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SOCRATES 1

Faisant suite au livre vert 1993, un programme d’action de l’Union européenne pour la coopération transnationale dans le domaine de l’éducation est adopté le 14 mars 1995. Le fondement juridique du programme est le traité de l’Union européenne, articles 126 et 127. L’article 126 prévoit que l’Union européenne « contribue au développement d’une éducation de qualité » et participe au développement de la dimension européenne de l’éducation.

Objectifs spécifiques du programme SOCRATES 1

  • « développer la dimension européenne de l’éducation à tous les niveaux, pour renforcer le sentiment de citoyenneté européenne en s’appuyant sur le patrimoine culturel de chaque Etat membre »

  • « promouvoir une amélioration quantitative et qualitative de la connaissance des langues de l’Union européenne, notamment les moins diffusées et les moins enseignées, pour renforcer la compréhension et la solidarité entre les peuples de l’Union européenne et promouvoir la dimension interculturelle de l’enseignement »

  • « promouvoir une coopération large et intensive entre les établissements de tous les niveaux d’enseignement, en mettant en valeur leurs potentialités intellectuelles et pédagogiques »

  • « encourager la mobilité des enseignants pour promouvoir une dimension européenne dans les études et contribuer à l’amélioration qualitative de leurs compétences »

  • « encourager la mobilité des étudiants en leur permettant d’effectuer une partie de leurs études dans un autre Etat membre, afin de consolider la dimension européenne de l’éducation »

  • « encourager les rapports entre les élèves de l’Union européenne, tout en assurant la promotion de la dimension européenne de l’enseignement qui leur est dispensé »

  • « encourager la reconnaissance académique des diplômes, des périodes d’études et d’autres qualifications, dans le but de faciliter le développement d’un espace européen ouvert en matière d’éducation »

  • « encourager l’Education ouverte et à distance dans le cadre du programme »

  • « promouvoir des échanges d’informations et d’expériences, afin que la diversité et la spécificité des systèmes éducatifs des Etats membres deviennent une source d’enrichissement et de stimulation réciproque »

(référence : SOCRATES guide du candidat 1998 publié par la Commission européenne en septembre 1997)

La grande force de l’Union européenne est qu’elle ne se contente pas de formuler des idées mais qu’elle s’intéresse aussi à la mise en œuvre sur le terrain de celles-ci. Cela n’est rendu possible que par l’existence de la Commission européenne, du Conseil européen, du Parlement européen, de directives communautaires, d’une participation financière de chaque Etat membre, c’est-à-dire de l’abandon pour chacun d’eux d’un peu d’indépendance qui est accepté en référence à des valeurs communes. Il aura deux guerres épouvantables pour que des pays naturellement si proches géographiquement et culturellement comprennent toute la richesse de l’union comparée à l’opposition. Cette expérience unique peut être un succès parce que la proximité culturelle et géographique existe, parce que aucun état ne peut prétendre dominer l’Europe, parce que chaque état est maintenant trop faible pour jouer un rôle essentiel au niveau mondial.

Présentation succincte du programme

Pour simplifier, nous appelons SOCRATES 1 le programme adopté en 1995 qui s’est appliqué jusqu’au 31 décembre 1999, par opposition au second programme SOCRATES 2000-2006 que nous présenterons aussi et dénommerons SOCRATES 2.

Le programme SOCRATES 1 est découpé en sept sous-programmes :

  • l’enseignement supérieur ERASMUS

  • l’enseignement scolaire COMENIUS

  • la promotion de l’apprentissage des langues LINGUA

  • l’enseignement ouvert et à distance EOD

  • éducation des adultes

  • échanges d’informations et d’expériences sur les systèmes et la politique d’éducation

  • mesures complémentaires

Chaque sous-programme est ensuite découpé en actions. On note que l’enseignement et la formation professionnels ne sont pas inclus dans le programme SOCRATES 1, ils relèvent d’un autre programme, LEONARDO DA VINCI, que nous présenterons également.

Chaque sous programme correspond à un ou plusieurs objectifs du programme SOCRATES 1. En 1995, l’enseignement scolaire s’ouvrait à la dimension européenne, une véritable révolution commençait qui n’est toujours pas terminée en 2008 car on peut ici évoquer la notion de « révolution permanente », de par l’élargissement de l’Union européenne et les nouvelles exigences imposées à l’éducation et à la formation.

Avant 1995, il y eut les premiers grands programmes d’actions qui concernaient essentiellement l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, mais c’est seulement à partir de 1992, avec le traité de l’Union européenne que l’enseignement scolaire arrive à trouver une place dans la politique communautaire car il reste de la responsabilité de chaque Etat membre sauf « quand les dimensions et les effets de l’action envisagée impliquent que les objectifs poursuivis seront mieux réalisés au niveau communautaire »(principe de subsidiarité).

Enseignement supérieur ERASMUS

Deux actions s’inscrivent dans le sous-programme ERASMUS :

  • Action 1: aides aux universités pour des actions de dimension européennes

a) organisation de la mobilité des étudiants, des enseignants, système européen de transfert d’unités de cours capitalisables, élaboration de programmes intensifs, visites préparatoires 

b) projets développés par les réseaux thématiques.

 

Les activités de a) s’inscrivent dans lBa logique des « contrats institutionnels » :

C’est un accord passé entre la Commission européenne et une université définissant le soutien qu’accordera la première à la seconde pour mener à bien des activités de coopération européenne. Le contrat institutionnel est établi par l’université et contient nécessairement une déclaration de stratégie européenne ainsi qu’une description des activités de coopération concernant les relations de l’université avec les autres pays éligibles au programme SOCRATES. Le contrat institutionnel a en général une durée de validité de 3ans.

Par exemple, une activité possible est « développement en commun de modules européens »: pour les universités, cela consiste à promouvoir la dimension européenne dans les cours, à offrir une perspective européenne dans le cadre des disciplines à un maximum d’étudiants; les modules devront aborder les points suivants: l’histoire, la société, la culture, la politique et l’économie des autres pays européens, les différents aspects de l’intégration européenne, des approches comparatives sur des aspects particuliers d’une discipline donnée dans différents pays participants.

  • Action 2: bourses pour la mobilité des étudiants

Ces bourses sont destinées à couvrir les frais supplémentaires liés aux études à l’étranger.

Enseignement scolaire COMENIUS

Trois actions s’inscrivent dans le sous-programme COMENIUS :

  • Action 1: les partenariats scolaires et les projets éducatifs européens

  • Action 2 : éducation des enfants de travailleurs migrants, de travailleurs itinérants, de voyageurs et de Tziganes/ éducation interculturelle

  • Action 3: formation continue pour les personnels de l’éducation

L’action 1 a pour objectifs:

  • « promouvoir la coopération entre les écoles »

  • « améliorer la qualité des situations d’apprentissage des élèves en mettant l’accent sur le travail interdisciplinaire dans les projets »

  • « améliorer la connaissance des langues et des cultures des pays européens »

  • « encourager les relations entre les élèves de différents pays et promouvoir la dimension européenne de leur éducation »

  • « encourager la mobilité des enseignants »

L’idée est de favoriser les échanges réels ou virtuels entre les écoles, en travaillant sur un projet défini possédant une dimension européenne qui sera abordé à travers plusieurs disciplines sur le temps scolaire. On sait que les pratiques interdisciplinaires sont difficiles à mettre en place à l’école (surtout au niveau secondaire : collège et lycée), un projet éducatif européen inscrit dans un partenariat scolaire est l’occasion d’expérimenter ces pratiques dans un cadre européen.

Le catalogue propose quelques grands domaines thématiques :

  • le patrimoine, la culture

  • les activités artistiques

  • le développement de courants littéraires européens, nationaux et internationaux

  • la citoyenneté européenne

  • les identités locales et régionales

  • les sciences et les technologies

  • la protection de l’environnement

  • les relations école/monde du travail

  • les médias

  • la promotion de l’égalité garçons/filles

Cette liste de thèmes est particulièrement intéressante: elle permet de bien comprendre ce qu’est en 1997 la dimension européenne de l’éducation. On note que la promotion des langues européennes n’est pas citée puisqu’il existe un programme spécifique pour les langues: LINGUA. Cette liste n’est pas exhaustive, en particulier des thèmes autour de l’histoire européenne sont souhaités. C’est en échangeant sur un thème, en comparant d’une école européenne à l’autre les pratiques, les approches, les contenus scolaires que le projet acquerra une dimension européenne déjà inscrite à l’origine du projet mais qu’il s’agit de mettre en évidence, de révéler aux élèves. La spécificité d’un projet éducatif européen qu’il doit associer au minimum trois écoles de trois pays éligibles au programme SOCRATES.

Il est important de noter que les activités s’inscrivent dans les programmes d’enseignement, doivent concerner des classes ou des groupes-classes et enfin favoriser la transdisciplinarité.

De nombreux projets éducatifs européens (PEE) de COMENIUS SOCRATES 1 ont d’abord relevé du socio-éducatif ou du péri éducatif, les professeurs ne parvenant pas à intégrer dans leurs cours les activités du PEE. En 1995, la dimension européenne de l’éducation devait encore être précisée, surtout monter un dossier PEE relevait du parcours du combattant, les informations à prendre en compte étant souvent éparses. Les chefs d’établissement n’ayant reçu aucune formation spécifique étaient pour le moins méfiants tandis que des équipes d’enseignants s’enthousiasmaient sans toujours prendre le temps de réfléchir sur les implications pédagogiques.

Si l’élève doit en général être au cœur du PEE, certains projets peuvent malgré tout être centrés sur la mise au point conjointe de matériels didactiques, l’élève devenant alors un « sujet d’expérience » plus qu’un acteur.

Dans le cadre d’un PEE, des échanges d’enseignants (pour une période de deux à quatre semaines) sont possibles, des stages en entreprise destinés aux enseignants, des visites d’études pour les directeurs ( durée maximale : une semaine). La visite d’étude des directeurs a une signification toute particulière: la Commission européenne reconnaît ainsi que rien n’est possible sans l’implication du directeur qui doit, bien sûr, donner son accord pour un PEE, mais aussi aider les enseignants, faciliter les démarches administratives, prévoir peut-être des organisations pédagogiques spécifiques.

L’action 2 a pour objectifs généraux :

  • « améliorer la qualité de l’éducation des enfants de travailleurs migrants ainsi que des enfants des travailleurs itinérants, de voyageurs et de Tziganes »

  • « promouvoir la dimension interculturelle de l’enseignement pour préparer les élèves à vivre dans une société qui se caractérise de plus en p us par la diversité culturelle et linguistique, et renforcer la compréhension mutuelle et la solidarité entre les citoyens des pays participants, combattant de ce fait le racisme et la xénophobie »

Nous allons insister sur les projets visant à promouvoir l’éducation interculturelle qui auront pour finalités de développer la tolérance, la compréhension mutuelle, la promotion d’une citoyenneté active.

Les activités suivantes pourront être subventionnées: l’échange et la diffusion d’informations, l’intégration d’une dimension interculturelle dans les programmes d’enseignement, l’introduction de nouvelles pratiques pédagogiques, la transition entre l’école et la vie active, le développement et la promotion de l’éducation ouverte et à distance, la mise au point de logiciels éducatifs.

L’action 3 a pour objectifs généraux :

  • « renforcer la dimension européenne de la formation continue des enseignants et autres personnels de l’éducation »
  • « promouvoir la coopération européenne entre les établissements et les organismes engagés dans l’actualisation et l’amélioration des compétences des personnels de l’éducation »
  • « encourager la participation des enseignants et autres personnels de l’éducation aux formations continues transnationales »

  • « favoriser l’utilisation de l’éducation ouverte et à distance et des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans le contexte de cette action »

Il est bien évident que la réussite du programme Comenius repose sur l’implication des personnels de l’éducation, tout particulièrement des enseignants et des personnels de direction, mais aussi des inspecteurs, des formateurs: chacun devra être formé à la dimension européenne de l’éducation.

Deux grandes actions s’inscrivent dans l’action 3: l’action 3.1 projets de formation continue européenne qui seront ensuite réservés aux personnels éligibles à l’action 3.2: bourses individuelles de participation aux formations continues développées dans le cadre de l’action 3.1.

Les projets de l’action 3.1 se répartiront en deux grandes catégories thématiques: ceux qui développent une dimension européenne dans les activités de formation continue et ceux qui développent des activités de nature à améliorer les résultats scolaires en général.

Les premiers ont pour finalité de permettre aux enseignants de renforcer la dimension européenne de leur enseignement, soit à travers une discipline ou dans un contexte pluridisciplinaire. Les seconds ont pour finalités de contribuer à l’épanouissement du personnel enseignant et à améliorer ses aptitudes à intégrer les enfants à besoins spécifiques.

L’action 3.2 permet à des enseignants de participer à des cours de formation continue européenne construits dans le cadre de l’action 3.1. Il est souhaitable que les cours et activités couvrent une période de deux semaines soient dispensés par une équipe européenne de formateurs, que les participants (20 en général) soient originaires du plus grand nombre possible de pays participants, que l’accent soit mis, si possible, sur les langues les moins diffusées et les moins enseignées de l’Union européenne et que chaque participant se voit remettre un certificat en fin de session. Les ressources de l’éducation ouverte et à distance et des techniques d’information et de communication pourront être le sujet de certains cours de formation: former les enseignants à ces pratiques.

La promotion de l’apprentissage des langues (LINGUA)

Le programme LINGUA se décompose en cinq actions :

  • action A : programme de coopération européenne pour la formation des professeurs de langues (PCE) 

  • action B : formation continue dans le domaine des langues étrangères 

  • action C : assistanats pour les futurs professeurs de langues

 

  • action D : développement d’outils pour l’apprentissage et l’enseignement des langues et l’évaluation des compétences linguistiques 

 

  • action E : projets éducatifs conjoints pour l’apprentissage des langues (PEC).

L’objectif général de LINGUA est l’amélioration quantitative et qualitative de l’enseignement et de l’apprentissage des langues dans l’ensemble des pays participants au programme SOCRATES.

L’action A (PCE) a pour objectif de créer des liens entre des organismes de formation initiale et/ou continue de professeurs de langues afin d’améliorer les compétences professionnelles des enseignants et des formateurs actuels ou futurs, en améliorant leurs compétences en matière de communication et leurs connaissances de l’environnement culturel de la langue.

Un PCE est fondé sur la coopération active entre des organismes d’au moins trois pays participants et couvre normalement une période de trois ans. On peut donner comme exemples d’activités relevant d’un PCE la mise au point conjointe de programmes d’études, la production de matériel didactique, le développement de programmes ou de modules de formation et certains domaines seront privilégiés: apprentissage précoce des langues, éducation multilingue; compréhension mutuelle entre les locuteurs de divers horizons linguistiques.

L’action B a pour objectif d’améliorer l’efficacité pédagogique des professeurs en matière d’enseignement des langues étrangères ou d’enseignement dans une langue étrangère. Des aides financières seront accordées pour des stages d’immersion d’une durée de deux à quatre semaines dans un autre pays participant.

L’action C s’adresse aux futurs professeurs de langue souhaitant séjourner dans un établissement d’enseignement d’un autre pays participant. Deux objectifs sont retenus pour l’action C: donner aux futurs professeurs de langues la possibilité d’enrichir leur connaissance des langues étrangères, d’autres pays européens et d’autres systèmes d’éducation; donner aux élèves l’occasion d’améliorer leurs compétences linguistiques dans la langue de l’assistant.

La durée du séjour est de trois mois à huit mois. L’assistant aura pour tâches d’enrichir la compréhension orale des élèves dans sa langue maternelle, d’aider les élèves ayant des difficultés dans l’étude des langues étrangères, d’introduire des méthodes innovantes, de participer à la production de matériel didactique, de favoriser l’utilisation des TIC, de participer à la préparation éventuellement d’un PEC, d’apporter des informations sur son pays d’origine. L’assistant établit un programme de travail avec un professeur tuteur de l’établissement d’accueil dès son arrivée.

L’action C possède une réelle dimension européenne puisque l’assistant sera amené à évoquer son pays d’origine, sa culture, sa langue, mais aura aussi une action pédagogique avec peut-être une approche nouvelle, permettant ainsi aux élèves français de profiter d’une véritable ouverture sur l’Europe.

L’action D a pour objectif de contribuer à une amélioration de l’apprentissage et de l’enseignement des langues grâce à une coopération européenne. Des activités seront privilégiées : conception, mise au point et échange de programmes d’enseignement et d’études, production de supports et matériels didactiques innovants, évaluation et amélioration d’outils existants.

A la différence de l’action A, c’est l’apprenant qui est ciblé dans l’action D avec certaines priorités retenues : sensibilisation aux langues étrangères des jeunes enfants, apprentissage précoce des langues, enseignement multilingue, préparation des citoyens européens de l’Union européenne à la mobilité.

L’action E (PEC) a pour objectif de promouvoir la motivation et la capacité des jeunes à communiquer dans les langues étrangères.

Un PEC est un échange linguistique entre deux écoles de deux pays participants sur la base d’un projet commun avec échanges réciproques: chaque groupe d’élèves de chaque école séjournera dans l’établissement partenaire pour une durée minimum de 14 jours, voyage compris et si la langue du partenaire n’est pas étudiée, il faudra prévoir un enseignement de base de cette langue dans l’école.

Le programme LINGUA a une importance immense dans un contexte européen de diversité culturelle et linguistique. Il faut admirer la volonté de la Commission européenne de promouvoir la découverte des langues les moins diffusées et les moins enseignées, signifiant ainsi que le respect de la diversité linguistique et culturelle est une valeur fondatrice de la construction européenne, quelles que soient les difficultés qu’elle entraîne. Dans la réalité, une langue de travail est retenue pour les PEC mais les participants sont au moins sensibilisés à la langue des partenaires: par exemple, des documents rédigés dans la langue de chaque  partenaire sont diffusés ou encore des journaux scolaires présentant des articles dans les deux langues avec, par exemple, un résumé en anglais.

Le respect de la diversité linguistique et culturelle est probablement un élément caractéristique de la dimension européenne.

Promotion de l’éducation ouverte et à distance (EOD)

L’objectif de cette action est de développer une coopération européenne entre les acteurs qui participent à « l’intégration de nouvelles technologies et de nouveaux médias dans les démarches éducatives, y compris la formation des professeurs et des gestionnaires administratifs et à la promotion et à la fourniture de services d’apprentissages ouverts et à distance ».

Tout projet EOD doit clairement afficher sa capacité de démultiplication et d’anticipation des innovations futures. Le projet devra de plus générer des ressources et des services dans le domaine de l’information et de la communication au profit de la communauté éducative.

L’action EOD vise plus spécifiquement à stimuler la coopération européenne en matière:

  • « d’utilisation des méthodologies de l’EOD (y compris les nouveaux médias, les technologies de l’information et de la communication) pour améliorer la qualité de l’enseignement « traditionnel » »
  • « d’utilisation de services d’éducation à distance pour surmonter les entraves à la mobilité physique qui rendent difficile l’accès à l’enseignement. »

Les priorités suivantes sont retenues pour l’action:

  • « renforcement de la coopération entre toutes les organisations et tous les établissements impliqués dans ces domaines à tous les niveaux d’enseignement en Europe »

 

  • « diffusion à grande échelle des bonnes pratiques et des savoir-faire en Europe sur des approches et des concepts de diffusion à la fois traditionnels et innovants ».

On distingue deux types d’activités :

  • A. partenariats européens/projets de partenariat: chaque partenariat regroupe un minimum de trois organismes issus d’au moins trois pays participants différents ( en général des universités, des universités à distance). Les projets de partenariats correspondent aux projets transnationaux mis en œuvre par les partenariats européens en EOD. Les thèmes suivants sont considérés comme recevables:

- mise en place de projets expérimentaux pilotes visant à analyser l’impact des nouvelles technologies et de l’enseignement à distance sur les processus d’apprentissage, le rôle du professeur, les apprenants…à recenser, mettre en œuvre et diffuser des approches pédagogiques permettant l’utilisation de l’EOD, mettre au point des services facilitant la coopération dans le domaine de l’EOD, réaliser des modèles pour la formation des professeurs et des gestionnaires administratifs du secteur de l’éducation et la réalisation de réseaux pour les établissements participants;

- « développement de méthodologies, approches et concepts innovants pour concevoir des logiciels éducatifs de haute qualité et stimuler la participation des professeurs à la conceptualisation des ressources et services éducatifs multimédias pour l’éducation ouverte et à distance », par exemple par la création de concepts et de méthodologies visant à améliorer la qualité des ressources pédagogiques utilisant les nouvelles technologies, par la création de mesures et produits à utiliser par les établissements d’enseignement cherchant à introduire les nouvelles méthodes …

- « amélioration des compétences des enseignants, des formateurs et des gestionnaires administratifs dans l’utilisation de méthodes et de techniques innovantes impliquant l’EOD, y compris les nouveaux médias et les TIC »

- « promotion des systèmes d’échanges d’informations et de matériels éducatifs ou de modules de formation ; facilitation de la reconnaissance des qualifications obtenues à l’aide des services d’EOD »

  • B. projets d’observation : l’objectif est d’analyser ce qui existe en matière d’EOD ; l’accent n’est pas mis sur la coopération européenne à la différence des projets de partenariats.

L’EOD est au centre de la politique éducative européenne et ainsi, dès 1998, la Commission européenne propose des soutiens financiers pour des actions d’envergure visant la promotion et la diffusion des méthodes d’EOD. On note que des visites préparatoires sont envisageables.

L’éducation des adultes

L’objectif général est d’introduire la dimension européenne dans l’éducation des adultes et plus précisément dans l’éducation générale des adultes, en référence au caractère transnational de la coopération et au contenu européen des activités.

Les activités soutenues financièrement devront viser à améliorer l’offre d’éducation grâce à la coopération européenne: projets répondant à des questions-clés en matière d’éducation des adultes, projets visant à promouvoir la dimension européenne et les connaissances sur l’Europe et les pays européens chez les apprenants adultes.

Par exemple, on peut imaginer des projets sur la promotion de parcours individuels, sur la mise au point de nouvelles méthodologies d’enseignement, sur la production de matériels et produits, des projets permettant la prise de conscience de la dimension européenne et la promotion d’une compréhension mutuelle.

Echange d’informations et d’expériences sur les politiques et les systèmes éducatifs

Sans trop insister, on note que les mesures ici envisagées sont réparties en quatre catégories :

  • Les questions d’intérêt commun concernant la politique de l’éducation : il s’agit d’améliorer et faciliter les échanges d’informations et d’expériences sur des thèmes d’intérêt commun 

 

  • Le réseau d’information sur l’éducation en Europe (Eurydice): le but est de produire et de diffuser des informations sur l’éducation en Europe 

 

  • Le programme de visites pour les décideurs en matière d’éducation (Arion) : sont concernés les chefs d’établissement, les inspecteurs, les conseillers pédagogiques, les formateurs d’enseignants, les personnels administratifs ; des thèmes prioritaires sont définis périodiquement : par exemple, les mesures de prévention contre l’échec scolaire et l’illettrisme, la qualité de l’éducation, la violence à l’école, l’éducation à l’environnement…

 

  • Le réseau des centres nationaux d’information sur la reconnaissance académique (Naric): il s’agit de faciliter la reconnaissance des diplômes et des études dans les divers pays de l’Union européenne.

Mesures complémentaires

Cette action a pour objectif de soutenir des activités pertinentes pour soutenir le programme Socrates mais ne rentrant pas dans une action spécifique du programme Socrates: promotion de la coopération européenne à tous les niveaux d’enseignement, la généralisation des bonnes pratiques dans l’organisation de la coopération européenne, la diffusion d’informations sur les évolutions dans l’enseignement. En conclusion, le programme Socrates 1 que nous avons souhaité présenter sans trop entrer dans les détails annonce dans ses grandes lignes l’actuel programme éducation et formation tout au long de la vie (EFTLV): il existe une grande continuité dans la politique européenne en matière d’éducation, en même temps on mesure tous les progrès accomplis en quelques années afin de simplifier les programmes et d’unifier les procédures. Bien comprendre le programme EFTLV suppose que l’on connaisse au moins succinctement les programmes précédents.