Concours national de la Résistance...
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La remise des prix du Concours
de la Résistance et de la Déportation
au
Collège Jean Moulin
de Saint Memmie
le 8 mai 2006

 








Le discours de Jean Chabaud
président des Combattants Volontaires de la Résistance
de la Marne

   Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du Conseil Général,
   Mesdames Messieurs les Parlementaires, élus départementaux et locaux,
   Mesdames, Messieurs, chers Amis de la Résistance et de la Déportation,

   Chers Lauréats.

   Au nom des Combattants Volontaires de la Résistance de la Déportation Marnaise, je voudrais tant d'abord vous dire Monsieur le Préfet combien nous vous sommes reconnaissants de nous accorder cet après-midi pour la cérémonie de proclamation des résultats du concours scolaire de la Résistance et de la Déportation 2006 au collège Jean Moulin, et ceci avec l'aimable concours de Monsieur le Président du Conseil Général et de Monsieur le Maire de Saint-Memmie.

   Merci à vous Monsieur le Principal de nous recevoir dans votre établissement, le seul de notre département portant le nom de ce grand Préfet de la République Jean Moulin, figure éminente de la Résistance et qui en incarne l'unification.

   Merci à Madame l'Inspecteur d'Académie, à ses services.
   Merci à vous Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les professeurs, qui avez su intéresser et motiver vos élèves à ce concours.

   Merci également à Monsieur le Directeur du Service Départemental de la Marne de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de guerre pour l'organisation du voyage offert à nos lauréats avec visite du camp du Struthof et du Centre Européen du Résistant-Déporté.

   Nous retrouver ici a aussi force de symbole.
   Cette année, le sujet " Résistance et Monde rural " sur lequel collégiens et lycéens ont réfléchi guidés par leurs professeurs et avec la participation des nôtres les plus valides a peut être surpris.

   C'est en effet la première fois, depuis 1958, année de sa création que le concours a invité à la réflexion sur la Résistance dans nos campagnes, mais aussi sur les relations particulières entre la résistance urbaine et le monde rural.

   Pourtant ce thème avait sa raison d'être.
   N'oublions pas qu'en 1939, à la déclaration de guerre, sur 40 millions de Français, la moitié de la population est rurale.

   Après la défaite de juin 1940, le gouvernement de Vichy et son chef présentent le monde paysan comme le socle valeureux de la France nouvelle. Mais en zone occupée l'hostilité à l'égard de l'occupant progresse rapidement parce que dans les villages on a conscience d'une autre réalité qui pèse de plus en plus lourd au quotidien : la restriction continue des libertés, les confiscations autoritaires, les prélèvements insupportables sur les récoltes génèrent une méfiance, qui devient une défiance, un refus de subir.

   Dans le même temps les ruraux ne sont par imperméables à l'appel du 18 juin dont ils finissent par entendre parler sous une forme ou sous une autre.

   Pourquoi se résigner à l'humiliation et à l'asservissement alors qu'un homme, le général Charles de Gaulle rassemble ceux et celles déterminés à tout faire pour libérer la France et lui rendre sa capacité à être elle-même.
   Les vrais valeurs de Liberté, Égalité, de Fraternité ont toujours tout leur sens.
   Dans les campagnes aussi cet appel est une espérance, celle d'un monde prêt à se remettre debout, pour défendre la dignité de l'homme, l'égalité du droit pour chacun, la démocratie, et la République.
   Combien de paysans on aidé les victimes d'un exode impitoyable à rejoindre leur chez soi ?
   Combien d'armes abandonnées furent récupérées et cachées pour être à la Libération contre l'occupant ?
   Combien d'évadés soucieux de ne pas être repris ont été assistés ponctuellement ou régulièrement ?
   Que dire de tous ces aviateurs alliés tombés sur notre sol qui, grâce à des filières efficaces, dont une très importante traversait notre département, sont parvenus à rejoindre la Grande Bretagne en franchissant les Pyrénées.
   On ne peut oublier ces hommes souvent exténués, parfois blessés secourus ici par la famille Lundy de Beine, recueillis par le maquis de Trecon après le bombardement de Mailly, guidés par le maquis des Chênes après le bombardement du nœud ferroviaire de Revigny sur Ornain. Et combien d'autres chez les Servagnat à Épernay, on pourrait multiplier les exemples.
   Qu'en aurait-il été des réfractaires au STO s'ils n'avaient pas pu se cacher dans les villages, se fondre dans la vie de la ferme, ou dans les chantiers forestiers de l'Argonne ?
   Que seraient devenus les maquis sans le ravitaillement des paysans ?
   Qu'auraient été les parachutages sur les terrains homologués par le BOA sans le concours des ruraux.
   On ne peut oublier le groupe Tritant l'un des plus actif, tant par les parachutages réalisés que par les sabotages réussis souvent à la barbe des occupants comme la destruction des camions de la rue Pasteur à Châlons, et qui comportait autant de citadins que de ruraux.
   Ces derniers, il ne faut pas l'oublier, ont aussi participé pleinement au sein de la Résistance aux plans de ralentissement des renforts ennemis envoyés vers les plages de débarquement.
   Leur parfaite connaissance du terrain a fait d'eux d'intrépides guides des unités alliées libérant notre territoire.
   Chers amis, nous avons devant nous ces jeunes des collèges et des lycées qui ont réalisé un travail de mémoire pour mieux comprendre le besoin de se souvenir.
   Ils ont pris sur leur temps libre, ils ont volontairement choisi de participer et mis dans leurs rédactions ou leur mémoire tout leur amour avec cette pudeur et ce sérieux qui témoignent à la fois de leur générosité et de leur prise de conscience des grands défis humanistes qui se dressent régulièrement devant les peuples au fil du temps.
   Oui nos lauréats ont montré une passion, celle du jeune historien, mais ils ont surtout montré une émouvante appropriation des valeurs que nous partageons, qui sont celles des droits et des devoirs de l'homme, qui sont celles de la République debout fidèle à la Nation.
   Ces valeurs ne sont pas ringardes comme certains essaient de leur faire croire.
   Elles sont le creuset du vivre ensemble dans la liberté, le respect de l'autre, la fierté de son pays, la citoyenneté assumée.
   S'il y a eu une Résistance rurale, il y a surtout eu une résistance de la France dans les diversités de ses hommes et de ses femmes, de leurs opinions, de leurs engagements autour d'un ensemble de valeurs partagées dans une conscience nationale préservé.

    Chers lauréats aujourd'hui les acteurs de la Résistance et les survivants de la Déportation ne sont plus nombreux, mais nous pouvons vous dire : oui nous avons confiance en vous, vous qui êtes la France de demain parce que nous avons confiance en votre capacité de vous dresser si la France était de nouveau mise en danger par d'autres extrémismes aussi dangereux que le nazisme.

Jean CHABAUD         
président des CVR de la Marne        

Les lauréats

À la demande de Monsieur le préfet,
Élise ZAHI élève de troisième au collège Université de Reims
1er prix départemental 2006
fait la lecture du poème d'Aragon " La rose et le réséda "


LA ROSE ET LE RÉSÉDA

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda

Les lauréats 2006

La participation de lauréates
à la commémoration de l'Appel du 18 juin 1940
au Monument aux morts de à Reims
le 18 juin 2006



Élise ZAHI
élève du Collège Université de Reims
lit l'Appel du 18 juin 1940

Camille RACMON
élève du Collège Léonard de Vinci de Vitry-les-Reims
lit l'Appel à tous les Français d'août 1940

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