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SOMMAIRE

Les occupations humaines anciennes :

puce orangeDès la préhistoire les hommes s'installent dans la vallée de la Rance. Dans la commune de Saint-Suliac, au pied de la falaise de la pointe de Grainfollet, des vestiges paléolithiques, silex taillés, os de mammouths et de cerfs, ont été retrouvés. De nombreux menhirs et dolmens tout le long de la vallée attestent de la continuité de cette occupation. Celui de Chablé en Saint-Suliac est, selon la légende, une dent perdue par Gargantua. Sur la commune de Saint-Samson, le menhir de La Tremblaye présente la particularité de porter des gravures en creux et bosses (des figures géométriques, des poignards, des haches et des crosses) visibles seulement en lumière rasante. 


menhir de la Tremblay
Clichés


gravures en creux et bosses
A.Gourmelen

 

puce orangeDes populations celtes occupent les lieux à partir du Vème siècle avant Jésus-Christ. La Rance s'appelle alors "Reginca" (la Fougeuse). Sur la rive gauche, à Plouër subsistent les vestiges d'une ferme gauloise du deuxième âge du Fer (civilisation de la Tène), à la pointe de Cancaval était établi  un ancien retranchement Coriosolite. Mais l’éperon barré le plus important était Alet, situé sur la rive droite, à l’entrée de l’estuaire. Au premier siècle avant J-C l’oppidum protégeait un port d’échouage, étape importante du trafic trans-manche plaque tournante d'un trafic fluvio-maritime entre la Cité des Coriosolites, la Bretagne (la Grande-Bretagne actuelle) et d'autres régions de l'empire romain. La traversée de la Manche ne prenait pas plus de 24 heures). L'enceinte construite par les Romains atteste de l'importance stratégique autant que commerciale de la place. 

vestiges des fortifications romaines à St Servan St-Malo (Alet)

puce orangePuis, c’est l’arrivée massive, à  la fin du Vème siècle et  jusqu'au VI ème siècle inclus, des immigrants bretons  sur les côtes de la Manche avec à leur tête Saint-Maclaw qui s'installent à Alet ; Saint-Jouan, Saint-Samson, Saint-Suliac qui fondent sur les rives de la Rance les paroisses ou «plou»  (Plouër), des monastères ou ermitages «lan», autour desquels viennent plus tard se grouper des maisons, (Lanvallay, Langrolay) ; des «tré», à l'origine des hameaux éloignés du bourg, se développe aussi à l'intérieur des «plou» (Tressaint, Tréfumel, Trégondé). Seul  Alet devient le centre d’un évêché important jusqu’au XIIème siècle, date du transfert du siège épiscopal sur le rocher de Saint-Malo. Au IVème siècle la fonction défensive d’Alet est renforcée par une enceinte.

Mais la vallée de la Rance comme l'ensemble des côtes bretonnes subit les ravages des Vikings à partir des premières décennies du IXème siècle. Certains s'installent même en Rance : à l'embouchure, à Alet où ils édifient une place forte à l'emplacement de l'actuelle tour Solidor et dans l'anse de Vigneux au Sud du Mont Gareau en amont de Saint Suliac, où les vestiges des fondations en pierre du retranchement sont encore visible, à marée basse, dans les sédiments que domine le Mont Gareau, point culminant de Saint Suliac.

 « Au bord de la Rance, dans l'anse de Vigneux, le camp de Saint-Suliac est attribué aux Normands et rappelle lui aussi par son dessin celui de Trans : se présentant comme un retranchement polygonal défensif, il est assis sur un îlot de vase à près de neuf kilomètres , l'embouchure de la rIvière. Accessible par voie de mer, il se trouvait protégé du côté de terre par des fossés naturels tapis de vase molle à marée basse ou remplis d'eau à marée haute, longeant une ceinture de rempart continue de plus de 600 mètres (elle fut éventrée au nord vers 1880 quand un ostréiculteur voulut transformer l'enclos en parc à huître; L'espace intérieur (2,15 hectares) a subi de fortes dégradations à l'époque de ces travaux qui dégagèrent du matériel archéologique, ossements animaux et armes en fer, sont conservé au XIXe siècle. Sur le retranchement principal se greffe un talus face à la rive.  L'ensemble est remarquablement situé pour permettre un contrôle aisé de la circulation fluviale sur la Rance comme de la circulation terrestre vers le Clos-Poulet. Il s'agit sans doute du retranchement de Gardaine qu'évoque au XII ème siècle la Chanson d'Aiquin. ; 

Ce texte épique mentionne aussi à proximité le site de Quidalet : "Ly aval est au port jouste la merl Et ung dongeon qui moult fait à louer" (vers 2283-2284). L'étymologie de Quidalet ne prête pas à difficulté: il s'agit d'une contraction romane de civitas alet (ensis), la cité d'Alet en latin. le berceau antique de Saint-Malo. Les prospections de Loic Langouet et son équipe permettent de préciser la localisation dans l'ensemble urbain de la place forte viking, qui n'est autre que le célèbre bastion de la Tour Solidor, un fort gallo- romain du IVe siècle, abandonné au siècle suivant et donc réoccupé après 900. Le rempart est alors réparé et exhaussé, tandis que l'intérieur du fort se trouve réorganisé de fond en comble :  du côté méridional le sol est rehaussé et une terrasse supérieure aménagée au sud de la  crête du rocher de Solidor. Un long empierrement de pierres sèches retient les déblais cette partie supérieure. 

Divers habitats en bois sont implantés à l'intérieur du camp, aussi bien sur la terrasse inférieure longeant le rempart sud que sur la terrasse supérieure. Enfin la tour gallo- romaine occidentale est remise en état: la Chanson d'Aiquin la dénomme Tour d'Oreigle  ou Tour Aiquin (Flodoard connaît pour sa part au Xe siècle un chef viking Incon,  dont la forme du nom évoluera ensuite en Aiquin en phonétique romane). Si on en juge d'après la densité et la cohérence du mobilier archéologique, composé de céramiques, recueilli sur le site, l'occupation normande du bastion de Solidor dura de dix à vingt années,  cet édifice ne sera ensuite plus utilisé que dans la seconde moitié du Xllle siècle au plus tôt: la tanière des pirates avait perdu apparemment entre-temps tout intérêt stratégique, en dépit de sa situation remarquable, à moins que les horribles souvenirs attachés à la présence des fléaux de Dieu n'aient durablement dissuadé d'éventuels repreneurs d’y revenir... »

Camp Viking

Le siècle des Vikings en Bretagne, Jean-Christophe Cassard, Editions Gisserot, 1996

La place forte Viking qui protégeait l'embouchure de La Rance se situait à l'emplacement sur les fondations mêmes du castellum romain. Il faudra attendre le XIVème pour que le duc Jean IV réoccupe le site en faisant construire la tour Solidor, afin d'interdire l'entrée de la Rance aux Anglais.

C'est également du XIVème siècle que datent les principales fortifications de Dinan. (citée fondée au XIès.)

Camp Viking

St-Suliac

Camp Viking

vu du Mont Garreau

la tour Solidor

St-Malo - St-Servan



fondations de la tour Solidor

(le castellum romain)

St-Malo - St-Servan



Château de la Duchesse Anne 

à Dinan


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