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Pour
aller à l'essentiel : |
Après
1945, la France est-elle encore une grande puissance ?
Ou bien doit-elle se résigner à n'être plus
qu'une puissance moyenne ?
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I. LA FRANCE ET L'OUTRE-MER |
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A. L'Empire colonial français en 1945 |
1. L'ébranlement
de la puissance coloniale
En 1940, la métropole vaincue et affaiblie a étalé ses faiblesses et perdu son prestige, tandis que la deuxième guerre mondiale relançait dans les colonies les aspirations à l'émancipation et nourrissait les revendications indépendantistes.
2. La Conférence de Brazzaville : un espoir déçu
Cette conférence,
réunie par de Gaulle en 1944, constituait une tentative de prise de conscience
des problèmes coloniaux, et annonçait des réformes allant
dans le sens de l'émancipation progressive.
Mais il s'agissait de simples recommandations ou promesses, vite
oubliées une fois la paix revenue.
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B. Une décolonisation difficile de 1945 à 1962 |
( Composition : La
France face à la décolonisation de 1945 à 1962 - Corrigé
)
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C. La France et le monde en développement |
. 1. De Gaulle et le tiers monde
À partir
des années 60, de Gaulle a développé une politique de coopération
bilatérale avec nos anciennes colonies devenues indépendantes,
et y a mis en place un réseau complexe d'influences reposant sur une
aide financière, technique, culturelle et militaire.
Cette politique a été ultérieurement élargie
à d'autres pays du tiers monde d'Asie et d'Amérique latine, qui
n'avaient pas appartenu à l'empire colonial français.
2. La France et les pays en voie de développemnt après de Gaulle
Après
1969, les présidents français ont continué de privilégier
l'aide aux pays francophones d'Afrique, où la France est intervenue militairement
à plusieurs reprises.
En 1974, Valéry Giscard d'Estaing a inscrit la politique
française à l'égard des pays en voie de développement
dans le cadre du nouveau concept de dialogue Nord-Sud.
Cette politique reprise et défendue en 1981 par François
Mitterrand au Sommet de Cancún, impliquait que la diplomatie française
se montrait favorable à un rééquilibrage plus équitable
des relations entre pays riches et pays pauvres, fondé sur l'allégement
de la dette du tiers monde et l'avènement d'un nouvel ordre économique
mondial.
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II. LA FRANCE ET LES BLOCS |
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A. La IVème République et la protection américaine |
Dans le contexte de la guerre froide, la France reléguée
après 1945 au rang de puissance moyenne, et qui avait besoin de l'aide
américaine pour reconstruire son économie, s'est placée
sous la protection des États-Unis.
Elle a adhéré à l'Organisation européenne
de coopération économique ( OECE ) créée
en 1948 pour répartir l'aide américaine consentie aux pays
d'Europe occidentale dans le cadre du Plan Marshall, puis à l'Organisation
du traité de l'Atlantique Nord ( OTAN ), alliance militaire créée
en 1949 dans le cadre de la mise en oeuvre de la politique américaine
d'endiguement du communisme en Europe .
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B. De Gaulle et l'indépendance nationale |
Refusant l'hégémonie
américaine, de Gaulle revenu au pouvoir en 1958, a défendu
une politique des « mains libres » :
- il a retiré la
France du commandement militaire intégré de l'OTAN ;
- il a doté la France
d'une force nucléaire de dissuasion ;
- il a initié une
politique d'ouverture et de coopération en direction des pays communistes
et des pays du tiers monde.
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C. La France et les Blocs depuis 1969 |
De 1969 à 1991, la politique française à
l'égard des deux blocs, en dépit de quelques infléchissements
se manifestant par une certaine dérive atlantique, a été
préservée pour l'essentiel.
En particulier, la force nucléaire de dissuasion a été
maintenue et modernisée.
Mais depuis l'effondrement de l'« ordre de Yalta »
en Europe de l'Est à la fin des années 1980 et la disparition
de l'URSS en 1991, la politique d'indépendance nationale initiée
par de Gaulle se trouve remise en question, en particulier par rapport aux
alliés américains qui veulent s'imposer désormais comme
la seule grande puissance hégémonique mondiale, gendarme du
monde.
Trente ans après la démission du général
de Gaulle la France n'a toujours pas réintégré oficiellement
le commandement militaire intégré de l'OTAN, mais on assiste
depuis une vingtaine d'années à une réintégration
progressive de fait de la France qui participe à nouveau aux manuvres
militaires de l'OTAN sous contrôle américain.
En 1990-1991, sous le second septennat de François Mitterrand,
la France a accepté de s'engager militairement sous commandement
américain dans la guerre du Golfe.
Sous la cohabitation Chirac-Jospin, la France s'est à nouveau engagée
dans une guerre menée par l'OTAN en Yougoslavie en 1999, et sous
commandement américain en Afghanistan en 2001-2002.
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III. LA FRANCE ET L'EUROPE |
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A. La IVème République et la Construction européenne |
Les premiers pas de l'Europe marqués par l'anticommunisme
et la reconnaissance de l'hégémonie américaine reposaient
sur la prise de conscience de l'existence d'une solidarité européenne,
formulée dans la déclaration Schuman de 1950..
Les gouvernements de la Quatrième République ont
participé activement à :
- à la mise en uvre
de l'OECE ( Organisation européenne de coopération économique
) en 1948 ;
- à la création
du Conseil de l'Europe en 1949 ;
- à la mise en place
de la Communauté européenne du charbon et de l'acier ( CECA
) créée à l'initiative de Jean Monnet et de Robert
Schuman, en 1951 ;
- au projet de Communauté
européenne de défense ( CED ) de 1952-1954 ;
- aux négociations
qui ont abouti à la signature en 1957 du traité de Rome donnant
naissance à la Communauté économique européenne
( CEE ).
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B. De Gaulle et l'Europe |
De 1958 à 1969, de Gaulle a appliqué loyalement
le traité de Rome, tout en privilégiant le rapprochement
franco-allemand.
Il a défendu les intérêts des agriculteurs
français lors des négociations de la Politique agricole
commune ( PAC ) et a facilité l'ouverture de relations
entre la CEE et les pays africains ( Convention de Yaoundé
de 1963 ).
Rejetant toute idée de supranationalité
et d'Europe fédérale, il a toujours subordonné
la construction européenne au maintien d'une France forte et
indépendante et s'est opposé à l'adhésion
du Royaume-Uni considéré comme le « cheval
de Troie » des États-Unis.
Rejetant toute idée d'intégration politique,
il a strictement cantonné la construction européenne
sur le terrain de la coopération économique.
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C. La politique européenne de la France depuis 1969 |
Après 1969, la France a continué de participer
activement aux négociations qui ont abouti à l'élargissement
de la CEE ( passage de l'Europe des 6 à l'Europe des 15 ).
Elle a accepté l'élection du Parlement européen
au suffrage universel, l'intégration du franc dans le Système
monétaire européen ( SME ).
En 1986, elle a signé l'Acte unique, puis dans
les années 1990, les traités de Mæstricht et d'Amsterdam
sur l'Union économique et monétaire.
Parce qu'elle donne la priorité absolue au passage
à la monnaie unique, au détriment de l'Europe sociale,
la politique européenne divise l'opinion publique et la classe
politique.
En 1992, le traité de Mæstricht n'a été
ratifié par référendum qu'à une courte
majorité.
En 1999, la campagne des élections européennes
a apporté la confirmation que l'approfondissement de l'Europe
est devenu un clivage politique important qui traverse les partis
et divise profondément les deux familles de gauche et de droite.
En 2000, le Sommet de Nice de l'Union européenne
réuni sous la présidence française, n'est pas
parvenu à relancer la construction européenne.
En janvier 2002, le passage à l'euro s'est
finalement effectué dans un assez large consensus.
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IV. LA FIN DE L'EXCEPTION FRANçAISE |
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A. La France conserve les attributs d'une puissance mondiale |
Avec ses Départements et Territoires d'Outre-Mer
( DOM -TOM ), « confettis de l'Empire »,
la France dispose d'un vaste espace maritime : elle a utilisé
l'atoll de Mururoa jusqu'en 1996 pour les expériences
destinées à moderniser sa force nucléaire
; la Guyane accueille la base de lancement des fusées
Ariane.
L'Afrique noire francophone reste le lieu privilégié
de la coopération entre la France et les pays en voie
de dévelopement.
La France est devenue le deuxième vendeur
d'armes dans le monde.
Depuis 1986, elle organise des sommets de la francophonie
pour renforcer son rayonnement culturel.
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B. Mais la puissance française dans le monde est de plus en plus contestée |
La revendication de l'Allemagne unifiée et
du Japon qui aspirent à devenir membres permanents du
Conseil de sécurité de I'ONU, contribue à
y affaiblir la position de la France.
La fin des blocs lui ôte la possibilité
de faire entendre sa « différence »
et de contrebalancer l'hégémonie américaine.
Elle est tenue à l'écart du processus
de paix israélo-arabe parrainé par les États-Unis.
Les rapports plivilégiés qu'elle entretient
avec son ancien empire colonial sont gravement menacés
par la décomposition de l'Afrique noire et la montée
de l'intégrisme musulman en Algérie.
Elle s'interroge sur l'avenir de sa coûteuse
force de dissuasion nucléaire qu'il faut sans cesse moderniser.
Face à une opinion très divisée,
elle ne joue plus le rôle moteur qui fut le sien dans
la construction européenne confrontée aujourd'hui
au double défi de son approfondissement et / ou de son
élargissement, mais aussi à la montée en
puissance d'une Allemagne réunifiée qui a cessé
d'être un « nain politique » et
a montré à l'occasion de la guerre en Afghanistan,
qu'elle pouvait prendre des initiatives au niveau de la diplomatie
mondiale.
En 2003, Jacques Chirac n'a pu empêcher plusieurs
de nos partenaires européens, dont le Royaume-Uni et
l'Espagne, de s'engager aux côtés des États-Unis
dans une guerre contre l'Irak menée sans mandat des Nations-Unies.