Editorial - Bulletin n°29-30

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EDITORIAL

Puisqu'il s'agit du dernier éditorial qui doit porter ma signature, on me pardonnera de faire ici une rétrospective, et de reprendre quelques idées qui ont sous-tendu le travail accompli ces derniers quatorze ans, conjointement avec les équipes académiques et les chargés de mission.

Et d'abord cette affirmation qui nous paraît si évidente à nous, gens de terrain, mais qu'il est peut-être nécessaire de rappeler : ce qui se passe dans une classe ne peut se mettre en équations ni en recettes. Pour nous, la composante humaine du métier d'enseignant, ce subtil assemblage de savoir et de savoir-faire relève, comme le secret des grands parfums, de la plus savante et de la plus mystérieuse des combinaisons. Comme telle, elle est irremplaçable. La science, fût-elle de l'éducation, n'y peut rien.

Ensuite cette autre idée, qui nous est chère, et qui découle de ce qui précède : l'enseignant ne peut se réduire à être un simple technicien de la chose pédagogique. Il est, bien au contraire, le passeur d'idées, celui qui fait le lien entre le savoir savant et le savoir enseigné. C'est pourquoi j'ai entraîné nombre d'entre vous dans des actions habituellement confiées à des universitaires (colloques, publications). Le succès qui a couronné ces initiatives a montré que nous étions dans la bonne voie.

Il était alors évident que les formes de contrôle habituelles n'étaient plus suffisantes pour rendre compte de votre réflexion, de votre cheminement, de vos attentes. C'est pourquoi j'ai mis l'accent sur des actions d'animation qui ont fait de cette Académie la première en France en nombre de journées et en nombre de participants. Ce « remue-méninges » vous avait surpris au début, puis vous y aviez pris goût. Nous traitions des problèmes de pédagogie en « direct », et nous avons pu ainsi, tous, prendre connaissance au même moment et de la même façon, des nouveaux programmes et des nouveaux examens. Nous avons échangé librement, sans « langue de bois » et dans le respect mutuel. Ces moments restent pour moi de ceux où j'ai le plus appris, dans une ambiance de confiance et d'amitié.

Ce bulletin avait alors tout son sens : il nous a permis de rendre compte, bien qu'imparfaitement, de ce que les quatre murs d'une classe renferment de richesses et d'innovations ; nous avons rassemblé les conclusions des travaux de stage, de nos journées d'animation. Nous avons largement ouvert les « colonnes » à l'innovation : l'Euro (bien avant tout le monde), l'Europe, le patrimoine, les travaux de recherche des uns et des autres, dans le cadre de nos champs disciplinaires. A plusieurs reprises, nous avons parlé des services éducatifs des bibliothèques, archives et musées, dont l'impact, du fait des activités pluridisciplinaires, va grandissant de jour en jour. Ce dernier numéro, tout particulièrement leur fait une place, et met l'accent sur l'œuvre considérable accomplie par les collègues dans ce cadre.

Il est bon, de temps en temps, de faire le point, de mesurer le chemin parcouru, de prévoir la suite. En feuilletant les 30 numéros de ce bulletin on s'en rend aisément compte. D'abord fabrication artisanale, publiée avec difficulté et grâce à la complaisance des CDDP, le bulletin modernisé, publié par le CRDP, mis en ligne par le DATICE, est devenu une référence bien au delà des limites de l'Académie. Il est, et il restera, sans aucun doute, le reflet foisonnant et fidèle de votre action. Pour moi, qui vous ai accompagné tout ce temps avec joie et ferveur, il est temps de vous dire au revoir et de passer le témoin.

Gracia Dorel-Ferré

 

© Bulletin de Liaison des Professeurs d'Histoire-Géographie de l'Académie de Reims. N°29-30, 2003.

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