classe patrimoine : l'industrie en Ardenne du Nord à travers le patrimoine industriel
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p    a    t    r     i     m     o      i     n     e

  CLASSE PATRIMOINE : l’industrialisation en Ardenne du nord à travers le patrimoine industriel

 

Par Fabricia Valeriani, collège Jules Ferry, Bogny-sur-Meuse

 

   La classe patrimoine du collège Jules Ferry de Bogny-Sur-Meuse est née à la suite d’une formation locale dans le cadre de la MAFPEN sur l’industrialisation en Ardenne du Nord. M. COLINET a bien voulu être le parrain de cette classe patrimoine menée à l’initiative de Mme Valériani, professeur d’histoire-géographie ; aidée par M. Laquay, professeur de Sciences de la Vie et de la terre et de Melle Charpentrat, documentaliste


les objectifs

 

    Étudier les vestiges encore visibles aujourd’hui des différentes formes d’industrialisation de notre région.
   Trois sites ont été choisis :

- Le site métallurgique de la Grosse Boutique, l’une des plus grandes boulonneries d’Europe au XIXème siècle, qui se trouvait à l’endroit même du collège.

- Les bâtiments textiles à Sedan (Dijonval et parcours urbain).

- Les villes ardoisières de Haybes, Fumay et Rimogne.

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les conditions

 

   Une demande d’aide de classe culturelle (Domaine Patrimoine) a reçu un avis favorable de l’I.A., du Rectorat et de la DRAC. Une subvention de 10 000 F a été accordée. La classe patrimoine a fonctionné toute l’année scolaire 97-98 à raison de 2 heures hebdomadaires (hors temps scolaire). 13 élèves étaient volontaires pour cette classe patrimoine.
    Les intervenants extérieurs : M. Colinet R., M. Bigorgne D., M. Renard A., professeurs d’histoire-géographie, et M. Lassaux B., CPE. Tous ces intervenants sont spécialisés dans le domaine patrimonial. M. Caniard P., responsable du musée de la Métallurgie de Bogny-sur-Meuse ; MM. Baudoin, Boisseaux, Warnier, Wiart, anciens métallurgistes à la Grosse Boutique. M. Cousin, chef d’entreprise à la retraite.

I. Le site de la Grosse Boutique dans le vallon de Bogny-Braux (4 demi-journées : 2 sur le terrain et 2 en classe).

 

Intervention de M. Colinet et de M. Bigorgne :
    Sur le terrain : parcours et étude des vestiges encore visibles de la boulonnerie : château des patrons, la porte Joseph et Maré, fondateurs de l’entreprise, les cités ouvrières, la crèche, le cimetière, la boulangerie coopérative, les magasins généraux, l’emplacement des bains-douches détruits aujourd’hui. Visite du château Marcadet où il reste encore six remarquables vitraux retraçant l’histoire de la métallurgie. Ils mériteraient d’être mis en valeur.

    En classe : l’industrialisation à Bogny-Braux : un vallon façonné par la boulonnerie, la boulonnerie succède à la clouterie. Parallèllement étude de textes littéraires : extraits de Macajotte de J.P. Vaillant qui racontent la vie du cloutier, extraits de Le Fer et la Forêt de J. Rogissart qui décrivent la boutique du cloutier et la célèbre roue à chien.

HISTORIQUE DE LA GROSSE BOUTIQUE de son origine à sa fermeture (1845-1953). L’étude de la généalogie des familles met en évidence :

    - l’origine sociale des patrons : de simples cloutiers deviennent les patrons d’une des plus grandes boulonneries d’Europe (2200 salariés à la veille de la 1ère guerre mondiale)

    - les stratégies matrimoniales,

    - l’ascension impressionnante de ces familles de la métallurgie ardennaise (ascension politique : A. Maré devient maire puis conseiller général de Château-Regnault, ascension sociale en trois générations, cette famille s’est hissée au niveau de l’élite des patrons).

ETUDE SUR PLAN DES BÂTIMENTS DE LA GROSSE BOUTIQUE :

L'entreprise se compose d'une foule de bâtiments sans homogénéité. Les différents bâtiments sont désignés sous des noms dont l'origine du choix reste inconnue : l'Atelier Woode, Versailles, Vatican, Amérique.

 LA GROSSE BOUTIQUE L’ASPECT SOCIAL :

    - les conditions de vie des boulonniers au XIXème siècle : salaires, travail, horaire, cadences.

    - les lieux d’habitation : la Cité de l’Échelle très caractéristique, la Rubrique, la Cité des quatre groupes

    - les divertissements et lieux de sociabilité : les jardins ouvriers, le cabaret, les jeux de quille.

    - la première grande grève dans les Ardennes : la grève de 1885 suite au refus des patrons Joseph et Maré d’employer des ouvriers      syndiqués, première rencontre avec les idées socialistes : venue de J.B Clément à Bogny Braux.

    - les réalisations ouvrières : le mouvement coopératif (boulangerie et épiceries) les bourses du travail

    - l’engagement politique de certains ouvriers : Jules Guillemin Cosson se présente aux élections législatives du 4 octobre 1885 sur la liste de la Fédération des Travailleurs Socialistes.

    - le paternalisme : construction des cités ouvrières pour maintenir les ouvriers sur place et de la crèche où les ouvrières déposaient leurs enfants avant d’aller travailler.

II. Le site industriel du Dijonval et les bâtiments textiles à Sedan (2 demi-journées, 1 en classe, 1 sur le terrain).

 

Intervention de M. B. Lassaux :
    En classe : historique de la manufacture du Dijonval, étude de la structure du bâtiment (il ressemble plus à un château qu’à une usine) des différentes unités de travail, et des méthodes de fabrication de draps fins. - la condition ouvrière dans le textile : durée et pénibilité du travail, réglements d’usine sévères, travail des enfants et des femmes nécessaire. Comparaison avec les ouvriers métallurgistes : conditions de vie identiques, une seule différence apparaît, la rencontre avec les idées socialistes s’est faite plus précocément à la Grosse Boutique que dans le textile Sedanais.

    Sur le terrain : M. Renard et M. Lassaux ont proposé un remarquable parcours urbain à tra vers le vieux Sedan sur les bâtiments textiles encore visibles aujourd’hui. Un livret remis aux élèves comporte l’étude de six bâtiments y compris celui du Dijonval. Il permet de localiser les "maisons textiles", de les décrire à l’aide de questions pertinentes. L’étude sur le terrain du Dijonval est venue concrétiser le travail en classe et a permis de poser la question de la sauvegarde du patrimoine.

III. Les villes ardoisières de Haybes, Fumay et Rimogne : la classe patrimoine à Haybes au Centre de Loisirs et d'Initiation Permanents (CLIP).

    Durant une semaine, la classe patrimoine s’est sensibilisée d’une part à la géologie de la région (programme de SVT de 4ème), ce qui a permis de comprendre la formation des roches locales avec visite d’affleurement schisteux, étude de cartes topographiques et géologiques. D’autre part, sous la conduite d’un animateur, les élèves ont été initiés au travail de l’ardoise par les visites de mines de schiste à Haybes et à Fumay et des musées à Haybes et Rimogne. Ils retracent de manière pédagogique les techniques d’extraction et de façonnage de l’ardoise. L’utilisation du schiste dans les toitures, pavage, clôture, marches, pierres tombales et ardoises d’écolier a été observée dans les villes visitées ainsi que les Verdous ou Verdaux, amas de déchets schisteux. Les dures conditions de vie et de travail des ouvriers ont été évoquées et comparées à celle des travailleurs de la métallurgie et du textile. Ce séjour a été un temps fort pour les élèves et il est venu clore toute une année de travail et de recherches.

IV. Autres actions menées dans le cadre de la classe patrimoine :

- Interview d’anciens métallurgistes ayant travaillé à la Grosse Boutique des années trente à cinquante. Ces témoignages constituant une mémoire orale importante seront exploités de manière plus technique en 1998-1999. C’est avec beaucoup d’émotion et de nostalgie que ces ouvriers retracent leur vie au sein de l’entreprise.
- Voyage au centre minier de Lewarde et à l’écomusée de Fourmies.

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aboutissements

 

   Exposition du travail de l’année présenté le vendredi 12 juin 1998 à l’Hôtel de Ville de Bogny-Sur-Meuse. Tous les intervenants étaient présents ainsi que Madame Philippot, représentant Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Madame Charlier-Rossbach, représentant Madame Dorel-Ferré, IPR-IA d’histoire-géographie, Monsieur Pesché, représentant Monsieur le Maire de Bogny-sur-Meuse, Madame Dubacq, Principal du Collège Jules Ferry. Les élèves ont présenté de manière très vivante les panneaux réalisés.

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prolongements (année scolaire 1998-1999)

- Aboutir à l’élaboration de panneaux pédagogiques afin de réaliser un parcours urbain "Sur les traces de la Grosse Boutique".
- Étudier le patrimoine architectural des différents monuments sociaux qui composent ce parcours avec un élargissement aux autres monuments patrimoniaux (église - hôtel de ville).

- Réaliser une cassette vidéo à partir de la mémoire orale recueillie durant l’année 1997-1998 sur les anciens métallurgistes qui ont travaillé à la Grosse Boutique.

  © Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°16, 1998.

 

                                          wpe8.jpg (3145 octets)

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