Gaulle crée le Rassemblement du peuple français ( RPF ) qui obtient près de 40 % des suffrages aux élections municipales.
  À l’issue des élections législatives de 1951, le RPF devient le premier parti de France en sièges, mais n’est en situation ni de gouverner, ni de modifier la constitution.
  En 1953, après le ralliement de plusieurs députés gaullistes au régime de la Quatrième République, de Gaulle décide de saboter le RPF mais entend rester un recours, et se retire à Colombey-les-Deux-Églises.
  C’est la « traversée du désert ».

Le fondateur d’une République nouvelle ( 1958-1969 )

  Revenu au pouvoir en 1958, de Gaulle fonde la Cinquième République et dote la France d’institutions nouvelles auxquelles il donne d’emblée une lecture présidentielle.
  Il mène à son terme la décolonisation : en Afrique noire, en créant en 1958 la Communauté française qui conduit à l’indépendance acquise en 1960 ; en Algérie , en mettant fin à la guerre et en acceptant de négocier avec le Front de libération nationale ( FLN ) l’indépendance acquise en 1962.
  Il inaugure une politique d’indépendance nationale dite « des mains libres » à l’égard des blocs, et la met en œuvre sur le plan financier, monétaire, militaire et diplomatique.
  Il rejette la domination américaine : assainissement financier ; création du « nouveau franc » ; force de dissuasion nucléaire ; retrait du commandement militaire intégré de l’OTAN ; discours de Phnom Penh ; discours de Montréal « Vive le Québec libre ! ».
  Il applique loyalement le traité de Rome, mais refuse une Europe supranationale, s’oppose à l’adhésion du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne et privilégie l’axe franco-allemand ( rencontre de Gaulle-Adenauer à Reims en 1962 et traité franco-allemand de 1963 ).
  Il inaugure une politique d’ouverture en direction des pays communistes et du tiers monde ( reconnaissance de la Chine populaire, voyages en URSS et en Amérique latine ).
  Mais son action est contestée :
        - par les nostalgiques du régime d’assemblée ;
        - par les partisans de l’Algérie française qui considèrent qu’il les a trahis ;
        - par les salariés confrontés au déclin des secteurs traditionnels ( grève des mineurs en 1963 ) ;
        - par l’opposition de gauche qui le met en ballotage aux élections présidentielles de 1965, menace sa majorité présidentielle aux élections législatives de 1967 et tente d’exploiter les évènements de mai 1968 pour se hisser au pouvoir ;
        - enfin, par sa propre majorité qui n’adhère pas vraiment au thème de la participation, et lui fait défaut lors du référendum sur la réforme régionale et du Sénat, qui entraîne sa démission en 1969.
  Le général de Gaulle se retire à Colombey-les-Deux-Églises où il meurt en 1970.

République nouvelle, République de toujours