La descendance d'Alexandrie

Byzance, pourtant héritière au premier chef de la civilisation hellénistique, a joué un rôle très mince dans le domaine des sciences. Elle a malgré tout eu le mérite de conserver les manuscrits antiques dans ses bibliothèques, certains Empereurs en cédant à l'occasion aux Khalifes de Bagdad. Certains de ces manuscrits ont été ultérieurement transportés en Italie après la prise de Constantinople par les Ottomans (1453). Des textes d'Archimède, entre autres, sont ainsi parvenus en Europe à la Renaissance.

Qasr el Karaneh
VIIe siècle
Jordanie

photo C. Morvan

La vie scientifique est le fait des Arabes, "les véritables successeurs des Alexandrins sont les Arabes" écrit Bertrand Gille. Cependant on ne peut réduire la science arabo-musulmane du Moyen-Age (VIIIe-XIVe siècle) à une simple poursuite des sciences grecques et hellénistiques de l'Antiquité, à un "intermède" entre ces sciences et celle qui prend naissance en Europe Occidentale à partir du XVIe siècle1. En effet, les travaux critiques sur les textes religieux ont incité des intellectuels de l'Islam à une démarche rationnelle. La science arabe a également hérité, en sus de la Grèce et d'Alexandrie, de l'Inde, de la Perse, de Babylone ainsi que de la tradition égyptienne (la médecine en particulier). Enfin, la civilisation arabo-musulmane a été notamment dans le domaine des sciences, le siège d'une dynamique propre, allant très au-delà du simple héritage, contrairement à ce qu'ont affirmé certains intellectuels de pays occidentaux au XIXe siècle, notamment Ernest Renan.

Toutefois, si la science arabe n'est pas seulement le produit de la synthèse de quelques héritages, ceux-ci constituent aussi l'une de ses composantes2.

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Notes

  1. Benoit, Paul ; Micheau, Françoise
    L'intermédiaire arabe ?
    In Serres, Michel (Dir)
    Eléments d'histoire des sciences.
    Paris : Bordas, 1989. - p. 151-175.
     
  2. Sur la médecine voir :
    Jacquart, Danielle ; Micheau, Françoise.
    La médecine arabe et l'occident médiéval.
    Paris : Maisonneuve et Larose, 1990.