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Des contes à comparer (Claire Breton et Séverine Helleringer - Association Yennenga)

La jeune fille déguisée

Les contes

La septième fille. In Contes nubiens : Fana la discrète. Sureau Ayyam, Jiang-Hong Chen ill. École des loisirs, 2001. Neuf.

Alors que son père fait l’objet de pitié parce qu’il a sept filles, Bakhta, la septième, décide de sauver sa famille de la pauvreté en prenant l’apparence d’un garçon pour aller faire du commerce.

« Un jour la plus jeune des sept filles, qui s’appelait Bakhta, vint trouver son père pour lui demander des nouvelles de son échope. Il fut forcé de lui dire la vérité, car ses affaires allaient de mal en pis.
- Alors père, lui dit-elle, vous n’avez pas d’autre choix que de me laisser partir. Je vais revêtir des habits d’homme et tenter ma chance dans le commerce. ... »

La jeune fille déguisée en garçon prouve sa valeur et donne une leçon à ses sept cousins, fils du vaniteux frère de son père.
Mais la jeune aventurière se lie également d’amitié avec un prince, à qui elle ne voudra révéler sa véritable nature de femme que par une lettre. Au bout du chemin Bakhta retrouvera-t-elle son prince ?

La princesse déguisée : conte du Liban. L’harmattan, 1994. Joire Françoise et Darwiche Jihad.

Le roi a deux enfants, un garçon et une fille. Il part en pèlerinage avec son fils et laisse la princesse aux soins du Cadi. Celui-ci cherche à séduire la jeune fille et, devant son refus, la calomnie.
Le jeune prince, chargé de tuer sa sœur, se contente de l’abandonner dans le désert. Un prince la sauve et l’épouse.
Mais quelques années plus tard l’histoire se répète, la jeune femme doit à nouveau se défendre des avances du vizir. Le vizir furieux de son refus tue ses enfants et l’abandonne dans le désert.

« La princesse vendit ses bijoux et acheta des vêtements d’homme, un panier, du fil, des bobines, des allumettes et du savon et elle se mit à voyager d’un lieu à un autre en chantant :
- Je suis le colporteur, je vends du savon, je vends des bonbons, et des fils de couleur ... »


Elle prend seule son destin en main. Méconnaissable, elle arrive aux portes de la ville de son père. C’est par un conte qu’elle va pouvoir rétablir la vérité, et démasquer ses agresseurs.

L’exploitation des deux contes

Le déguisement :

Dans beaucoup de contes le héros utilise le déguisement de manière à se rendre méconnaissable et tromper son entourage. Dans ces deux contes, la femme a de très bonnes raisons de travestir son apparence, car elle parvient alors à contourner les règles rigides d’une société patriarcale.
On pourra remarquer que changer de vêtements, maquiller son visage ou employer la ruse sont des caractéristiques que certains qualifieront plus volontiers de féminines que masculines. Mais la véritable raison du déguisement, n’est-elle pas avant tout, de permettre à un personnage, plus faible en apparence, de triompher d’une situation ou d’un adversaire ?

À chacun son espace :

Dans les deux contes l’héroïne quitte la maison en même temps qu’elle se déguise. Elle prend possession de l’extérieur, acquiert une indépendance financière, rencontre l’amour. Elle ne trouvera cependant le bonheur qu’en revenant dans son foyer...

Le rôle social dévolu à la femme et celui dévolu à l’homme :

Mais le dénouement des deux contes reste le traditionnel mariage où la jeune femme (re)trouve sa féminité, un mari... et une protection masculine.

Contenu du dossier

Source : Canopé académie de Toulouse

Littérature de jeunesse : pour une égalité filles/garçons

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