XIV- LES FASTES DE LA FONCTION PREFECTORALE

 

Visites d'Etat

     Comme représentant unique de l'Etat, le préfet est tenu de recevoir le Chef de l'Etat et les ministres, ou toute personnalité de marque de passage dans son département ou venue inaugurer tel ou tel monument. Il doit à la fois organiser la visite mais aussi prévoir les frais qu'elle occasionne.

     L'Empereur Napoléon ne causa que peu de dérangements à Bourgeois de Jessaint en raison de ses passages-éclairs à Châlons : de nuit le 25 janvier 1806, pour dîner le 25 septembre suivant, le 25 juillet 1807 de retour du champ de bataille de Valmy, le temps de changer de chevaux, le 22 septembre 1808 pour une halte d'une nuit, le 25 octobre 1809 pour une simple traversée. En revanche des fêtes avec dîners, feux d'artifice, bal et hébergement furent organisées lors de la visite de l'Impératrice Marie-Louise le 27 mars 1810 après son mariage, puis en compagnie de Napoléon le 9 mai 1812. L'Empereur fait une dernière halte nocturne à la préfecture le 25 janvier 1814 avant de se lancer dans la campagne de France.

     Charles X, comme Louis-Philippe dînèrent et couchèrent à l'hôtel de la préfecture le premier le 1er septembre 1828, le second le 7 juin 1831 après avoir visité l'école des Arts et Métiers. Le préfet prévoit, au cours de cette visite qui doit conduire le Roi notamment sur le site de la bataille de Valmy, des manifestations de ferveur organisées sur son passage par les communes au moyen d'arcs de triomphe de verdure.

 

     Mais c'est le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte devenu Napoléon III qui effectua le plus de visites à Châlons, le 27 août 1850 et le 17 juillet 1852 pour inaugurer la ligne de chemin de fer Paris - Strasbourg, mais surtout à partir de 1857, pour suivre les avancées de la construction du camp dit de " Châlons " situé à Mourmelon. Le président Sadi Carnot, ancien préfet, a également été reçu à la préfecture à Châlons le 16 septembre 1891.

 

     La première guerre mondiale ayant fait de Reims le symbole de la "ville martyre", les visites se succèderont à la sous-préfecture pour exploiter ce thème de propagande. Poincaré le président de la République, qui avait déjà rendu visite à la ville en 1913, y revint régulièrement le 6 octobre 1914, le 13 décembre, le 17 juin 1917 en pleine explosion des mutineries sur le front, le 10 octobre 1917. C'est également à Reims, que la rencontre de Gaulle-Adenauer cimentait la réconciliation franco-allemande en juillet 1962. La dernière visite d'un président de la République à la préfecture a eu lieu le 17 septembre 1999 à l'occasion de l'inauguration des journées mondiales de labour à Pomacle.

     Si le préfet ou le sous-préfet sont responsables du bon déroulement des cérémonies, notamment en matière de sécurité, leur succès dépend aussi des qualités d'accueil de leur épouse. Ces compétences conjugales entraient d'ailleurs en ligne de compte dans les jugements portés sur eux par le ministre au XIXe siècle.


Réceptions

     Le préfet reçoit aussi tout ce qui compte dans l'élite locale, élus et entrepreneurs, fonctionnaires chefs de service à l'occasion de fêtes et de cérémonies nationales (14 juillet, 11 novembre). Comme chef de l'éxécutif départemental jusqu'en 1982, il reçoit en outre tous les conseillers généraux du département à l'occasion des sessions budgétaires.

 

Menu de dîner du Conseil général à la préfecture, 2 mai 1921
AD Marne 1 M 212

 

 

Plan de table
AD Marne 1 M 212

 

Invitations

     Le préfet est constamment sollicité aussi pour honorer de sa présence les rencontres les plus diverses : manifestations culturelles (distribution des prix et même réunion du conseil d'administration du lycée, séances théâtrales), réunions sportives (courses cyclistes, meetings aériens, courses automobiles), organisations caritatives de tous ordres.

 

Invitation au bal des anciens élèves du lycée de jeunes-filles de Reims, 14 janvier 1938
AD Marne 3 Z 161

 

Invitation du préfet pour la 44ème course automobile A.C.F. au circuit de Gueux, 1958
AD Marne M 9714

 

Le préfet André Jozon (dans le cercle rouge) préside le concours international de gymnastique et de tir d'Epernay, 1938
AD Marne 549/111, L'éclaireur de l'Est du 5 juin 1938

 

Le préfet Lobut et madame en compagnie de Joséphine Backer, 1958
AD Marne I.c. 813

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