Mémoire et commémoration

 
 
Les transpositions-interprétations de Patrice Alexandre
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« Sculptures de mémoire » ( 2000-2004 )

   En 2001-2004, le sculpteur Patrice ALEXANDRE a réalisé trois sculptures de terre représentant le monument à l’Armée noire de 1924, dans le cadre du programme Marne, pays d'histoires - Sculptures de mémoire. Études de dix monuments de 14-18, programme initié par le Conseil général de la Marne :
   « J’ai modelé des sculptures de terre qui partaient de la composition du sculpteur Moreau-Vauthier encore visibles par les témoignages photographiques, puis j’ai décliné. Dans le jeu bizarre de la présence/absence dans l’atelier j’assume plusieurs rôles, et se faire passer tour à tour un sculpteur de tradition académique, se faufiler dans la peau d’un artiste cubiste, devenir africain, est gageure impossible, mais il faut nommer le plagiat, j’interprète, j’écoute durant l’exécution ce qui nous rejoint, ce qui nous éloigne »
   « Sur son socle se dressait un groupe de combattants en bronze. Les restes du socle de ce monument sont visibles au musée du Fort de la Pompelle. La sculpture se présentait comme une pyramide tronquée. Le statuaire Moreau-Vauthier, d'une rare habileté, a conjugué composition et savoir-faire du modelé. Technique éprouvée, issue de la sculpture coloniale, bien à l'aise, pour représenter ces hommes de l'autre côté de la Méditerranée. Ils n'ont pas encore le droit de porter le drapeau. On leur demande de prendre la pose autour d'un officier blanc ».



Transpositions académique et cubiste du monument à l'Armée noire de 1924
( Photos © Jean-Pierre Husson, avec l'aimable autorisation de Patrice Alexandre )

Transposition africaine
( Photo © Jean-Pierre Husson, avec l'aimable autorisation de Patrice Alexandre )

   En 2004, les transpositions du monument à l'Armée noire de Reims créées par Patrice ALEXANDRE ont été présentées dans l'exposition Hosties noires, en même temps que des bustes de tirailleurs sénégalais.

Tirailleurs sénégalais
( Photo © Jean-Pierre Husson, avec l’aimable autorisation de Patrice Alexandre )

Patrice Alexandre dans son atelier de Morsains ( Marne )
( Photographie extraite du film Le corps d'Albert réalisé par Thomas Alexandre en 2012,
avec l'aimable autorisation de Patrice Alexandre )
Ce film retrace la création de la transposition du monument à Albert 1er, roi des Belges,
érigé à Charleville-Mézières ( Ardennes )

« Souvenirs de pierre, créations de terre » ( 2013 )

   Jusqu'au 19 mai 2013, à Bruxelles, dans le cadre du cycle d'expositions temporaires « Reflet(s) de la Grande Guerre 1914-1918 », le  Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire présente dans la Salle 1914-1918 l'exposition de Patrice ALEXANDRE « Monumentum - Souvenirs de pierre, créations de terre », qui comporte deux transpositions du monument à l'Armée noire de Reims.

Monumentum
Souvenirs de pierre, créations de terre

Flyer à télécharger au format .pdf

   « Je me questionne sur le langage plastique et artistique, emprunt d'académisme en pleine période de modernisme [...]
   Pour interpréter un monument, j'écoute d'abord ce qu'il me raconte. Puis, une image improbable se crée dans ma tête.
   Préparer la terre est un rituel essentiel car, tandis que mes mains la malaxent, mon esprit se met à méditer. Ensuite, j'écrase la terre au rouleau puis la coupe en lamelles. Elle doit un peu sécher car je dois la forcer à subir la verticalité.
   Je construis la sculpture comme une architecture. Les éléments découpés sont assemblés et collés à l'aide de de barbotine, un liquide onctueux obtenu du mélange de la terre et de l'eau ».

Patrice ALEXANDRE, Monumentum, Bruxelles, 2013

Les transpositions-interprétations par Patrice Alexandre
du monument à l'Armée noire de Reims
présentées dans la salle 1914-1918 du Musée royal de l'Armée et d'Histoire militaire à Bruxelles
( Photos © Jean-Pierre Husson, avec l'aimable autorisation de Patrice Alexandre )

   En 2015, dans un entretien réalisé pour le webdocumentaire « 1914-1918 / La Grande Guerre à travers les arts », Patrice ALEXANDRE conteste le choix de la reconstruction à l'identique du monument de 1924 érigé à Reims à la mémoire des héros de l'Armée noire,  choix auquel il aurait préféré celui d'un nouveau monument réalisé par un sculpteur africain.

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