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Le musée du Fort de la Pompelle

présenté par Jean-Pierre Husson

Conservateur : Marc BOUXIN

Le site du Fort de la Pompelle

Un haut lieu de la défense de Reims pendant la 1ère guerre mondiale

Le Musée historique

Le 90e anniversaire de l'arrivée du corps expéditionnaire russe en Champagne

Jean Giono au Fort de la Pompelle

 



 

 



Le site du Fort de la Pompelle

   Les vestiges du Fort de la Pompelle se dressent sur le bord la RN 44 à environ 5 kilomètres de Reims en direction de Châlons-en-Champagne, en face du Monument du Souvenir français.érigé au lendemain de la 1ère guerre mondiale, auquel il est relié par un passage souterrain permettant de franchir la route nationale qui les sépare.

Les vestiges du Fort de la Pompelle et le monument du Souvenir français
au lendemain de la 1ère guerre mondiale

La passerelle donnant accès à l'entrée du fort de la Pompelle en 1916

L'entrée du Fort de la Pompelle aujourd'hui

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Un haut-lieu de la défense de Reims pendant la 1ère guerre mondiale

   Le Fort de la Pompelle, construit au début des années 1880 pour compléter la ceinture fortifiée de Reims conçue par le Général SÉRÉ DE RIVIÈRES après la guerre de 1870, est le seul fort qui est resté aux mains des Français durant la 1ère guerre mondiale, assurant la défense de Reims jusqu'à la victoire de 1918.

 

Tombes provisoires dans le secteur du Fort de la Pompelle au lendemain du conflit

La stèle du souvenir
11 novembre 2008
Commémoration du 90e anniversaire de l'Armistice de 1918

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Le Musée historique du Fort de la Pompelle

   Haut-lieu de la guerre 1914-1918, classé monument historique, il abrite un musée où sont présentées des collections d'uniformes, de casques, d'armes, d'ustensiles de la vie quotidienne du soldat, d'objets fabriqués par les soldats pendant leurs loisirs, et de pièces d'artillerie : canon de 75 français, canon de 77 allemand, canon russe de 76,2, crapouillots ( pièces d'artillerie de tranchée ).

Canon russe de 76,2

   Depuis 1971, y est également exposée la collection FRIESE, une collection très importante de coiffures de l'armée impériale allemande.

   En 2008, 93 photos du musée du Fort de la Pompelle réalisées par Dominique MALLAISY, ont été mises en ligne sur la base de photos patrimoniales du site de l'Académie de Reims.

Heures d’ouverture

          - du 1er novembre au 31 mars : de 10 heures à 17 heures
          - du 1er avril au 31 octobre : de 11 heures à 18 heures en semaine
                                                        et de 11 heures à 19 heures le week-end

Fermé le mardi

Fermeture annuelle
du 24 décembre au 6 janvier inclus

Tarifs

- Tarif normal : 4 euros
- Tarif de groupe ( à partir de 20 personnes ) : 3 euros
- Tarifs jeunes ( de 15 à 18 ans ) : 2 euros
- Gratuit : - Pour les enfants jusqu'à 15 ans
                - Pour les étudiants sur présentation de leur carte
                - 
Pour les lycées, les collèges et les écoles primaires du département de la Marne


Bureaux de conservation
du Musée historique
du Fort de la Pompelle
53, rue Simon
5100 REIMS
Tél. 03 26 85 23 36

Fax 03 26 82 07 99

Association de Gestion
du Musée du Fort de la Pompelle
1, Place Museux
51100 REIMS
Tél. 03 26 49 11 85

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Le 90e anniversaire de l'arrivée du
Corps expéditionnaire russe en Champagne
1916-2006

    En 2006, le 90e anniversaire de l'arrivée en Champagne du Corps expéditionnaire russe a été célébré sur le site de la nécropole nationale de Saint-Hilaire le Grand les 3 et 4 juin, à l'occasion du pélerinage annuel, organisé le week-end de la Pentecôte par l'Association du souvenir du corps expéditionnaire russe en France, puis en septembre-octobre au Musée du Fort de la Pompelle où a été présentée une exposition retraçant l'histoire des brigades russes équipées et entraînées au camp de Mailly avant d'être engagées sur le front français dans le secteur de Suippes-Aubérive en 1916 et dans le secteur du Fort de la Pompelle en 1917.

La cérémonie du souvenir au Fort de la Pompelle le 15 septembre 2006

Présentation de l'étendard de la 2e Brigade spéciale russe

L'étendard de la 2e Brigade spéciale russe en 1916

 

Portrait d'un sous-officier
de la 1ère Brigade spéciale russe en 1917

par René DUBUC

En octobre 1916, au Camp de Mailly, le Corps expétionnaire russe défile
devant le général Gouraud, chef de la IVe Armée

Service religieux à la Chapelle orthodoxe du Camp de Mailly
en l'honneur de soldats russe, tués au combat

Au Camp de Mourmelon

 

Un détachement de soldats russes traversent le canal
pour monter en ligne au Fort de la Pompelle

Inhumation d'un soldat russe tué au combat dans le secteur du Fort de la Pompelle

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Jean Giono au Fort de la Pompelle

    En 1920, Jean GIONO a relaté son passage au Fort de la Pompelle, où il a été un temps affecté au cours de la 1ère guerre mondiale, dans une nouvelle intitulée Ivan Ivanovitch Kossiakoff, que l'on retrouve dans Solitude de la pitié, ouvrage édité chez Gallimard dans la collection Folio, et qui rassemble une vingtaine de nouvelles.

   Au début de 1917, GIONO appartenait à la 6e compagnie du 140e régiment, affectée à la signalisation optique et envoyée sur une position de repli de l'autre côté du canal de la Marne à l'Aisne, dans le secteur de Champfleury, lorsqu'il a reçu l'ordre de son capitaine de se rendre au Fort de la Pompelle :

   – C'est toi qui faisais la liaison avec les Anglais au bois des zouaves ?
   – Oui, mon capitaine.
   – Bon, tu iras au fort de la Pompelle avec les Russes pour la signalisation.
   – Je ne sais pas le russe, mon capitaine.
   – Ça peut foutre ?... Au canal on te dira. ( Je me demande s'il veut parler du chemin à suivre ou d'une méthode pour apprendre le russe en cinq minutes. )
   – Bien, mon capitaine.
   – Gunz te relèvera tous les huit jours.
   Le boyau, m'a-t-on dit, monte droit. Il pleut toujours. Pas de fusée. Pas de bruit. Secteur calme.
   Un petit bois de sapins ébranchés. Un obus a éventré la tranchée. Je me hâte, le sac pèse, le fusil s'accroche. Je vais peut-être aller loin comme ça.
   Enfin le fort, des escaliers de terre, puis le fossé. Je respire. Je marche dans l'herbe gonflée d'eau. Un mince rai de lumière décèle la porte.
   Je n'ai pas vu de sentinelles, heureusement ; qu'aurais-je dit ?
   Mais, le vantail poussé, en voici une. Longue capote, calot ; elle est sans arme – ça va – elle me fait signe de m'arrêter.
   – Camarade Rousky, Franzous ( c'est tout ce que je sais de russe ) [...]
     

   GIONO fait la connaissance d'Ivan Ivanovitch KOSSIAKOFF, l'un des deux soldats russes dont il partage la chambrée dans une casemate du fort, et qui l'accompagne au poste de signalisation, « une petite cagna étroite avec des hublots carrés » où , à l'aide d'une lanterne, il communique en morse avec les batteries d'artillerie qui ont pris position de l'autre côté du canal.

    Entre deux alertes, GIONO sort de sa casemate :

   Rêveries d'après-midi sur les pentes du fort. Soleil gris au travers des nuées grises. Dans une tache bleue du ciel des flocons de schrapnels cherchent un taube [ « pigeon » en allemand, nom donné à un avion autrichien ] invisible. Calme plat. Un cycliste, machine en main, passe sans se presser sur la piste du canal. Le petit vent aux dents aiguës danse dans les maigres herbes jaunes. Une phrase de Spinoza me hante : « L'amour c'est l'accroissement de nous-mêmes » [...].

   Malgré la barrière de la langue, GIONO et KOSSIAKOFF communiquent, sortent de leurs porte-feuilles des photographies de leurs familles respectives. Une camaraderie et même une sincère amitié s'instaurent entre les deux hommes, au point que GIONO demande à ne pas être relevé comme prévu par son camarade français GUNZ.

   Et l'amitié, chaque jour, me lie plus étroitement à Kossiakoff [...]
   Avec Kossiakof, nous tenant par la main, nous courons sur les glacis abrités et quand, essoufflé bientôt je m'arrête, il me lève sur ses bras solides et m'emporte comme un gosse malgré mes cris. Nous allons sur le canal pêcher la carpe à la grenade ; à la coopé du moulin nous achetons des confitures, des provisions et nous les mangeons en route avec notre main comme cuiller. Je fume du tabac russe, des cigarettes comme le doigt, roulées dans du papier buvard. Kossiakoff m'a procuré une blouse pareille à la sienne ; il m'appelle Ivan et il tire sur ma pipe sans grande conviction [...]

   Et puis un jour, l'ordre arrive demandant à GIONO de rejoindre sa compagnie à Champfleury, secteur qu'elle doit quitter et qui passe entièrement sous le contrôle de l'artillerie russe. Il dit rapidement adieu à KOSSIAKOFF qui l'accompagne jusqu'au canal, puis ils se quittent pour toujours.

   Kossiakoff me saisit aux épaules, m'embrasse légèrement sur la bouche, puis à grandes enjambées, sans un regard en arrière, il tourne le dépôt des obus et disparaît.
   Abasourdi, seul, vide, j'essaye d'appeler Kossiakoff et le nom s'embourbe dans la gorge [...]
   Ivan Ivanovitch Kossiakoff a été fusillé au camp de Châlons en juillet 1917.

    Ivan Ivanovitch KOSSIAKOFF a fait sans doute partie de ces soldats russes qui ayant eu connaissance de la révolution en Russie et de l'abdication du tsar, se sont mutinés après que leurs unités aient été engagées en avril 1917, au moment de l'offensive Nivelle, dans des combats très meurtriers.

    En 1990, cette nouvelle a inspiré un téléfilm de 60 minutes, Ivan Ivanovitch Kossiakoff, réalisé par Christian RULLIER et Fabrice CAZENEUVE, avec Jacques BONNAFFÉ dans le rôle de GIONO et de Piotr SHIVAK dans le rôle d'Ivan Ivanovitch, film coproduit par Hamster / Antenne 2.

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