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XVI- MAINTIEN DE L'ORDRE PAR LE CONTROLE DE LA PRESSE |
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Jusqu'à l'affermissement de la IIIe République et l'adoption de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, la presse fut un des domaines qui mobilisa le plus l'activité des législateurs. Chaque régime et parfois même chaque gouvernement, selon ses options, enchaîne les journaux dans des contraintes d'ordre administratif (déclaration ou autorisation), financier (cautionnement, droit de timbre) ou judiciaire (délits de presse). Sur instruction, les préfets usèrent de cette arme pour contrôler l'opinion. Ainsi, Bourgeois de Jessaint supprima-t-il dès le 18 prairial an VIII le "Journal de la Marne". Et sous ce même titre mais avec une nouvelle rédaction un décret du 21 février 1811 n'autorisa qu'un seul journal dans le département.
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Lettre de Fouché,
ministre de la Police au préfet de la Marne, approuvant la
suppression du "Journal de la Marne", 18 prairial an VIII
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Sous
la Monarchie de Juillet, l'opposition se cristallise autour de journaux
comme "La Tribune", "Le National" ou "La Réforme"
: les préfets sont invités à en contrarier la diffusion.
Le Second Empire met en oeuvre des procédés de censure plus subtils. Les journaux sont invités par le préfet à reproduire les articles encensant le gouvernement, tandis que ceux qui le critiquent ou simplement déplaisent au pouvoir peuvent valoir à leurs auteurs blâme, avertissement, suspension voir suppression.
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Lettre
du ministère de l'Intérieur au préfet, lui recommandant
la publication d'un article du Constitutionnel
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La IIIe République adopte la loi du 29 juillet 1881 qui met un terme aux pressions et aux délits de presse. La presse d'opinion peut désormais s'exprimer sans contrainte. Toutefois la surveillance de toute expression écrite n'en demeure pas moins et pendant la guerre de 1914-1918, le préfet doit appliquer les mesures de censure décidées dans la zone des armées par le commandement militaire toute entière dirigée contre les journaux pacifistes comme "Le Bonnet Rouge".
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Exemplaire
censuré du Bonnet Rouge, 18 mars 1917
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En 1935, quand Marcel Deat, professeur de philosophie à Reims et néo-socialiste, fonde son journal "La Raison", la préfecture en est aussitôt informée.
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Demande
de renseignements du préfet sur la sortie de La raison",
18 mars 1935
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En
1938, à la veille de la seconde guerre, des mesures de suspension
sont prises sur instruction ministérielle à l'encontre
de la presse communiste et d'extrême droite. Il en sera encore
de même pendant la guerre d'Algérie de 1954 à
1962.
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Télégramme
du Préfet de la Marne au sous-préfet de Reims ordonnant
la saisie du journal royaliste "L'Action française" Télégramme
du préfet de la Marne au sous-préfet de Reims, ordonnant
la suspension du journal communiste "l'Humanité",
1938 |
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© CRDP de Champagne-Ardenne, 2001