C O L L O Q U E
L'avènement de la Ve République : entre nouveauté et tradition
Colloque
de Reims - 5 et 6 octobre 1998
La mémoire de 1958 chez les lycéens de Champagne-Ardenne :
Bilan de l'enquête présenté par Jean-Pierre Husson*
Le questionnaire qui a permis de faire émerger les représentations quont aujourdhui les lycéens de la naissance de la Vème République et de lannée 1958, a été élaboré par François Cochet ( Université de Reims ) et Jean-Pierre Husson ( lycée Clemenceau de Reims ), en concertation avec Madame Dorel-Ferré, inspectrice pédagogique régionale d'histoire-géograhie. Validé par le Comité scientifique du colloque, il a été adressé pendant les vacances de la Toussaint 1997 dans les 15 lycées de Champagne-Ardenne où des profes-seurs d'histoire-géographie s'étaient déclarés volontaires pour participer à l'enquête. à la rentrée des vacances de Toussaint, il a été rempli, sans préparation préalable, au cours d'une séance d'une heure par 1 309 élèves de Terminale et de Première de l'enseignement public et privé des quatre départements de Champagne-Ardenne.
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15 Lycées |
9 Villes |
4 Départements |
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Chanzy
( public ) |
Charleville-Mézières |
Ardennes |
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Clemenceau
( public ) |
Reims |
Marne |
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Chrestien
de Troyes ( public ) |
Troyes |
Aube |
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Diderot
( public ) |
Langres |
Haute-Marne |
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Champagne-Ardenne |
1 309 élèves |
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élèves |
TL |
TES |
TS |
Total Term. |
1° L |
1° ES |
1° S |
1° STT |
Total 1° |
TOTAL T + 1° |
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Garçons |
32 |
62 |
28 |
122 |
56 |
118 |
70 |
8 |
252 |
374 |
28,5% |
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Filles |
190 |
119 |
22 |
331 |
328 |
205 |
46 |
25 |
604 |
935 |
71,5% |
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Total |
222 |
181 |
50 |
453 |
384 |
323 |
116 |
33 |
856 |
1 309 |
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34,6% |
65,4% |
Dans le souci de ne pas désorganiser la progression des enseignants confrontés à des programmes chargés et soumis à la pression de l'épreuve du baccalauréat, nous leur avons proposé de concentrer l'enquête sur les classes de Première d'enseignement général, dans les séries littéraires ( L ) ou économiques et sociales ( ES ) dont l'horaire hebdomadaire d'histoire-géographie est de 4 heures. Voilà pourquoi les élèves de ces classes représentent près des 2/3 des élèves interrogés. Mais nous avons demandé en même temps aux professeurs d'élargir l'enquête, chaque fois que cela leur semblait possible, à la série scientifique ( S ), à des classes de l'enseignement technologique ( STT, sciences et techniques du tertiaire ), et aux classes de Terminale. La concentration de l'enquête sur les classes des séries littéraires, économiques et sociales explique aussi la forte participation des filles, plus nombreuses que les garçons dans ces sections.
Le dépouillement de lenquête a privilégié une approche globale de la mémoire lycéenne, mais quelques sondages ont permis d'avancer l'hypothèse que les écarts selon le sexe, l'origine géographique, la classe, la section suivie restent faibles. Les réponses souvent maladroites, confuses, partielles, incomplètes dans l'exposé des connaissances ont été évaluées en excluant une trop grande rigueur, mais aussi toute complaisance.
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A/ Représentations |
Absence |
Réponses erronées ou trop partielles |
Réponses assez pertinentes |
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A1. Que représente pour vous l'année 1958 dans l'histoire de France ? |
128 9,7% |
260 19,8% |
921 70,3% |
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A2. Qu'a fait le général de Gaulle en 1958 ? |
271 20,7% |
349 26,6% |
689 52,6% |
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A3. A-t-il joué un rôle historique avant 1958 ? |
157 11,9% |
345 26,3% |
807 61,6% |
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A4a. Quel est le rôle du président de la République sous la IVème République de 1946 à 1958 ? |
737 56,3% |
377 28,8% |
195 14,9% |
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A4b. Quel est le rôle du président de la République sous la Vème République depuis 1958 ? |
475 36,2% |
618 47,2% |
216 16,5% |
A1. Plus des 2/3 des élèves interrogés perçoivent, même s'ils l'expriment maladroitement et sommairement, l'année 1958 comme un " tournant ", une année " charnière " de " passage de la IVème à la Vème République ", impliquant un " changement de constitution ".
A2. Plus de la moitié d'entre eux évoquent " l'appel à de Gaulle " en 1958, et / ou " son retour au pouvoir ", et / ou " le fondateur de la Vème République ", et / ou encore " son élection à la présidence de la République ".
A3. Une très forte majorité des élèves reconnaît que de Gaulle a joué un rôle historique avant 1958. Plus de 60% ne se contentent pas de répondre " oui " et évoquent le " général " et " l'appel du 18 juin 1940 ", et / ou le " chef de la Résistance ", le " libérateur ". Ils sont très peu par contre à aller au-delà et à identifier le " chef du gouvernement provisoire ", sa participation " à la conférence de Brazzaville ", " l'auteur du discours de Bayeux ", " le fondateur du Rassemblement du peuple français ", ou encore " l'adversaire résolu de la IVème République ".
A4. S'agissant du rôle du président de la République, une toute petite minorité différencie la IVème et la Vème République, et perçoit le renforcement des pouvoirs du président depuis 1958, parfois en l'exagérant : " Sous la Vème République, le président a tous les pouvoirs Il a un droit de veto ". Une majorité d'élèves ne répondent pas ou disent qu'ils ne savent pas, ou pensent que ce rôle est le même sous les deux Républiques : " Il dirige il représente ". Parmi les élèves qui décrivent assez bien la fonction du président sous la Vème République, beaucoup ne précisent pas que ses pouvoirs sont sensiblement plus importants que ceux du président de la IVème République dont le rôle est souvent ramené à un rôle de reconstruction de l'économie après la 2ème guerre mondiale. Enfin, près d'une centaine d'élèves ont une représentation très dévalorisée du rôle du président de la Vème République, qui va jusqu'à inverser complètement les représentations traditionnelles, un élève allant même jusqu'à affirmer : " Il inaugure les chrysanthèmes ". Cette inversion semble résulter de la perception actuelle qu'ont ces élèves, à travers les médias et leur entourage familial, de la cohabitation Chirac - Jospin issue de la dissolution de 1997 : " Aujourd'hui, le président voyage ... représente la France à l'étranger dans les forums il vend des Airbus et des TGV il s'occupe des affaires internationales il reçoit les chefs d'état étrangers il n'est qu'un symbole il ne fait rien On se demande à quoi il sert Son rôle est illusoire il a moins de pouvoir il est impuissant il a un pouvoir très faible, c'est l'assemblée qui est la plus importante il n'est plus seul à décider ses pouvoirs sont désormais limités il est mis à l'écart il doit partager le pouvoir avec le Premier ministre c'est le Premier ministre qui a le plus de pouvoirs plus de responsabilités qui dirige ".
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Absence de réponse |
Oui |
Non |
Oui et non |
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A5a. Les institutions de la Vème République vous paraissent-elles adaptées aujourd'hui ? |
667 50,9% |
287 21,9% |
283 21,6% |
72 5,5% |
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Réponses non justifiées |
Réponses justifiées |
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A5b. Justifiez votre réponse. |
219 34,1% des élèves qui ont répondu à la question |
423 65,8% des élèves qui ont répondu à la question |
A5. La moitié des élèves interrogés ne se prononcent pas sur l'adaptation des institutions de la Vème République à la France d'aujourd'hui, en précisant parfois qu'il leur est impossible de le faire parce qu'ils ne les connaissent pas. Certains déclarent ne pas comprendre la question et demandent ce que signifie le mot " institutions ", ou encore ajoutent : " Je n'ai pas d'avis Je ne fais pas de politique La politique ne m'intéresse pas ". Il y a à peu près le même nombre d'élèves qui estiment que les institutions de la Vème République sont adaptées et qui estiment le contraire, tandis qu'un petit nombre répond " oui et non ".
Moins des 2/3 des élèves qui ont répondu à la question ont justifié leur réponse.
Les tenants du " oui " se fondent sur la pérennité de la Vème République et le caractère démocratique de ses institutions : " C'est la République qui a le plus duré Elle fonctionne toujours ça marche bien Elle a fait ses preuves C'est un système démocratique Toutes les sensibilités peuvent s'exprimer La France reste le pays des droits de l'homme Les institutions ont su s'adapter elles fonctionnent toujours elles ont été appliquées par les partis de droite et de gauche sinon elles auraient changé C'est équilibré Chacun tient son rôle La Vème République, ce n'est pas si mal en attendant mieux ".
Les justifications des tenants du " non " sont à la fois incisives, tous azimuts, contestataires et bien en prise avec l'actualité, ses dysfonctionnements, ses blocages, ses fantasmes : " Le monde a changé la société a changé les hommes ont changé les mentalités ont changé les besoins ont changé Il faut évoluer On arrive au troisième millénaire La constitution est trop vieille Le mandat du président est trop long Les présidents sont trop vieux ... on devrait mettre au pouvoir des personnes plus jeunes L'absentéisme des parlementaires est un scandale ils sont trop payés Le Sénat ne sert à rien La Vème République est née à l'époque des 30 Glorieuses les institutions sont dépassées par les crises tout est à revoir à cause de la crise Les institutions sont décalées par rapport à la réalité Il y a trop de liens entre les différents pouvoirs Il y a un problème au niveau de la justice le système judiciaire est archaïque la justice est politisée ... Il y a trop d'affaires trop de scandales trop de corruption trop d'inégalités sociales trop de chômage trop de grèves trop d'étrangers pas assez d'écoute du peuple Les décisions ne sont pas appliquées les lois ne sont pas respectées les promesses ne sont pas tenues Il y a trop d'instabilité politique Ce n'est plus le président qui commande, puisque le Premier ministre d'un autre parti commande aussi La cohabitation freine le bon fonctionnement des institutions elle empêche la situation de bouger On passe de la droite à la gauche et le Front national progresse il faut interdire le Front national ... Les politiciens dirigent la France comme une entreprise et non comme un état à quand une prise de conscience des politiques ? ".
La plupart des élèves qui ont répondu " oui et non " n'ont pas justifié leur refus de trancher. Ceux qui l'ont justifié semblent être des tenants du " oui " qui se sont ravisés au moment de justifier leur " oui " et qui l'ont transformé en " oui et non ". Ils constatent que les institutions fonctionnent toujours, mais qu'en même temps il y a de plus en plus de dysfonctionnements, de blocages, d'insuffisances, qui attestent leur incapacité à résoudre les problèmes d'aujourd'hui.
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B/ Les événements |
Absence de réponse |
Réponses erronées ou trop partielles |
Réponses assez pertinentes |
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B6. Que s'est-il passé le 13 mai 1958 ? |
782 59,7% |
453 34,6% |
74 5,6% |
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B7a. La Constitution de la Vème République a été présentée aux Français par le général de Gaulle le 4 septembre 1958. Savez-vous où il l'a présentée ? |
881 67,3% |
368 28,1% |
60 4,5% |
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B7b. Pouvez-vous expliquer le choix de cette date et de ce lieu ? |
1055 80,6% |
215 16,4% |
39 2,9% |
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B8. Comment la Constitution a-t-elle été adoptée le 28 septembre 1958 ? |
780 59,6% |
175 13,3% |
354 27,0% |
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B9a. Qui a été le premier président de la Vème République? |
168 12,8% |
198 15,1% |
943 72,0% |
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B9b. Comment a-t-il été élu? |
363 27,7% |
895 68,3% |
51 3,9% |
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B9c. Quel changement est intervenu en 1962 dans le mode d'élection du président de la République ? |
455 34,7% |
289 22,0% |
565 43,1% |
B6. Très peu d'élèves évoquent de façon spécifique la " crise du 13 mai 1958 " en la reliant aux événements d'Alger présentés comme " un coup de force " ou un " coup d'état " visant à ramener de Gaulle au pouvoir. Certains pensent que cette date correspond au retour effectif et immédiat, " par la force ", du général au pouvoir, ou à son élection à la présidence de la République. D'autres rattachent cette date à la guerre d'Algérie sans autre précision ou en évoquant des événements sans rapport avec le 13 mai 1958 : " Début ou fin de la guerre Manifestations des Algériens à Paris Massacres de Sétif ". D'autres encore confondent " la crise du 13 mai 1958 " avec " les événements de mai 1968 " et parlent " de manifestations étudiantes de révolte des jeunes ".
B7. Moins de 5% des élèves interrogés savent que la Constitution de 1958 a été présentée aux Français à Paris, place de la République. Ils sont un peu plus à citer Paris sans lieu précis et en donnant comme explication le fait que Paris est la capitale de la France, ou bien en évoquant d'autres lieux, lieux de pouvoir ( élysée, Matignon, Palais Bourbon ) ou ayant un rapport avec d'autres moments de l'itinéraire du général de Gaulle ( hôtel de ville, place de la Concorde, place de l'étoile ). D'autres situent l'événement " en Normandie, en souvenir du débarquement ", " à Bayeux ", ou encore " à Alger ". Une cinquantaine pensent que ce fut " à Colombey où de Gaulle est né où il avait une résidence sa famille " ; une vingtaine " à Reims où a été signé l'armistice qui a mis fin à la 2ème guerre mondiale " ( confusion tenace et courante liée aux réminiscences de la 1ère guerre mondiale ) ; une quinzaine " à Vichy " ou encore " à Versailles " ou " à Verdun ". Quelques uns situent cette présentation à l'étranger " en Suisse parce que c'est un pays neutre à Yalta à Rome à Bruxelles " ou dans des lieux où s'est rendu le général en de toutes autres circonstances : " à Londres à la BBC au Québec à Baden-Baden ". Une trentaine d'élèves seulement connaît le double symbolisme du lieu ( statue de la République ) et de la date ( anniversaire de la proclamation de la IIIème République ).
B8. Moins de 30% des élèves interrogés savent que la constitution a été adoptée par référendum, qu'ils orthographient souvent " référundum ". Certains élèves pensent qu'elle a été simplement " adoptée par les ministres " et / ou " par l'Assemblée ", d'autres " par tous les Français à l'unanimité " ou " à la majorité dans l'enthousiasme ", ou " à main levée ", ou " par la force ", ou encore " par sondage "
B9. Si près des 3/4 des élèves savent que c'est le général de Gaulle qui a été le premier président de la Vème République, plus de 10% ( 161 ) affirment que c'est " Pompidou " et une quinzaine " Giscard d'Estaing ". Autres noms cités : " Blum ( 5 ) Pétain ( 1 ) Coty ( 2 ) Auriol ( 1 ) Mitterrand ( 1 ) Barre ( 1 ) Roosevelt ( 1 ) Churchill ( 1 ) ".
Une cinquantaine d'élèves seulement, presque tous doublants de terminale essayent de répondre de façon pertinente à la question concernant l'élection du président de la République en 1958 : " Il a été élu au suffrage indirect par un collège d'électeurs par des grands électeurs par les députés, les sénateurs et des élus locaux ". Aucun élève n'a exprimé clairement le passage, en 1958, dans le cadre dun scrutin qui reste indirect, à un collège encore restreint mais désormais élargi par rapport à celui quavait instauré la Constitution de 1946. Quelques élèves écrivent que de Gaulle est devenu président " par la force ", d'autres " grâce à sa légitimité charismatique ".
Moins de la moitié des élèves interrogés sur le changement intervenu en 1962 dans l'élection du président de la République citent l'adoption du suffrage universel direct. Un certain nombre d'entre eux pensent d'ailleurs que ce mode d'élection a été acquis dès 1958 et que par conséquent il n'y a pas eu de changement en 1962. Les réponses erronées sont très dispersées : les uns disent que le changement entre 1958 et 1962 concerne le passage " du suffrage censitaire au suffrage universel ", ou " du vote à 1 tour au vote à 2 tours ", ou encore " de la majorité relative à la majorité absolue " ; les autres affirment que le changement intervenu en 1962 concerne lavènement du " vote des femmes ", ou du " vote des jeunes à 18 ans", ou encore linstauration du " septennat " ou du " vote à bulletin secret ".
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C/ la transmission de la mémoire |
Absence de réponse |
Réponses |
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C10. Que représente l'année 1958 dans l'histoire de votre famille ? |
728 55,6% |
581 44,3% |
C10. Plus de la moitié des élèves refusent de s'exprimer, parfois en précisant : " C'est trop personnel On n'en parle jamais rarement ". Les réponses de beaucoup d'élèves sont ou bien lapidaires : " L'année 1958 ne représente rien ... presque rien ... pas grand chose On ne fait pas de politique On s'occupe d'aujourd'hui et de l'avenir, le passé ne nous intéresse pas ", ou bien formulées sur un ton léger et attendri : " 1958, c'était l'année de naissance de mon père de ma mère du mariage de mes grands-parents, ou bien " Mon père ma mère avait tel ou tel âge ou n'était pas encore né(e) ", ou " C'était l'enfance de mes parents " ou encore " C'était dix ans avant 1968 ". Quelques réponses sont graves parce qu'elles se rapportent à des souvenirs familiaux douloureux liés à l'immigration ou à la guerre d'Algérie : " Ma famille était plongée en pleine dictature franquiste depuis une vingtaine d'années et mon grand-père est mort dans une prison nationaliste C'est l'année de l'arrivée en France de ma famille maternelle d'origine espagnole Mes grands parents pieds noirs ont dû quitter l'Algérie Mon grand-père a été tué en Algérie par des soldats français avec d'autres familles Mon père mon oncle est parti ... a été rappelé en Algérie Ma famille, famille de militaires, n'a pas apprécié que de Gaulle soit au pouvoir Des membres de ma famille sont morts en Algérie ". Quelques enfants issus de familles d'immigrés répondent : " L'année 1958 ne correspond à rien dans ma famille, car mes parents sont étrangers Cela ne nous concerne pas ". Quelques élèves précisent qu'ils appartiennent à une famille de sensibilité gaulliste qui considère l'année 1958 comme " le début d'une ère nouvelle de changement de renouveau ". D'autres au contraire affichent leur appartenance à des familles antigaullistes : " Issu d'une famille prolétarienne, les vertus et les actions gaullistes dans l'histoire de ma famille ont toujours été récriées ; cependant, étant donné que le gaullisme a occupé et occupe une grande partie de l'histoire de France, ma famille m'a transmis sa mémoire, tout de même ; il faut connaître ce que l'on combat ".
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Absence de réponse |
Plutôt par l'école |
Plutôt par votre famille |
Par les deux |
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C11. Ce que vous savez du général de Gaulle et de la Vème République vous a-t-il été transmis plutôt par l'école ou plutôt par votre famille ? |
154 11,7% |
886 67,6% |
147 11,2% |
122 9,3% |
C11. Plus des 2/3 des élèves interrogés affirment que ce qu'ils savent du général de Gaulle et de la Vème République leur a été transmis par l'école et à peine plus de 10% par leur famille. Plus d'une centaine d'entre eux ont refusé de trancher et ont répondu " par l'école et par la famille ", quelques uns ajoutant " et aussi par la télévision par les médias ".
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Absence de réponse |
En éducation civique à l'école primaire |
En 3ème au collège |
En terminale au lycée * |
Autres réponses ( en 6ème, 5ème, 4ème, seconde, 1ère) |
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C12. à l'école ou au collège, dans quelle classe vous rappelez-vous avoir étudié l'année 1958 et la Vème République ? |
152 11,6% |
52 3,9% |
958 73,1% |
94 7,2% |
111 8,4% |
* Il s'agit soit d'élèves de terminale qui sont des doublants et qui déclarent avoir étudié l'année 1958 et la Vème République au cours de leur première année de terminale, soit des élèves qui annoncent qu'ils vont les étudier dans l'année scolaire en cours.
Le total des pourcentages dépasse 100 parce que des élèves ont donné plusieurs réponses ( par exemple à l'école primaire et en 3ème au collège ).
C12. Près des 3/4 des élèves déclarent avoir étudié l'année 1958 et la Vème République au collège en classe de troisième. Mais en même temps ils sont nombreux à assortir leur réponse de restrictions exprimées de différentes façons : " On les a étudiées un peu très peu je crois peut-être vaguement rapidement en fin d'année pour le brevet Le professeur a distribué des polycopiés heureusement que ce n'est pas tombé au brevet mais je ne me souviens plus de rien je ne me rappelle plus c'est loin " ou en précisant : " De Gaulle on l'a plutôt étudié au sujet de la 2ème guerre mondiale ". Quelques élèves affirment qu'ils ne les ont " jamais " étudiées " dans aucune classe ", parce que " les programmes sont trop chargés on n'a pas eu le temps " et que par conséquent " ils ne savent rien " et qu'" il y a un problème Pourtant cela nous concerne ". Les élèves qui déclarent les avoir étudiées en terminale sont en majorité des doublants qui précisent d'ailleurs : " On les a étudiées l'année dernière ", et aussi les élèves d'une classe dont le professeur a cru bien faire dans la perspective de l'enquête d'anticiper dans sa progression annuelle l'étude de la France depuis 1945 généralement abordée seulement au second trimestre. D'une façon générale, ce sont ces élèves qui ont été les plus pertinents dans les réponses aux questions cognitives de l'enquête.
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Absence de réponse |
Vos parents |
Vos grands-parents |
D'autres membres de votre famille * |
Réponses multiples ** |
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C13. Dans votre famille, qui vous en parlé le plus et à quelle occasion ? Vos parents ? Vos grands-parents ? D'autres membres de votre famille ? |
529 40,4% |
275 21,0% |
286 21,8% |
56 4,2% |
163 12,4% |
* Arrière
grand-parent, grand- oncle, oncle, tante, frère, sur.
** élèves qui ont transformé la question posée " Qui vous
en a parlé le plus ? " en " Qui vous en a parlé ? "
tout court, et qui ont répondu " parents et grands-parents "
ou " parents et autres " ou " grands-parents
et autres ", ou encore " parents et grands-parents
et autres ".
C13. Le souvenir de 1958 et de la naissance de la Vème République se transmet au sein de la famille d'abord par les parents ou les grands parents, à part à peu près égale, mais beaucoup d'élèves accompagnent leur réponse d'une restriction : " Ils nous en ont parlé un peu vaguement parfois ". Il se transmet aussi par les frères et surs " quand ils les ont étudiés en terminale lorsqu'ils révisaient leur bac ". Les parents en parlent le plus souvent à l'occasion d'émissions de télévision ( documentaires historiques, débats politiques, campagnes et soirées électorales en particulier les élections présidentielles de 1995, commémorations, émissions sur l'Algérie ), ou en faisant réviser leurs enfants. Les grands parents, les oncles et tantes s'expriment souvent à l'occasion de repas de famille. S'agissant plus précisément du général de Gaulle, ce dont se souviennent le plus les élèves, c'est ce que qu'on leur a transmis sur le général de la 2ème guerre mondiale et le chef de la Résistance, plutôt que sur le fondateur de la Vème République et son président de 1958 à 1969.
Pour les élèves de l'Aube et de la Haute-Marne, la proximité de Colombey-les-deux-églises et de son immense mémorial en forme de Croix de Lorraine est souvent évoquée, à travers des témoignages personnels : " Mon père petit a été embrassé par le général de Gaulle Mon père mon grand-père a serré la main du général Mon père a vu passer le général qui se rendait à Colombey " ; ou à l'occasion de " visites à la Boisserie ", ou encore par référence à l'anniversaire de la mort du général qui donne lieu chaque année à un reportage sur FR3 Champagne-Ardenne.
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Absence de réponse |
Nombre de réponses |
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C14. Comment les médias ( journaux, radios, télévision, CD-ROM ) parlent-ils de cette période aujourd'hui ? |
658 50,2% |
651 49,7% |
C14. Sur la façon dont les médias parlent aujourd'hui de l'année 1958 et de la naissance de la Vème République, la moitié des élèves interrogés ne répondent pas à la question ou déclarent que " les médias n'en parlent pas jamais rarement un peu ". Certains élèves, par provocation ou simplement par franchise, affirment : " Je ne lis pas les journaux, je n'écoute pas la radio, je ne regarde pas la télévision et je n'ai pas d'ordinateur ", ou bien " Je ne lis que des BD j'écoute NRJ, pas France Culture Peut-être qu'Arte en parle à minuit ou une heure du matin ". Les réponses de l'autre moitié sont très dispersées et exprimées de façon lapidaire : " Les médias en parlent mal pas assez ils s'intéressent plutôt à l'actualité " ; ou au contraire " Ils en parlent avec nostalgie comme de l'âge d'or des 30 Glorieuses comme d'un passé aujourd'hui révolu comme une période importante de grands changements une période de transition ". S'agissant du général de Gaulle " les médias en parlent avec admiration respectueusement de façon élogieuse " ; mais c'est aussi " une période tragique " à cause de l'Algérie évoquée à l'occasion du " procès Papon " et " des Algériens jetés dans la Seine ". Enfin, " ils en parlent à l'occasion de commémorations de l'anniversaire de la mort du général de Gaulle " et " à l'occasion des élections présidentielles ". Les documentaires historiques à la télévision sont peu évoqués. Quelques élèves font allusion à La 5 et à Arte ; cinq seulement parlent de CD-ROM sans citer un titre précis.
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Absence de réponse |
Nombre de réponses |
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C15a. Quelqu'un qui l'aurait vécue, vous a-t-il déjà parlé de la guerre d'Algérie ? |
841 64,2% |
468 35,7% |
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C15b. Comment évoque-t-il à cette occasion le général de Gaulle et la naissance de la Vème République ? |
1 083 82,7% |
226 17,2% |
C15. La guerre d'Algérie, sans être véritablement un tabou reste un sujet que l'on a du mal à évoquer. Beaucoup d'élèves déclarent que leur grand-père ou leur père ou leur oncle l'a faite, mais qu'ils ne leur en ont jamais parlé ou qu'ils refusent d'en parler : " Il y a un fossé entre ces générations et la nôtre, le manque de communication est notable, chacun doit aller l'un vers l'autre ". D'autres ne semblent pas avoir bien compris la question " Quelqu'un qui l'aurait vécue vous a-t-il déjà parlé de la guerre d'Algérie ? " et l'ont transformée en " Quelqu'un vous a-t-il déjà parlé de la guerre d'Algérie ? ".
Au sein des familles, ce sont essentiellement les hommes qui en parlent à l'exception de quelques grands-mères ou tantes d'origine pied noir. C'est la génération des grands-pères et des grands-oncles, voire des arrière-grands-pères qui en parlent le plus. Au niveau de la génération des parents, les oncles en parlent plus que les pères, comme si c'était plus facile d'en parler à ses neveux et nièces qu'à ses propres enfants. Sont parfois cités également l'ami du grand-père, de l'oncle, du père qui l'a faite, l'instituteur ou le professeur de collège ancien appelé en Algérie, ou encore le voisin harki ou pied noir qui l'a vécue.
L'évocation de cette guerre fait resurgir des souvenirs pénibles, douloureux et des haines tenaces, en particulier dans les familles de pieds noirs, de harkis ou d'immigrés algériens : " Mon grand-père parle de son copain blessé de son copain tué Mes arrières-grands-parents sont morts lors de la guerre d'Algérie, ainsi que deux tantes Ils sont morts là-bas Ils font encore des cauchemars Ils parlent des massacres des attentats des tortures Vous les avez tués salauds de Français Mon oncle est devenu raciste à cause de cette guerre Mes parents pensent que les problèmes sont provoqués par les Algériens qui sont venus en France Ils ont voulu leur indépendance, qu'ils la gardent ".
Quant à la question concernant le général de Gaulle et la guerre d'Algérie, il y a deux types de réponses qui se répartissent de façon à peu près égale : celles qui condamnent et celles qui au contraire approuvent la politique algérienne du général.
Les réponses
qui rejettent la politique algérienne du général émanent :
- soit de familles de pieds noirs qui se considèrent
comme " des victimes
laissées pour compte
trahies, abandonnées
par de Gaulle " : " Ma famille étant pied noir,
n'apprécie pas trop le général
il a commis de graves erreurs
il
avait dit " Je vous ai compris "
il n'a pas tenu
parole
il a déclaré " Sils veulent leur indépendance,
qu'ils la prennent "
c'est une trahison
il a donné l'Algérie
aux Arabes " ;
- soit de familles de harkis qui se sentent encore
plus " trahies et abandonnées " : " Mes grands
parents ont tué pour vous
ont été tués pour vous
c'est une guerre
qui n'a servi à rien .. on a tout perdu " ;
- soit de gaullistes qui acceptent et respectent le
fondateur de la Vème République, mais rejettent sa politique algérienne : " De
Gaulle est un grand homme mais qui n'a pas eu toujours une attitude juste et
claire vis à vis de l'Algérie
La naissance de la Vème République
est une bonne chose, mais il s'est trompé pour l'Algérie ".
- dautres encore, sans faire référence à une
origine pied noir ou harki, considèrent que de Gaulle est responsable des problèmes
actuels liés à l'immigration : " Il a fait venir en France
des Algériens pour travailler et aujourd'hui tout le monde se plaint qu'il y
en a trop ".
Les réponses
qui jugent positive la politique algérienne du général de Gaulle émanent surtout :
- soit de familles de sensibilité gaulliste qui affirment
leur fidélité " au grand homme
au sauveur de la France ",
certains allant même jusquà comparer de Gaulle et ceux qui lui ont succédé : " Dommage
que les hommes politiques d'aujourd'hui ne soient pas de la même trempe " ;
- soit de familles issues de l'immigration algérienne
qui voient en de Gaulle celui qui a mené le processus de lindépendance
à son terme : " Mes parents algériens étaient d'accord avec
le général de Gaulle qui voulait l'indépendance de l'Algérie
L'Algérie
est à nous pas aux Français
Vous avez voulu quelque chose qui ne vous
appartenait pas ".
Au terme de cette enquête, se dégagent quelques éléments sur la façon dont se transmettent par l'école, par la famille ou par les médias, la connaissance de l'année 1958, des origines de la Vème République, de ses institutions, et les facteurs de mémorisation de cette période de notre histoire nationale par les générations successives.
Certes sur le plan strictement cognitif, le bilan de cette enquête peut sembler très décevant et nous interpelle sur l'efficacité de l'enseignement de l'histoire et de l'éducation civique, et sur sa capacité à vaincre les idées reçues véhiculées par les médias auprès de lycéens dont la très grande majorité reconnaît que l'école reste le principal moyen de transmission des connaissances. De nombreux élèves sont conscients de leur ignorance, s'excusent, regrettent : " Désolée j'ai honte d'avoir tant de lacunes Je vous demande pardon Je ne sais pas Je ne sais rien Je n'en ai aucune idée Je ne me souviens pas On va étudier cela cette année en terminale Les écoles françaises ne fournissent des cours d'éducation civique que pendant quelques années et les cours d'histoire sont trop succincts pour nous apprendre réellement quelque chose ". Très peu d'élèves affirment que " la naissance de la Vème République n'intéresse pas les jeunes ", ou tentent de masquer leur ignorance et tournent l'enquête en dérision, réclamant le droit à un " joker " ou faisant appel à internet " www.jesaispas.fr " !!! ou encore déclarant qu'ils auraient préféré qu'on les interroge sur les clubs de football : " Au moins vous auriez eu des réponses ".
Cependant, plus que les lacunes en terme de connaissances, ce qui semble peut-être le plus préoccupant, c'est l'imprécision, la confusion du vocabulaire spécifique, ou l'utilisation par les élèves d'un vocabulaire qu'ils ne maîtrisent pas. Beaucoup déclarent ne pas comprendre ce que recouvre la notion d'" institutions ", confondent les différents suffrages et modes de scrutin ( suffrages censitaire, restreint, universel masculin ; vote des femmes ; vote des jeunes ; suffrages direct et indirect ; scrutins majoritaire à 2 tours et proportionnel à 1 tour " ), et ne savent pas différencier " référendum " et " plébiscite ", " pouvoir exécutif " et " pouvoir législatif ", " élection ", " nomination " et " investiture ".
Au niveau du processus de mémorisation, on peut constater tout au long de l'enquête une très forte prégnance d'une part de la 2ème guerre mondiale et d'autre part de la guerre d'Algérie, périodes de notre histoire davantage ancrées dans la mémoire que les origines mêmes de la Vème République, ou la nature et l'évolution des institutions mises en place en 1958. La 2ème guerre mondiale ne resurgit pas seulement directement dans la question concernant le rôle historique joué par de Gaulle avant 1958, mais aussi dans les questions concernant les connaissances et la mémoire de 1958 transmises par l'école, la famille ou les médias, car dès qu'il est question du général de Gaulle, le dérapage est fréquent. Même si le mythe gaulliste et communiste d'une résistance héroïque de masse s'est bien estompé depuis les années 1960, le souvenir de la 2ème guerre mondiale reste un élément important, toujours prêt à se réveiller, de la transmission de la mémoire entre générations. La guerre d'Algérie est elle aussi directement ou indirectement présente tout au long de l'enquête, mais avec plus de retenue, de façon plus contrastée, souvent contradictoire ou polémique, et toujours en rapport avec des souvenirs douloureux. L'intérêt, la curiosité des élèves d'aujourd'hui semblent se déplacer de la 2ème guerre mondiale amplement et constamment évoquée par les médias et le cinéma, et qui ne semble plus être pour eux un objet de controverse, vers la guerre d'Algérie qu'ils connaissent moins, mais qui les interpellent sans doute davantage au fur et à mesure qu'ils en découvrent les implications.
Cette enquête me semble enfin fournir une nouvelle fois l'occasion de mesurer en ce 40ème anniversaire de la naissance de la Vème République, la difficulté et les enjeux de la formation à la citoyenneté, éternel serpent de mer, et de l'enseignement du temps présent dont l'introduction dans nos programmes scolaires au début des années 1960, avait suscité tant d'oppositions et de polémiques chez les enseignants eux-mêmes. Dans ces domaines où nous avons incontestablement progressé, il reste encore beaucoup à faire.
* NDLR. Jean-Pierre HUSSON, docteur en histoire, est professeur agrégé au lycée Clemenceau et responsable de service éducatif au Rectorat de l'Académie de Reims. Sa thèse de doctorat La Marne et les Marnais à l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale, publiée en 1995, vient d'être rééditée aux Presses universitaires de Reims. Il a travaillé aux côtés de Catherine Dhérent, conservateur du Patrimoine, à la préparation de l'exposition des Archives nationales D'une République à l'autre : l'avènement de la Vème République et a réalisé l'exposition itinérante 1958, République nouvelle, République de toujours destinée au public scolaire.

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. n°16 , 1998.
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