|
|
Musée
d'Art et d'Histoire de Langres
par Jean-Pierre Maréchal
La Mosaïque de Bacchus a été mise au jour en 1985 lors des fouilles archéologiques qui ont précédé la construction du musée. Elle a été restaurée par l'Atelier Interdépartemental de restauration de mosaïques de Saint-Romain-en-Gal dans le Rhône et replacée pratiquement à la place de sa découverte.
Cette mosaïque présente des intérêts artistiques, archéologiques et muséographiques qui en font une uvre majeure du Musée d'Art et d'Histoire de Langres et un document permettant une riche réflexion pédagogique.
Que représente-t-elle ?
La Mosaïque de Bacchus est un pavement à décor multiple, elle est la plus grande, la plus riche et la mieux conservée des mosaïques polychromes découvertes à Langres.
1- 25 octogones sur 5 rangs et présentant 13 motifs différents.
2- bordure de ligne d'épines noires sur fond blanc.
3- tresse polychrome à deux brins
4- motifs figurant des récipients dans les carrés.
5- l'emblema encadré d'un rinceau de feuilles d'acanthes, le tableau représente BACCHUS ou DIONYSOS sous les traits d'un jeune homme nu qui marche d'un pas décidé, son bras droit pointé, ses cheveux, le bandeau qui les retient et son manteau flottent dans le vent donnent un mouvement vif et résolu, il tient un thyrse, un bâton qui se termine par deux touffes végétales, une panthère bondit à ses côtés.
Comment est-elle faite et de quand date-t-elle ?
L'emplacement dans les couches archéologiques et l'étude de son décor très classique permettent de la dater du II ème siècle ap. J.-C.
L'ensemble de la mosaïque est en opus tessellatum, les tesselles en roches polychromes font 1 cm de côté ( 100 tesselles au dm² ) ; l'emblema serait presque en opus vermiculatum, des tesselles plus petites ( 300 au dm² ). Il s'agit de la mosaïque la plus fine découverte en Gaule-romaine.
À quoi servait-elle ?
Le décor dionysiaque permet de dire que cette mosaïque ornait le sol d'une grande salle de réception d'une riche demeure, elle était le pavement d'une grande salle à manger, d'un grand triclinium.
La taille de cette pièce pose problème, deux possibilités peuvent être évoquées :
- l'emblema était au centre de la pièce, elle avait une longueur de 15 mètres, mais il est très rare de rencontrer des pièces d'une telle forme.
- l'emblema occupait l'espace libre à l'intérieur d'un U formé par les trois lit de banquet, il était au fond de la pièce qui ne mesurait que 11 mètres de longueur, c'est une configuration déjà rencontrée dans d'autres sites.
Pourquoi y-a-t-il des trous ?
Au moment de sa découverte la mosaïque présentait des affaissements, des manques Les restaurations doivent conserver toues les traces de son histoire : les fissures, les manques, les limites déchiquetées n'ont pas été rebouchées. Des altérations rappellent l'époque ou la pièce était habitée : l'érosion des joints, le poli et le relief arrondi des tesselles lustrée par les pas qui les foulaient quotidiennement, certains enfoncements correspondent aux pieds des meubles ou des braseros, les réfections réalisées pour colmater des brèches déjà apparues dans le pavement.
|
|