p o u r n o s c l a s s e s
LES PARCOURS DIVERSIFIÉS EN CLASSE DE 5ème
Par Bernadette Fifis , collège, François Legros, Reims
Lors
de la réunion annuelle des conseillers pédagogiques, 19 enseignants de 5ème
ont consacré deux heures à une confrontation de leurs expériences sur le thème
des parcours diversifiés en classe 5ème.
11 collègues sur 19 se sont lancés dans cette expérience.
Trois d'entre eux prennent les heures de parcours diversifié sur leurs heures
d'enseignement. Dans un cas, un après-midi par mois est banalisé, sans que ce
soit toujours le même jour de la semaine, l'activité étant bénévole de la part
des professeurs. Les autres disposent d'un volume horaire très variable : de
1 heure par mois à 2 heures par semaine.
Voici les idées directrices qui se sont dégagées de cette réunion.
I les modalités de mise en uvre
a. Composition des groupes : variable, de 10 élèves à une classe entière, à savoir environ 25 élèves. Dans la plupart des cas, le groupe-classe éclate du fait de l'aspect optionnel ; cela nécessite la banalisation d'une plage de temps à l'échelle de la totalité des classes concernées.
b. Interdisciplinarité : on la pratique dans la moitié des cas, surtout avec les professeurs de Français et d'EPS, dans un cas avec la Biologie (SVT). Dans les cas où les parcours diversifiés sont restés dans le cadre disciplinaire, les professeurs jugent l'interdisciplinarité possible ou souhaitable pour l'an prochain.
c. Évaluation : dans trois cas il y a évaluation chiffrée et intégrée à la moyenne ; deux cas d'évaluation non intégrée à la moyenne ; dans un cas, les parcours diversifiés apparaissent sur le bulletin trimestriel comme une matière autonome. Partout réalisation de dossiers, expositions, productions de toutes sortes, dont les meilleures sont parfois récompensées (par des places de cinéma gratuites par exemple).
II. intitulés et objectifs
a. Une grande diversité de choix.
Les élèves se sont vu proposer des travaux et réflexions sur "Le mineur et la Loi", "le chocolat", "le film de fiction", "la carte", "la presse", "l'éducation au développement"... Plusieurs autres projets concernent la découverte du milieu local et l'appropriation de l'espace urbain (à l'échelle du quartier ou de la ville entière).
b. Les objectifs.
Tous les collègues ont été sensibles à l'argumentation du B.O. du 15/01/1998 ; ils l'avaient même devancée, puisque la mise en place des projets est antérieure à cette date. Leur but principal est de mettre les élèves en situation de réussite, en leur proposant des activités et des méthodes peu explorées par la pratique traditionnelle de la classe. On tente de stimuler leur créativité tant par la production autonome que par le travail de groupe. On met l'accent sur la nécessité d'élaborer des documents et on insiste donc sur la mise en forme concrète et transmissible des savoirs que les élèves se sont appropriés.
A travers l'extrême hétérogénéité des thèmes, quelques objectifs communs se dessinent : recherche de thèmes fédérateurs qui admettent des approches civiques, historiques, spatiales, patrimoniales ou économiques. Certains débouchent à l'occasion sur une éducation à l'orientation.
Il est intéressant de remarquer une convergence vers l'ouverture sur le monde extérieur : 10 des 11 thèmes choisis impliquent des sorties. Concrètement, cela pose d'ailleurs le problème du financement : parents, FSE, crédits accordés par la mairie...
Le 2 février est certes une date trop précoce pour dresser un bilan ; toutefois certains éléments se dégagent déjà. La mise en place des parcours est un travail lourd, mais dont la majorité des collègues se félicitent déjà, ayant constaté que, pour certains élèves, c'était une occasion de valorisation, de mise sur les rails, voir de déblocage d'une situation figée.
Parmi les 9 collègues qui n'ont pas fait de parcours diversifié cette année, certains ont déclaré vouloir se lancer dans cette initiative l'an prochain. Les 19 collègues présents ont insisté sur le rôle de l'administration dans cette affaire : elle peut en être le moteur ou au contraire représenter un frein puissant. Enfin, tous les participants constatent l'aspect très flou des consignes données par les I.O. sur les modalités d'application. Certains le déplorent, les autres y voient une plage de liberté.

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°16, 1998
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