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Les osselets

Histoire

Puisant ses racines dans l’Antiquité grecque, le jeu des osselets se pratique à l’aide de quatre, cinq ou huit osselets.
Ces petits os proviennent du carpe du mouton ou du porc situé dans les pattes avant de l’animal.

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Dans l’Antiquité, c’est sous le nom « d’astragalisme », que l’on désignait ce jeu, ce nom provenant vraisemblablement du mot astragale qui servait à désigner la forme de ces petits os.

Pendant le Moyen Age, le jeu des osselets semble avoir pris le nom de « jeu des bibelots ».

Ce jeu, autrefois très répandu, va mener à la fabrication d’osselets en matériaux divers voire en matériaux précieux : ivoire, bronze, argent ou or par exemple...

Description et évolution du jeu

Un osselet présente quatre faces d’un aspect différent :

des deux plus larges faces, l’une est convexe, l’autre concave.
des deux plus étroites, l’une est plate, l’autre sinueuse.

Suivant le rapport des auteurs de l’Antiquité, ces faces avaient chacune un nom et correspondaient à une valeur numérique :

Le côté plan (« planum ») égalait un
Le côté concave (« supinum ») égalait trois
Le côté convexe (« pronum ») égalait quatre
Le côté sinueux (« tortuosum ») égalait six

A l’origine, le jeu consiste à lancer les osselets comme on jette les dés et à interpréter le coup selon les conventions du jeu qui est basé soit sur la valeur numérique des faces, soit sur la figuration du coup

« On jouait avec quatre osselets », dit Eustache ; « les coups qui pouvaient se présenter étaient au nombre de trente cinq. Les uns tiraient leur nom des dieux, les autres des héros, ceux-ci d’hommes illustres, ceux-là de courtisanes, d’autres enfin d’événements, soit par louange, soit par moquerie ».

Grecs et romains jouaient avec quatre osselets, chacune des combinaisons (qui étaient donc au nombre de trente cinq) portait un nom particulier.

On jetait les osselets et on comptait le total des points donnés par les faces supérieures : le plus mauvais coup était appelé « le chien » et comprenait les quatre as. Le plus heureux coup avait pour nom le « coup de Vénus » ou « coup royal » : il consistait à amener en même temps l’as, le trois, le quatre et le six. D’autres combinaisons avaient pour nom « coup d’Aphrodite », « les Cyclopes », « la chevelure de Bérénice », « l’archer »...

Au XVIIIe siècle, en plus des quatre osselets, on utilise une boule d’ivoire : celle-ci était jetée en l’air et le joueur prenait un des osselets quand la boule était retombée à terre et avait rebondi. Cette règle était encore appliquée dans les années 30.

A l’origine, les osselets sont donc à la fois un jeu de hasard et un jeu d’adresse.

Dans le jeu d’adresse, on emploie huit osselets ou seulement cinq ; il comprend de nombreuses « figures » et exige agilité et habileté.

Au fil du temps, le jeu des osselets devient un simple jeu d’adresse.

Dans les années 60, le jeu des osselets après avoir passé de mode connait un regain de vigueur dans nos cours de récréation : ce sont le plus souvent des osselets en fer que les enfants utilisent alors : quatre sont en fer blanc et le cinquième est le plus généralement peint en rouge.

Règle

Nombre de joueurs : 2 à 5

Un des joueurs prend les osselets dans sa main droite, les lance en l’air et essaie d’en rattraper le plus grand nombre possible sur le dos de cette même main.

Le joueur fait passer les osselets rattrapés dans sa main gauche sauf un qu’il doit lancer et recevoir sur le dos de la main droite, sinon, il perd l’avantage du premier coup.

Les osselets retenus sont de nouveau jetés en l’air pour les recevoir cette fois dans le creux de la main.

Le joueur conserve ceux qu’il a pu rattraper et les place devant lui. Il en prend un dans la main droite, le lance en l’air et, pendant ce temps doit ramasser un de ceux qui sont sur la table en revenant à temps pour recevoir, toujours dans la main droite, celui qui est en l’air. S’il réussit, il en pose un avec ceux qu’il a déjà gagnés et recommence. Lorsqu’il manque son coup, il cède son tour au second joueur qui exécute les mêmes passes avec ce qui reste d’osselets. Lorsque tous les osselets sont ramassés, chacun compte ses points : le gagnant est celui qui en a le plus.

On augmente les difficultés en complexifiant les figures à exécuter

Le jeu peut en effet continuer par plusieurs coups rendus graduellement de plus en plus difficiles. Ces coups portent des noms comme « le puits », « la passe », « la rafle » (rafle de deux c’est à dire ramasser deux osselets à la fois, rafle de trois, trois osselets à la fois ...)

Représentations artistiques du jeu des osselets

Dans l’Antiquité, une œuvre d’art célèbre connue sous le nom d’ « Astragalizontes » ou joueurs d’osselets représente deux enfants nus jouant avec des astragales. Une statue antique attribuée à Polyclète a pour nom « La joueuse d’osselets »

En Italie, au Musée de Naples, existe une représentation de Niobé jouant aux osselets avec ses filles (Fresque d’Herculanum).

Au XVIIIe siècle, Chardin a représenté dans une de ses compositions gravées une jeune fille assise devant une table sur laquelle on distingue quatre osselets posés à plat tandis que la jeune fille lance la boule d’ivoire.

En 1823, une lithographie de LEPRINCE atteste de la pratique du jeu des osselets

En 1870, M. LEMATTE, au Salon de 1870, expose un tableau représentant des joueurs d’osselets

Dans les alphabets illustrés du XIXe siècle, on peut également trouver des représentations du jeu des osselets.

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Contenu du dossier

Source : Atelier Canopé du Gers

Thème : Histoire

Jeux et jouets d'autrefois - Dossier

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