LES MAISONS D'ÉDUCATION

 

À la différence des domaines cités précédemment, les fondations de Napoléon concernant l'éducation ont subsisté jusqu'à aujourd'hui. Alors que les garçons bénéficiaient des lycées impériaux, aucune structure n'existait pour les filles de légionnaires. Deux décrets comblèrent cette carence : celui du 24 frimaire an XIV (15 décembre 1805), ordonnant la création de trois Maisons d'Éducation, et celui du 15 juillet 1810, destiné aux orphelines et prévoyant six établissements.

La première Maison d'Éducation vit le jour dans le château d'Écouen et ouvrit à l'automne 1807. Elle était dirigée par Madame Campan. Elle fut suivie d'une deuxième création le 25 mars 1809 : la maison de Saint-Denis installée dans l'abbaye du même nom. La direction en fut confiée à deux surintendantes. Sur les six maisons d'orphelines envisagées, trois seulement furent réalisées : l'hôtel de Corberon à Paris, l'abbaye des Barbeaux près de Fontainebleau et l'abbaye des Loges dans la forêt de Saint-Germain.

La Restauration opéra une valse-hésitation : fermeture des maisons pour orphelines le 19 juillet 1814 et réouverture le 27 septembre de la même année. L'ordonnance du 16 mai 1816 réduisait à trois les Maisons d'Éducation : Saint-Denis et deux succursales, Corberon et Les Loges.

En 1851, Écouen, qui avait été rendu aux Condé à la Restauration, retrouve sa vocation de Maison d'Éducation.
Aujourd'hui, seules subsistent Les Loges et Saint-Denis, Écouen ayant accueilli le musée de la Renaissance.

Les programmes ont évidemment encore plus évolué que les sites.
Napoléon avait fixé lui-même le contenu de l'enseignement qu'il entendait faire dispenser dans ces maisons, le 15 mai 1807 : une instruction élémentaire ("apprendre à chiffrer, à écrire", avec un peu d'histoire, de géographie, de botanique), un encadrement moral (religion), un enseignement pratique et domestique (broderie, cuisine et quelques notions médicales).

Ce programme, défini pour la maison d'Écouen, constitue la première création nationale laïque pour les filles. Les maisons d'orphelines, et, plus tard, les succursales, furent, elles, confiées à la Congrégation de la Mère de Dieu, avant d'être laïcisées en 1881.

À la fin du XIXème siècle (cf. statut de 1890), l'enseignement est spécialisé et reparti entre les trois établissements : enseignement professionnel aux Loges, commercial à Écouen, préparatoire au brevet supérieur à Saint-Denis.

En 1920, les maisons de la Légion d'honneur adoptent les mêmes programmes que les lycées et se répartissent les élèves par tranches d'âge : les plus jeunes aux Loges, les moyennes à Écouen et les grandes à Saint-Denis.

Aujourd'hui, des deux établissements encore en service, Les Loges accueillent les élèves de la 6ème à la 3ème et Saint-Denis de la 2nde aux Terminales, avec des classes post-bac : hypokhâgne, khâgne et BTS de commerce international.

L'admission à ces maisons est réservée aux filles et petites-filles de décorés de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite. Elles suivent leurs études sous le régime de l'internat et portent toujours l'uniforme ainsi que l'a publiquement manifesté la cérémonie du 14 juillet 2002, où chaque classe a participé au tableau reconstituant l'insigne. Cet uniforme est composé d'une robe plissée marine à collerette blanche et d'un manteau bleu à boutons dorés. Les cheveux sont cachés par un béret. Les ceintures de différentes couleurs permettent de reconnaître les classes : verte pour les sixièmes, nacarat (rouge clair) pour les secondes etc...

 

 

 

Instruction pour les familles qui demandent l'admission de leurs filles, 1821.
Archives départementales de la Marne
14M24

 

 

Extrait du statut des Maisons d'Éducation de la Légion d'honneur, 1890.
Archives départementales de la Marne
14M24

 

 

 

 

Notice actuelle.

 

Demande de Madame Michel pour l'admission de sa fille à Saint-Denis, 1835.
Archives départementales de la Marne
14M24

 

Demande de renseignements sur Madame Chochina, sollicitant l'admission de sa fille comme élève des Maisons d'Éducation de la Légion d'honneur. Lettre du grand Chancelier au préfet du département de la Marne, 6 juin 1940.
Archives départementales de la Marne
14M24

 

Madame Campan à laquelle Napoléon confia la direction de la première Maison d'Éducation, Écouen. Madame Campan, ancienne femme de chambre de Marie-Antoinette, avait auparavant crée un pensionnat qui eut un vif succès et avait accueilli Hortense de Beauharnais.
Archives municipales de Reims

 

Vue du château d'Écouen.
Collection privée

 

Visite de la reine Hortense à Écouen, 1810.
Musée national de la Légion d'honneur - Paris

 

Vue ancienne de la Maison d'Éducation de Saint-Denis.
Collection privée

 

 

 

 

 

 

 

 

Brochure 2002/2003 de la Maison d'Éducation de Saint-Denis.

 

Saint-Denis : l'ancien et le moderne, 1986.
Photographie extraite de Portrait des demoiselles de la Légion d'honneur par Gérard Monico, 1992.

 

Gravure ancienne représentant la Maison d'Éducation des Loges.
Collection privée

 

Maison d'Éducation des Loges 1881-1882.
Collection privée

 

L'entrée en sixième : l'uniforme.
Photographie extraite de Portrait des demoiselles de la Légion d'honneur par Gérard Monico, 1992.

 

L'uniforme.
Association amicale des anciennes élèves des maisons d'éducation de la Légion d'honneur
Photographie Marie-Christine Arsac

 

L'uniforme.
Association amicale des anciennes élèves des maisons d'éducation de la Légion d'honneur
Photographie Marie-Christine Arsac

 

 

La cour d'honneur.
Photographie extraite de Portrait des demoiselles de la Légion d'honneur par Gérard Monico, 1992.

 

La chorale.
Photographie extraite de Portrait des demoiselles de la Légion d'honneur par Gérard Monico, 1992.

 

 

© CRDP de Champagne-Ardenne, 2004