XXIII- PROMOTION DE L'ENSEIGNEMENT ET LA CULTURE

 

Développement de l'instruction

    Le premier préfet de la Marne Bourgeois de Jessaint a exercé une influence importante et suivie sur le développement de l'instruction dans son département. Il était personnellement très soucieux de ses progrès de l'école élémentaire à l'enseignement supérieur.

    Bourgeois de Jessaint favorise le développement de l'enseignement primaire. De 569 écoles et 28 075 élèves scolarisés en 1804, on passe à 660 écoles et 40 000 élèves en 1807. Mais surtout il faut souligner sa vision pionnière : il encourage l'installation d'écoles de filles dès 1805 et avant la première loi sur l'instruction primaire à l'initiative de Guizot en 1833 il tente en vain d'obtenir auprès du Conseil général la création d'une école normale en 1829 pour mieux former les instituteurs.

 

    Un cours gratuit de géométrie théorique et pratique fut également proposé.

Avis d'ouverture d'un cours de géométrie, 12 floréal an XII
AD Marne En 152

 

    Pour l'enseignement secondaire, le préfet ne fait qu'appliquer la loi du 11 floréal an X (1er mai 1802), qui prévoyait l'installation de lycées. Reims fut préférée à Châlons et les premiers élèves firent leur entrée en 1805.

 

Rapport du préfet au conseil général sur la création du lycée de Reims, 15 germinal an XII (1804)
AD Marne 1 N 1

 

    Mais c'est dans l'enseignement supérieur que les interventions de Bourgeois de Jessaint s'avérèrent les plus décisives et c'est à ses relations et à ses démarches que Châlons dut en 1806, l'installation de l'école des Arts et Métiers préalablement installée à Compiègne. Il sut encore user de son influence pour la maintenir à Châlons en 1825, alors qu'une ordonnance du 26 juin 1823 avait prévu sa translation à Toulouse.

 

Installation de l'école des Arts et Métiers à Châlons, 9 juin 1805
AD Marne 1 T 378

 

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Confirmation du maintien de l'école des Arts et Métiers à Châlons, 13 juillet 1825
AD Marne 1 T 378

 

École Nationale des Arts et Métiers à Châlons, 1970
AD Marne

 

    L'enseignement de la médecine fut également une de ses préoccupations majeures. Il obtint en 1808 pour Reims l'établissement de cours pratiques de médecine. Cet enseignement comportait, entre autres, un cours d'accouchement, réclamé depuis 1800, donnant ainsi satisfaction au Conseil général, qui avait refusé en 1807 d'octroyer des bourses à cinq élèves sage-femmes pour suivre un enseignement à Paris, au prétexte que "ces jeunes élèves filles ou femmes auraient beaucoup de risques à courir pour leurs moeurs durant leur séjour dans la capitale".

 

    L'enseignement agricole s'est développé au début du XXe siècle sous l'impulsion des préfets : l'école départementale de viticulture d'hiver d'Epernay a été créée par arrêté du 22 octobre 1910 et a fonctionné à partir de novembre 1911 ; de même l'école agricole ménagère ambulante de Châlons ouverte par arrêté le 11 octobre 1910.

 

Arrêté de création de l'école ménagère ambulante, 1910
AD Marne 135 M 28

 

Protection et sauvegarde du patrimoine

    La volonté d'organiser la conservation des archives de l'État comme patrimoine historique apparaît sous le Second Empire avec la construction de bâtiments spécifiques : dans la Marne, c'est de cette époque que date le bâtiment des Archives départementales à Châlons pour lequel les préfets Chassaigne-Goyon et Amelin se sont employés à obtenir l'essentiel des crédits auprès du Conseil général.

    La protection du patrimoine architectural et artistique devient une préoccupation du représentant de l'État à partir de l'adoption de la loi sur les monuments historiques en 1913 : le préfet inscrit par arrêté à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques les édifices et objets dignes d'intérêt notamment conservés dans les églises.

 

Arrêté d'inscription à l'inventaire des monuments historiques, 15 novembre 1973
AD Marne 1338 W 9

© CRDP de Champagne-Ardenne, 2001