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Introduction
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Introduction

Un  site sur la dimension européenne de l'éducation et de la formation semble indispensable à l'heure du programme intégré « éducation et formation tout au long de la vie 2007-2013 » qui va faciliter les échanges entre élèves, étudiants, enseignants de toute l'Union européenne dans les années à venir. Participer à un projet éducatif européen, ce n'est pas profiter de subventions parfois substantielles pour voyager à travers l'Europe, ce n'est pas seulement échanger quelques idées dans un cadre convivial sur les transports en Europe ou la défense de l'environnement ; il est nécessaire de construire un programme de travail réfléchi en se fondant sur quelques valeurs incontournables et en respectant quelques principes, de donner une dimension européenne à son projet, de s'engager à valoriser le travail effectué. De nombreux projets sont maintenant construits avec pour chacun une demande de subvention, une sélection au niveau national et/ou européen s'impose donc car les budgets ne sont pas extensibles à l'infini et autant la qualité intrinsèque du projet que sa dimension européenne seront des éléments déterminants pour la validation de celui-ci.

  • Monter un projet européen n'est pas chose facile, aussi la réflexion sur sa dimension européenne n'apparaît pas comme une priorité, l'essentiel étant de respecter certains impératifs dans la présentation et les objectifs affichés. Il existe des stratégies pour augmenter ses chances de réussite qu'il est d'ailleurs bon de connaître, pour autant il faut aussi comprendre que travailler avec des partenaires européens ne s'improvise pas car chacun possède sa langue, sa culture, ses coutumes, un système scolaire propre: un effort pour comprendre l'autre s'impose mais que faire lorsque six ou sept partenaires de pays divers sont associés sur un même projet?

  • Nous pensons qu'une approche satisfaisante se fonde sur la prise en compte de la dimension européenne du thème traité. Il faut donc tenter de donner un sens précis à ce concept qui semble si insaisissable : chacun pense ressentir l'idée sous-jacente et être capable de préciser en quoi tel thème possède une dimension européenne mais lorsqu'on souhaite dépasser la simple intuition et donner des définitions précises, les difficultés parfois redoutables surgissent parce que l'idée même d'Europe ne se laisse pas facilement appréhender sinon par un jeu de contradictions multiples. L'Union européenne réunit des peuples divers qui pendant des siècles se sont massacrés tout en communiquant, en échangeant des idées, en pratiquant le commerce, en respectant certaines valeurs: l'unité ne saute pas aux yeux et pourtant on ne doute pas qu'il existe quelque chose de commun entre ces peuples qui parviennent maintenant à s'associer et à se soumettre à une autorité qu'ils s'imposent librement, qui acceptent de perdre beaucoup de leur autonomie et d'ouvrir leurs frontières. Les difficultés posées par la candidature de la Turquie montrent que la construction de l'Union européenne fait implicitement ou explicitement référence à certaines valeurs en particulier le christianisme et donc il est pertinent de s'interroger sur celles-ci qui constituent le socle de la dimension européenne.

L'éducation a pour rôle de transmettre les connaissances qui semblent indispensables à chaque pays pour maintenir une unité: former des citoyens responsables, les futurs travailleurs. Les programmes scolaires varient donc considérablement d'un pays à l'autre, déjà parce que la langue de communication varie, mais aussi les systèmes politiques, les valeurs et coutumes, l'histoire, la culture. C'est l'Ecole qui doit modeler les futurs citoyens en leur donnant les connaissances indispensables : lire, écrire, compter et les compétences utiles : autonomie, sens des responsabilités, sens de l'initiative …Chaque état nation a sa propre conception de l'éducation qui en démocratie ne dépend guère du pouvoir politique en place. On sait que l'Union européenne n'a pas le pouvoir d'imposer des directives à un état membre dans le domaine de l'éducation, ce qui d'ailleurs prouve combien l'éducation a une place essentielle pour chacun d'eux : on accepte de créer une monnaie unique mais pas une Ecole unique! Il est facile de comprendre ceci : les référents culturels sont fortement marqués par la langue officielle et l'histoire. Malgré tout, l'Union européenne s'autorise à formuler des recommandations qui parfois influencent considérablement la politique éducative des états membres. On pense ici au socle commun des connaissances et des compétences, à la rénovation de l'enseignement des langues étrangères, à la culture numérique ou encore à la pratique des partenariats européens, aux mobilités Leonardo ou Erasmus.

L'Union européenne est très attachée au respect des diversités linguistiques et culturelles ce qui implique le maintien des diversités scolaires ou du moins de certaines diversités, à commencer au niveau de la langue utilisée pour transmettre les connaissances: on n'imagine pas d'uniformiser l'enseignement en Europe en imposant une seule langue de communication (qui serait nécessairement l'anglais) donc l'unité de l'éducation en Europe ne semble même pas envisageable et cela est considéré à la fois comme une spécificité et une grande richesse. Dans le respect de ces diversités, il est possible d'insister sur les racines et les valeurs communes des peuples européens en adoptant au moins ponctuellement une perspective européenne plutôt que strictement nationale d'où l'introduction ou la reconnaissance d'une dimension européenne de l'éducation. Le changement de perspective a des conséquences qu'il est bon de reconnaître et de prendre en compte: introduire la dimension européenne dans l'enseignement implique de renforcer l'approche par les compétences, de favoriser la transdisciplinarité et la transversalité donc d'insister sur de nouvelles pratiques d'enseignement d'où une réflexion riche sur les contenus et les méthodes.

Nous souhaitons cerner le concept de dimension européenne de l'éducation, objectif ambitieux, et si le résultat obtenu ne satisfera probablement pas le lecteur exigeant et rigoureux, nous espérons parvenir au moins à le convaincre qu'une nouvelle perspective peut être adoptée dans l'enseignement à certaines occasions et que les bénéfices sont nombreux. Ce n'est pas une révolution pédagogique qui est ici envisagée mais beaucoup plus modestement une approche quelque peu innovante. C'est essentiellement à partir d'exemples « classiques » que nous tenterons de développer nos réflexions donc ce site se veut avant tout un outil de travail, les développements théoriques étant réduits au maximum. Des activités diverses seront proposées qui pourront être adaptées à un public scolaire, essentiellement au niveau secondaire, même si sur certains points des élèves du primaire seront aussi concernés. L'enseignement supérieur est directement concerné par les questions de dimension européenne et nous suggérons parfois quelques pistes de travail sans aller jusqu'à entrer dans une présentation détaillée, ce qui nécessiterait la consultation de spécialistes.

On peut se demander raisonnablement s'il est intéressant d'adopter une perspective européenne en éducation. La réponse ne peut être que nuancée et nécessite une réflexion sur le sens, les valeurs et les fins de l'éducation. L'Union européenne recommande d'imposer certains objectifs à l'éducation et d'une certaine façon propose de nouvelles fins plus pragmatiques tenant compte des impératifs de la mondialisation sans toutefois rejeter des fins humanistes: par exemple, le cadre commun pour les langues affiche des objectifs « utilitaires » mais aussi des objectifs profondément humanistes prouvant ainsi qu'il est possible d'associer des objectifs divergents dans un tout parfaitement cohérent reconnu maintenant dans le monde entier. L'éducation dans sa dimension européenne devra transmettre des valeurs fondatrices du projet de construction de l'Union européenne afin d'atteindre des objectifs ambitieux, modifiant ainsi au niveau de chaque état membre le sens de l'éducation prise dans sa dimension nationale, mais ce changement de perspective s'inscrit dans une pratique implicite de prise en compte évidente de la dimension européenne des savoirs: en histoire, en géographie, en sciences, en littérature, en éducation artistique, la dimension européenne s'impose naturellement, chaque état membre se reconnaissant un passé et un avenir communs, des valeurs communes et un intérêt commun. Nous étudierons les programmes scolaires afin de justifier cette affirmation, nous présenterons les programmes éducatifs européens, en particulier le programme intégré « éducation et formation tout au long de la vie 2007-2013 » afin de donner une idée de la mise en pratique de la dimension européenne de l'éducation. Nous pensons que l' enseignement a tout à gagner en adoptant cette nouvelle perspective, au moins à certaines périodes sur l'année scolaire, mais comme cela implique de nouvelles pratiques pédagogiques, par exemple l'interdisciplinarité, il est probable que les conséquences se feront sentir progressivement sur la durée. On peut noter que les élèves, en particulier les lycéens, adoptent bien cette nouvelle perspective puisqu'ils ont souvent intégré les valeurs de l'Union européenne ou au moins ont réfléchi sur celles-ci au sein de l'Ecole, à travers les médias, lors des élections. La formation des enseignants, des personnels de direction et d'inspection n'intègre pas vraiment la dimension européenne même si des progrès ont été réalisés ce qui limite les évolutions et explique probablement la tiédeur européenne des français jeunes ou moins jeunes.

Bien sûr, ce site a pour principal objectif de convaincre de l’intérêt d’adopter une nouvelle démarche en éducation en décrivant à travers des exemples les vertus de la dimension européenne de l’éducation.

Nous adopterons plusieurs points de vue afin de montrer la diversité des approches possibles, en particulier nous évoquerons quelques méthodes de l’éducation comparée, mais en règle générale nous privilégierons le point de vue français pour la simple raison que nous souhaitons donner des outils  de travail aux enseignants français. Sur au moins un point précis : l’éducation à la citoyenneté, nous adopterons un point de vue européen en espérant proposer des pistes de travail à tous ceux qui souhaitent s’engager dans des partenariats scolaires. Ainsi, les programmes scolaires français nous serviront de cadre de référence constant, espérant aider les enseignants dans leur travail au quotidien, mais nous prendrons en compte l’existence du socle commun des connaissances et des compétences pour le collège et donc développerons une approche par les compétences dans certains cas, estimant qu’elle est une clé pour l’introduction de la dimension européenne dans l’éducation.