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Étude
d'un ensemble documentaire : |
Baccalauréat
général : Séries ES, L et ES - Session de juin
2002
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Lensemble documentaire |
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Questions |
1. Présenter les documents.
2. En fonction du sujet, sélectionner, classer et confronter les informations tirées de l'ensemble des documents et les regrouper par thèmes.
3.
Rédiger de façon synthétique (environ 300 mots) une
réponse argumentée à la problématique définie
par le sujet en faisant appel, y compris de manière critique, à
l'ensemble des informations tirées des documents.
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1. La présentation des documents |
Cet ensemble documentaire,
présenté selon un ordre chronologique, est constitué de
trois textes, d'un tableau et d'un seul document iconographique.
Le document 1
est la retranscription du texte d'une affiche du Rassemblement du peuple français
( RPF ) qui prend la forme d'un appel lancé par Charles de Gaulle à
l'occasion des élections législatives de 1951.
En
janvier 1946, le général, qui était à la tête
du gouvernement provisoire depuis 1944, avait démissionné pour
se démarquer des partis communiste, socialiste et démocrate-chrétien
( MRP ).
Sortis vainqueurs des élections de 1945-1946 et associés
dans le cadre du Tripartisme, ces trois partis s'apprêtaient à
rétablir le régime d'assemblée que de
Gaulle avait
d'avance rejeté, dès juin 1946, dans son discours de Bayeux.
En créant le RPF en 1947, dans
le contexte des débuts de la guerre froide, marqués en France
par l'exclusion des ministres communistes du gouvernement,
de Gaulle voulait en faire l'instrument de la conquête du pouvoir par
les gaullistes.
En
juin 1951, il s'est
lancé dans la bataille des législatives, mais s'est heurté
à la mise en place, par la majorité de Troisième force,
du système des apparentements destiné à barrer la route
aussi bien aux gaullistes qu'aux communistes, obligeant les gaullistes, pour
se démarquer du PCF, à
durcir le caractère anticommuniste de leur propagande.
Le document 2 est le fac-similé en noir et blanc d'une affiche allégorique en couleurs éditée par le Comité de soutien au général de Gaulle, à l'occasion du référendum de septembre 1958, pour appeler à ratifier le projet de nouvelle constitution proposé aux Français par le général revenu au pouvoir en mai 1958, et qui a donné naissance à la Vème République.
Le
document 3 est
un extrait d'un article du directeur du journal Le Monde, Hubert Beuve-Méry,
qui dresse un bilan de l'action du général de Gaulle, en rappelant
ce qu'ont été les grandes orientations du gaullisme au pouvoir
depuis 1958.
Cet article est daté du 14 mars 1967, c'est-à-dire
au lendemain d'élections législatives gagnées d'extrême
justesse par la majorité gaulliste.
Le document 4 est un tableau récapitulatif des 5 référendums de la République gaullienne de 1958 à 1969, qui indique pour chacun d'entre eux la date, l'objet de la consultation et les résultats obtenus en pourcentage des suffrages exprimés.
Le document 5 est un extrait d'entretiens entre le journaliste Georges-Marc Benamou et François Mitterrand, réalisés peu de temps avant sa mort survenue en 1996. Alors que Jacques Chirac, héritier du gaullisme, vient de lui succéder à l'Elysée depuis 1995, Mitterrand qui a été président de la République socialiste de 1981 à 1995, porte un jugement sur de Gaulle et le gaullisme.
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2/ Le regroupement des informations par thèmes |
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Thèmes |
Sous
la IVème République |
En
1958 , il a fondé la |
Parfois
contesté , |
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En 1951, De Gaulle
appellait à la mobilisation pour sauver la France de l'« abîme »
dans lequel l'« entreprise communiste », la « menace
soviétique » et l'impuissance des partis risquaient
selon les gaullistes de l'entraîner. |
Dès
1951, De Gaulle définissait les objectifs que les gaullistes voulaient
atteindre en substituant une nouvelle République à la IVème
qu'ils combattaient : |
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Revenu au pouvoir en mai-juin 1958, De Gaulle se fixait pour objectif de libérer la République du « système », de mettre fin à la IVème République et de fonder une République nouvelle, pour promouvoir « l'essor social et économique », et associer les territoires d'Outremer à la métropole au sein de la « Communauté » française. |
En septembre 1958, pour appeler les Français à ratifier par référendum le projet de nouvelle constitution qui a donné naissance à la Vème République, cette affiche gaulliste utilisait une allégorie : l'ombre du général de Gaulle, qui a libéré la France et rétabli la légalité républicaine en 1944, vient à nouveau sauver la République et briser ses chaînes. |
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En 1967, selon Beuve-Méry, les « grands desseins » de De Gaulle, doter la France d'institutions solides, « mettre fin à la guerre d'Algérie », réintégrer les « séparatistes » communistes dans « l'unité nationale », « replacer la France au rang des grandes puissances », ont reçu un large soutien des Français. |
Malgré
les « graves critiques » que pouvaient susciter
les conditions de son retour au pouvoir, allusion au coup de force d'Alger
de mai 1958, Beuve-Méry reconnaissait en 1967 que les « projets »
du général de Gaulle « offraient peu de prise
à la contestation ». |
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Les référendums constitutionnels de 1958 et de 1962 qui ont fondé la Vème République et instauré l'élection du président au suffrage universel, comme ceux de 1961-1962 qui ont mis fin à la guerre d'Algérie ont été ratifiés par les Français à de très larges majorités. |
La
victoire du « NON » au
référendum de 1969 sur la régionalisation et la réforme
du Sénat témoignait que le gaullisme n'a pas connu que des
succès. |
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En 1996, François Mitterrand, malgré les critiques et les réserves qu'il avait toujours formulées à l'égard du général de Gaulle, considéré comme « très conservateur », « hostile à l'Europe », et à l'égard de la République gaullienne accusée d'« arbitraire », prenait acte de la grandeur des « actes » du général et des « acquis précieux » du gaullisme comme « appartenant à l'histoire ». |
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3/ La synthèse |
Que se soit dans
l'opposition ou dans l'exercice du pouvoir, le gaullisme a durablement marqué
l'histoire politique de la France de 1947 à 1969.
Au cours de cette période, il a été très
étroitement lié à la personnalité du général
de Gaulle, l'homme de l'Appel du 18 juin, ancien chef de la résistance
puis du gouvernement provisoire de la République restaurée en
1944.
En 1947, de Gaulle a fondé le Rassemblement du peuple français
( RPF ) pour combattre le Parti communiste et le régime d'assemblée
rétabli par la IVème République, dénoncé
comme étant un « système » qui débouche
sur l'instabilité et l'impuissance.
Après avoir remporté un beau succès aux élections
municipales de 1947 et cantonales de 1949, il n'est pas parvenu à conquérir
la majorité au Parlement lors des élections législatives
de 1951, et a préféré saborder le RPF en 1953.
Revenu au pouvoir en 1958, de Gaulle a fondé la Vème
République dont les institutions se caractérisent par un renforcement
des pouvoirs du chef de l'Etat qui en est devenu la clé de voûte,
et un affaiblissement du rôle du Parlement contrôlé par la
majorité gaulliste.
L'élection du président de la République au
suffrage universel direct instaurée par la révision constitutionnelle
de 1962 et le recours répété au référendum
ont conforté la prééminence présidentielle et l'ont
légitimée.
De 1958 à 1969, le gaullisme au pouvoir a donné à
la France des institutions stables, achevé la décolonisation,
mis fin à la guerre d'Algérie, développé une politique
d'indépendance nationale vis à vis des blocs. Il a doté
la France d'une force de dissuasion nucléaire, et lui a redonné
sa place de grande puissance dans le monde.
Accusé par ses adversaires d'être revenu au pouvoir
à la faveur d'un coup de force et d'exercer un pouvoir personnel de type
monarchique, de Gaulle a su transcender les partis politiques et mobiliser lors
des référendums un électorat beaucoup plus large que l'électorat
gaulliste, y compris dans la mouvance communiste, et après l'échec
du référendum de 1969, il a démissionné de son plein
gré.
A l'issue de son double septennat, François Mitterrand, qui
a été un adversaire déterminé et constant du général
de Gaulle, a reconnu l'apport du gaullisme dans l'histoire politique de la France.