La France depuis 1945 au Bac

République nouvelle,
République de toujours


Pour aller à l'essentiel :
L'évolution économique et sociale
de la France   depuis 1945

 

I. L'ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE

 

A. Les « Trente Glorieuses » ( 1945-1973 )

    
              1. La reconstruction d'après-guerre

             2. Une période d'expansion et de mutations

        3. Les politiques économiques

  La conjoncture a été marquée par l'alternance de phases d'expansion durant lesquelles furent adoptées des mesures pour combattre l'inflation, et de phases de ralentissement qui ont vu se mettre en place des politiques de soutien à l'économie.
  Ainsi, pendant la Quatrième République, les mesures déflationnistes du gouvernement Pinay ( 1952-1953 ) ont été suivies d'une politique de relance ( 1953-1957 ).
  Sous la Cinquième République, des politiques de stabilisation ont été appliquées en 1958-1959 par Antoine Pinay, puis en 1963 par Valéry Giscard d'Estaing, mais sans remettre en cause la forte croissance des années 60, pourtant marquées par la crise sociale de 1968.

B. Une croissance plus lente et plus incertaine depuis 1974

    
  Face à la crise économique mondiale de 1974 qui a révélé les faiblesses de l'économie française, les gouvernements successifs se sont efforcés de lutter simultanément contre le chômage et l'inflation, et de mettre en œuvre des politiques d'adaptation aux contraintes de la construction européenne et de la mondialisation

        1. Les manifestations de la crise

                    a/ La croissance, les prix et l'emploi

                b/ Les problèmes financiers

        2. Les politiques conjoncturelles

                 a/ Des choix difficiles, une politique hésitante et fluctuante de 1974 à 1982

                b. Les politiques de rigueur depuis 1982

                  a/ La politique énergétique

  Afin de faire face à l'augmentation de la facture pétrolière et de réduire le déficit énergétique du pays, la décision a été prise dès 1973-1974, de mettre en oeuvre une politique de réduction de la consommation et de remplacement du pétrole par l'énergie nucléaire.
  Ces choix n'ont pas été remis en cause avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, le rythme d'augmentation de la demande d'énergie a un peu fléchi et les centrales nucléaires fournissent aujourd'hui 80 % de l'électricité produite en France, contre seulement 8 % en 1973.

                  b. Les politiques sectorielles

   A la fin des années 1990, l'économie française a renoué avec la croissance : inflation maintenue à un niveau très bas ; excédents commerciaux élevés ; bénéfices record pour les grandes entreprises ; relance des investissements et de la consommation ; confiance retrouvée ; entrée dans l'euro.
  
Mais la fracture sociale a continué de se creuser et le taux de chômage reste élevé..

II. LES MUTATIONS DÉMOGRAPHIQUES

    
  Depuis 1945, la population est passée de 40 millions à 60 millions d'habitants .

A. Le mouvement naturel


        1. Du baby-boom au papy-boom

  Après le baby-boom de grande ampleur et de longue durée qui a suivi la seconde guerre mondiale, la natalité a diminué à partir du milieu des années 60.
  La fécondité a baissé et n'assure plus le renouvellement des générations.
  
Cette baisse qui caractérise tous les pays industriels, s'explique par des causes diverses dont les plus déterminantes ont été les changements de modes de vie, l'essor du travail féminin et le contrôle des naissances ( libéralisation de la contraception et de l'avortement ).

        2. La baisse de la mortalité

  La mortalité générale et infantile a diminué en relation avec l'amélioration des conditions de vie, les progrès de la médecine et l'institution de la sécurité sociale en 1945.
  L'espérance de vie s'est accrue mais reste différentielle : la durée moyenne de vie est plus courte pour les ouvriers que pour les cadres, et les femmes vivent en moyenne sept à huit années de plus que les hommes.

        3. Le vieillissement de la population

  La baisse de la natalité réduit la part des jeunes dans la population totale.
  La diminution de la mortalité entraîne un accroissement du nombre des personnes âgées ( papy boom ) et pose le problème du financement des dépenses de santé et des retraites
.

B. Les apports extérieurs


        1. Le rôle de l'immigration

  L'immigration s'est développée de 1945 à 1973 pour satisfaire les besoins en main d'œuvre de la reconstruction puis de la croissance.
  Depuis 1974, la crise économique a ralenti le mouvement : l'immigration a été officiellement suspendue et des politiques de refoulement des étrangers en situation régulière ( aide au retour ) ou irrégulière ( lutte contre les clandestins ) ont été appliquées.

         2. La population étrangère

  D'européenne, l'immigration est devenue asiatique et surtout africaine, les Maghrébins constituant les plus gros contingents.
  Bien que les effectifs des étrangers vivant en France se soient stabilisés depuis le milieu des années 70, l'immigration est devenue l'un des grands problèmes de la société française.
  Nombreux sont ceux qui sont favorables à l'intégration ou à l'assimilation des étrangers dans la société française, alors que d'autres prônent leur exclusion au nom de la sauvegarde de l'« identité nationale »

II. LES CHANGEMENTS SOCIAUX


A. Un reflet de l'évolution économique


   Les gains de productivité ont profondément modifié la structure de la population active.
  La mécanisation et la motorisation de l'agriculture ont entraîné un effondrement du nombre des paysans qui représentent aujourd'hui moins de 7 % des actifs.
  Dans l'industrie, l'avènement de la robotique, puis les délocalisations liés à la mondialisation, ont entraîné la suppression de nombreux emplois.
  En revanche, on a assisté à une véritable explosion des effectifs dans le secteur tertiaire qui emploie désormais plus de la moitié de la population active.
  La tertiairisation de l'économie s'est accompagnée d'un essor des classes moyennes ( cadres, employés ) et du travail féminin.


B. De nouvelles conditions de vie


          1. L'urbanisation

  L'exode rural a dépeuplé les campagnes françaises où vivaient encore la moitié des Français en 1945, au profit de villes de plus en plus importantes qui rassemblent aujourd'hui les trois-quarts de la population.
  La « péri-urbanisation » a étendu l'espace urbain dans les campagnes proches des agglomérations avec le développement des « cités dortoirs »et des banlieues pavillonnaires.

        2. La société de consommation

  Elle se caractérise par l'amélioration du niveau de vie et la transformation des budgets des ménages.
  La part des dépenses alimentaires a diminué au profit des dépenses consacrées au transport ( essor de l'automobile ) et à l'habitat avec les progrès du confort, la multiplication des appareils électro-ménagers et des résidences secondaires.
  L'allongement du temps consacré aux loisirs a permis le développement du tourisme ainsi que la diffusion des pratiques culturelles ( maisons de la culture ) et sportives ( sports d'hiver, voyages ).

        3. Progrès et problèmes

  Depuis 1945, les salaires ont augmenté, la durée du travail a diminué, celles des congés payés est passée de 2 à 5 semaines, les droits des travailleurs se sont affirmés, mais la prospérité n'a pas été également partagée.
  La société de consommation a engendré de nouveaux maux qui ont été dénoncés par le mouvement de contestation de mai-juin 1968.
  Le souci d'une meilleure qualité de vie a entraîné l'essor des mouvements écologistes tandis que l'audience des syndicats s'amenuisait.
  Face à la persistance du chômage et à la montée de l'exclusion, les gouvernements de gauche
ont, au cours des années 80-90, multiplié les dispositifs visant à en atténuer les effets : revenu minimum d'insertion ( RMI ), emplois-jeunes, contrats emploi-solidarité ( CES ), couverture maladie universelle ( CMU ).
  Depuis 2002, le gouvernement Raffarin, confronté à une mauvaise conjoncture économique, dans un contexte de compétition mondiale excerbée, s'efforce de faire accepter aux Français de profondes réformes qui impliquent un désengagement de l'État et une remise en cause d'un certain nombre d'acquis sociaux : réduction du nombre des fonctionnaire et allongement de la durée de leur cotisation-retraite de 37,5 à 42 ans, non renouvellement des emplois-jeunes, réduction des contrats emploi-solidarité,  « déremboursement » de nombreux médicaments, décentralisation du RMI et création du revenu minimum d'activité ( RMA ).
  
Le chômage se maintient à un niveau élevé, tandis que dans le même temps se développent la flexibilité, la précarité et le travail partiel imposé qui génèrent une nouvelle forme de pauvreté, la « pauvreté laborieuse ».

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