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Des artistes exposent au Canopé

Depuis la rentrée scolaire 2010, la galerie Ingres du CRDP accueille des expositions de différents artistes.

Les expositions sont ouvertes au public et aux classes sur réservation auprès d’Alexia Dounot (Contact).

 

"Lux fugit", une exposition d’Axel Arno


Canopé académie de Toulouse présente "Lux fugit", une exposition d’Axel Arno du 1er septembre au 6 novembre 2015.

Visite guidée de l’expo en présence de l’artiste le mercredi 9 septembre à 15h
.

« L’essence du bien est à chercher dans l’usage conscient de nos représentations » écrit Épictète.

C’est bien là le cœur du problème pour l’artiste contemporain. Que me disent les images qui m’entourent, sont-elles piégées ou au contraire des fenêtres ouvertes sur le monde ? Chaque fois que je saisis une image, j’espère qu’elle pourra témoigner de cette idée qui m’anime que chacun a une part de ciel en lui. Je parcours les panoramas urbains avec le souci quotidien que nos regards nous portent au-delà des codes médiatiques.

Il faut commencer par apprendre à nos enfants, à nos amis, le sens des images. Elles peuvent être le miel de la vie ou le poison des jours et faire en sorte que chacun puisse y décrypter les pièges du pouvoir et des pensées dominantes. On peut regarder les murs de sa ville comme on écoute un concert, avec l’attention aux autres et la volonté de parcourir un panorama plus harmonieux.

Axel Arno

Si familière, si banale qu’on en oublie son être indispensable. Si commune qu’on ignore les sciences et technologies qu’il fallut développer pour que la lumière électrique devienne cet élément du quotidien qui outrepasse le cycle du jour et de la nuit. Sa présence n’est véritablement perçue que dans la privation. Et pourtant, elle tient de la prouesse, du miracle qui a encore le don d’émerveiller lorsqu’à la tombée du jour les villes s’embrasent, les monuments s’illuminent. Magie, féérie du spectacle : de l’indifférence on est passé à l’éblouissement marqué par l’hyperbole langagière. Villes du monde entier, villes nocturnes chinoises en particulier qu’Axel Arno a arpentées en compagnie de son Leica, villes où la lumière mercantile submerge les rues et le regard d’une débauche fluorescente pour attirer et vendre le plaisir et la futilité.

Mais l’œil du photographe passe au-delà des séductions. Sur les lentilles et les miroirs de l’objectif, en se réfractant, en se réfléchissant, les corps lumineux se dépouillent de leur trivialité. La représentation du réel se délite jusqu’à l’abstraction pure. L’instantanéité du cliché et son mode de saisie ôtent toute existence à l’anecdotique pour ne livrer à la réception que ce qui serait une trame dans un rayonnement coloré. Recherche du flou, effets stroboscopiques, de polarisation, traînées lumineuses, halos, réflexion, démultiplication de faits luminescents, saturation… tous les processus d’une distorsion de la perception sont donnés à voir. Les choix techniques de cadrage, ouverture, vitesse, focale, sensibilité… subliment des phénomènes optiques que l’œil se contente de voir.

Portée à une dimension essentielle, cette vision se transcende en une révélation poétique : les traces laissées par la fuite de la lumière découvrent l’absolu d’un réel dont les modalités désincarnées constituent la substance de la beauté. Le regard est emporté par ce flamboiement multicolore qui n’a d’égal que l’infinie variété des teintes. La matière immobilisée par la photographie est pourtant animée d’une vibration qui ne doit pas seulement aux signes de décomposition du mouvement : alors que l’instant suspendu fige dans la permanence la subtilité des variations auxquelles les jeux de lumière donnent cours, un imperceptible frémissement se laisse percevoir, émanant de l’intériorité dévoilée de ces images immatérielles. L’émotion esthétique naît de l’expérience singulière d’un arrachement à tout repère, à toute matérialité : le spectateur est enveloppé dans ces fulgurances de couleurs exacerbées, dans ce qu’il perçoit comme la nature secrète d’une réalité païenne.

Dans une maîtrise totale du résultat recherché, Axel Arno étudie le décalage des formes et la recomposition des couleurs pour faire surgir de leur conjonction une lumière spirituelle qui déborde la banalité du sujet de départ. On ne peut que se prendre à souhaiter que son œuvre trouve un jour son parachèvement dans la réalisation de vitraux qui porteraient à sa pleine mesure et magnifieraient ce travail sur la lumière.

Brigitte Quilhot-Gesseaume (août 2015)
Déléguée académique à l’éducation artistique et l’action culturelle

Biographie :

Axel Arno, né en 1953 sur les rives du Congo, réalise depuis 1988 ses propres images. Auparavant, il pratiquait le collage ou l’assemblage de divers matériaux et peinture sur bois. Plusieurs expositions rythment ce premier parcours de 1973 à 1988.

En 1997 il présente une installation de 6 grands panneaux au Cloître des Jacobins sur le thème des « Méditations » ; cet ensemble d’images autour des fragments de la peinture classique propose un autre panorama pour rendre compte de la nature.

De 1988 à 2002, Axel Arno réalise autour de trois périples en Orient et deux en Amérique du Sud, plusieurs séries d’empreintes photographiques à partir des murs rencontrés pour témoigner de la marque des âmes au-delà des codes d’atelier : il y aura « Longitudes », « Latitudes » et « Traces ».

Depuis 2000, Axel Arno investit l’espace urbain avec ses « Signaux » pour permettre une lecture plus individuelle des supports de l’économie de proximité ou posés sur les murs de la cité dans une dynamique de dialogue. Le parcours vidéo des Variations Golberg en 2000 et 2003 a pour objectif, en particulier dans le cadre du concert, de présenter des images silencieuses pour nous inviter à réécouter le monde. En 2003 il réalise pour le Festival de Samos « le Projet Pythagore », mise en images de thématiques pythagoriciennes en douze grands formats.

En 2004 et 2005 les séries Dyptiques et Triptyques ouvrent de nouvelles perspectives par le jeu de confrontations chromatiques. Elles sont exposées à Bordeaux en 2005 et à Nice en 2006. Axel Arno réalise trois séries photographiques consacrées au thème « le ciel peut-il attendre ? » . Deux expositions sont consacrées à Aigues-Mortes en 2007 et à Puigcerda en 2008.

À Pékin il présente en juin 2008 des grands formats où la « lumière » est le projet fondamental. En octobre 2008, à la galerie MR d’Angoulême une nouvelle série du « ciel peut-il attendre ? » sera exposée.

Depuis 2010, Axel Arno développe un projet de film sur ses images nocturnes de Chine. En 2012, nait le projet d’une mise en images des compositions et variations d’Edouard Ferlet autour de Jean-Sébastien Bach, et du CD « Think Bach », unanimement salué par la critique.

Le DVD « Métamorphose Bach », publié par le label Esprit du Piano en 2014, est disponible sur le site espritdupiano.fr et à la Fnac Toulouse. En septembre 2015, exposition "Lux Fugit" à la galerie Ingres à Toulouse et installation d’une frise de 28 grands formats sur l’amphithéâtre de la rue Valade à l’Université Toulouse-Capitole. En décembre 2015, Axel Arno réalise un nouveau film "Orfeo" commande du Paris Mozart Orchestra pour la Philharmonie de Paris, création mondiale le 7 décembre.

Plus d’infos en ligne :
- Site internet de l’artiste
- Communiqué de presse
- Dossier de presse
- Flyer de présentation de l’exposition

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