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[1MELOT Michel, L’Illustration, histoire d’un art, Skira, 1984, pp. 219-220

L’illustration et sa relation au texte

Dans le chapitre intitulé Du Livre d’enfants à la bande dessinée , Michel MELOT [1], nous explique comment l’image « s’engouffre » dans la littérature enfantine. Prenant entre autre l’ exemple de grands éditeurs comme John NEWBERRY qui se firent, dès le milieu du XVIIIe, une spécialité des livres illustrés pour enfants, alors que la France n’en était encore qu’à l’image d’Épinal, il écrit :

« L’image d’Épinal, à ses débuts, était destinée aux adultes illettrés ou peu lettrés. L’édition de livres pour enfants nécessitait bien sûr la mise en place par les adultes d’un marché des produits pour l’enfance : costumes et jouets parmi lesquels apparut le livre illustré, qui gagna jusqu’à des classes sociales relativement modestes.
D’Angleterre, la mode essaima à Boston, New-York et Philadelphie où l’enseignement accéléré et pratique, considéré comme une nécessité économique, était beaucoup moins contrôlé qu’en Europe et n’y connaissait pas le poids des traditions. »

« En France aussi, l’image envahit les livres pour la jeunesse dès que la production industrielle des livres le permit et fit la fortune des grands éditeurs comme Hachette ou Hetzel.
Au milieu du XIXe siècle, La « Bibliothèque rose » publiait la Comtesse de Ségur illustrée par Gustave Doré, Bertall ou Castelli, tandis que Hetzel publiait Jules Verne (Magasin d’éducation et de récréation) illustré par Férat, Bennet ou Riou.
Ces premières illustrations de fiction pour enfants ont laissé de telles traces dans les imaginations que, spontanément, lorsqu’il est question « d’illustration », on pense à ces scènes à la fois exactes et fantastiques qui donnaient au texte un écho d’autant plus merveilleux qu’elles en suivaient plus fidèlement la formulation.
Le propre de ces images est en effet leur sérieux : gravité de la gravure sur bois, au trait, en noir et blanc, sous-titrée d’une sobre légende volée au texte ».

Intimement lié au développement économique du XIXe siècle, à l’intelligence et à l’esprit de prémonition d’un éditeur, la « Bibliothèque rose illustrée » va prendre son essor grâce à la verve sans pareille d’un auteur prolixe, la Comtesse de Ségur mais aussi grâce à la complicité d’excellents lecteurs que sont les dessinateurs et graveurs de l’époque. Ils mettent tout leur talent au service des textes.
La relation texte-illustration devient si forte que l’œuvre de la Comtesse ne saurait être lue sans être vue.

Notes

[1MELOT Michel, L’Illustration, histoire d’un art, Skira, 1984, pp. 219-220

Contenu du dossier

Source : Atelier Canopé du Gers

Thème : Lettres, littérature de jeunesse

La Bibliothèque rose illustrée et la Comtesse de Ségur

Atelier Canopé d’Auch

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