XIX- RENSEIGNER : INFORMER ET ETRE INFORME

 

     La volonté centralisatrice impliquait des liens étroits entre le gouvernement et les préfets. Aussi ces derniers furent-ils tenus de renseigner les ministres - et au premier chef, le ministre de l'Intérieur - sur toute information pouvant les concerner.

     La circulaire du 21 ventôse an VIII définissait les domaines sur lesquels le pouvoir central attendait des lumières. Le rapport du préfet outre les questions essentielles de conscription et d'impositions s'étendait aux états de population, d'assistance, de prison, prix des grains.

     La fréquence de ces rapports varia selon les régimes : Chaptal en 1804 exigeait un rapport mensuel et annuel. Sous la Monarchie de Juillet, on inaugure les tableaux de situation. Le Second Empire fut plus exigeant à ses débuts : rapport quotidien, puis de quinzaine et enfin mensuel. Avec Combes en 1902, le rapport oral se substitua au rapport écrit par le recours au "téléphone quotidien".

 

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Rapport de situation du département de la Marne, 15 novembre 1832
AD Marne 30 M 15

 

     Des rapports ponctuels pouvaient être réclamés à la suite d'événements particuliers notamment concernant l'opinion publique. De même, de façon permanente, les préfets étaient tenus d'établir des statistiques et des annuaires départementaux sur les ressources locales et leur évolution. Actuellement, les préfets fournissent des rapports trimestriels.

 

Rapport mensuel du préfet au ministre du Commerce, 20 mars 1883
AD Marne 186 M 17

 

     Le préfet était jugé sur la précision et la concision de son information. Il arrivait qu'il soit réprimandé sur la régularité de ses expéditions, ou même sur le contenu jugé trop superficiel. Bourgeois de Jessaint n'échappa pas à ces reproches.

 

Rappel à l'ordre du préfet sur la périodicité de ses rapports, 20 juin 1820
AD Marne 30 M 13

 

     Naturellement pour nourrir ces envois au ministre de l'Intérieur, le préfet sollicitait les sous-préfets qui rédigeaient leurs propres rapports, établis eux-mêmes à partir de ceux des commissaires de police par exemple pour ce qui concerne l'ordre public. Dans certains cas, le préfet se contentait de reprendre terme pour terme le texte élaboré par le sous-préfet.

 

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