IV- MODIFICATIONS DU CADRE TERRITORIAL :
DE LA GENERALITE A LA REGION

 

     La généralité de Châlons avait en 1790 éclaté en quatre départements divisés quant à la Marne en six districts. Châlons-sur-Marne était désignée le 18 mai 1790 par l'assemblée du département comme chef-lieu du département, reléguant Reims au rang de chef-lieu de district, au même titre qu'Epernay, Sézanne, Sainte-Menehould et Vitry-le-François. La loi du 28 pluviôse an VIII ne pouvait donc que s'appliquer dans ce cadre, avec Châlons-sur-Marne comme préfecture et Reims, Epernay, Sainte Menehould et Vitry le François comme sous-préfectures

Maintien du cadre départemental

     Les tentatives pour remettre en cause les limites administratives internes au département avortèrent :
     - Reims tenta bien de récupérer en 1811 la préfecture aux dépens de Châlons, mais en vain, se heurtant      au refus du conseil municipal de Châlons le 14 mai 1811. En 1941, lors de la création des régions par le      gouvernement de Vichy, Reims tente à nouveau de s'imposer comme chef-lieu de la nouvelle préfecture      régionale.
     - Sézanne après deux tentatives en l'an XII et en 1814 s'efforça de nouveau, en 1821 puis en 1829 et      jusqu'en 1861, de devenir chef-lieu d'arrondissement, puisqu'elle avait été chef-lieu de district en 1790,      mais également sans succès.
     - de 1830 à 1844, les demandes des cantons d' Anglure et d'Esternay à être détachés du département de      la Marne pour être incorporés à l'arrondissement de Nogent-sur-Seine dans le département de l'Aube,      essuient un refus du ministère de l'Intérieur.

 

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Carte du département de la Marne an VIII
AD Marne
118 M 2

 

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Réclamation de la ville de Sézanne - 1804
AD Marne 118 M 2


Suppression momentanée de sous-préfectures

     Contestée dès 1809, l'existence des sous-préfectures fut l'objet d'incessantes attaques visant leur disparition sous la IIIe République. Une vingtaine de propositions ont été recensées par P. HENRY et la chambre à trois reprises vota même la suppression en 1886, 1906 et 1920 mais le Sénat refusa de ratifier.

     Finalement le décret du 10 septembre 1926 supprima 106 sous-préfectures dont celles de Sainte-Menehould pour la Marne, de Wassy pour la Haute-Marne, de Rocroi et de Sedan pour les Ardennes, d'Arcis-sur-Aube et Bar-sur-Seine pour l'Aube, en même temps que les secrétariats généraux de ces quatre départements.

     En ce qui concerne la Marne, la suppression de la sous-préfecture de Sainte-Menehould ne fut que provisoire, puisqu'elle fut rétablie par le gouvernement de Vichy le 13 septembre 1940, comme celle de Wassy, installée à Saint-Dizier.

Constitution d'un cadre régional

     - Naissance d'une région de CHÂLONS-SUR-MARNE puis de CHAMPAGNE

     Cette région créée par le gouvernement de Vichy ne regroupait que trois départements : Marne, Aube et Haute-Marne, à l'exclusion des Ardennes.

     La loi du 19 avril 1941 plaçait à la tête de ces nouvelles régions un préfet régional : c'est René Bousquet qui occupe le premier cette fonction. A la Libération le 29 août 1944, Grégoire-Guiselin est nommé commissaire régional.
     Ce cadre disparut en 1946 avec la suppression des commissariats régionaux de la République et le retour à la départementalisation.

 

Création d'une région de Châlons-sur-Marne
AD 16 W1

 

     - Formation d'une région CHAMPAGNE-ARDENNE

     La région actuelle rassemble quatre départements : Marne, Aube, Haute-Marne, Ardennes.
Elle est l'héritière des vingt et une régions-programme créées par le décret du 30 juin 1955 confirmées ensuite comme circonscriptions d'action régionale par décret du 2 juin 1960. A la tête de cette nouvelle entité est nommé un préfet coordinateur en 1959, devenu préfet de région en 1964. La vision centraliste de l'administration continue à s'imposer puisqu'en 1964, le préfet est assisté d'une C. O. D. E. R. (Commission de Développement Économique Régional), dont le rôle n'est que consultatif.

     C'est la loi du 5 juillet 1972 qui transforme les régions en établissements publics, désormais au nombre de vingt deux dont celle de Champagne-Ardenne. Le préfet reste l'acteur principal assisté d'un Conseil régional et d'un Comité économique et social, dont le rôle est encore consultatif, même si la tutelle administrative est moins marquée.

     Enfin la loi du 2 mars 1982 instaure une véritable régionalisation. La région, collectivité territoriale, est désormais administrée par un Conseil régional dirigé par son président qui sera pour la première fois en mars 1986 élu au suffrage universel direct. Le rôle du préfet s'applique désormais au contrôle a posteriori des délibérations de l'assemblée régionale.
     La région actuelle correspond à quelques nuances près aux contours de l'ancienne généralité.

 

Carte de la généralité, des départements et de la région

© CRDP de Champagne-Ardenne, 2001