[1] GOTLIB, Rubrique à brac, Dargaud
En guise de conclusion...
Selon Isabelle JAN, « La littérature française des années 1860, en particulier celle diffusée par le Magasin d’Éducation et de récréation serait extrêmement timorée et moralisatrice si Hetzel ne s’était adjoint comme collaborateur régulier, Jules Verne.
Madame de Ségur et Jules Verne, à la même époque représentent les deux pôles opposés d’une littérature complètement institutionnalisée puisqu’elle peut s’exprimer de façon aussi diverse et même contradictoire »
Réalisme, sens aigu de l’observation, variété de styles d’écriture (dialogues, saynètes…), indéniable talent de conteuse (Mme de Ségur s’adresse très directement aux enfants) sont autant d’atouts qui font de la Comtesse l’un des tout premiers écrivains pour la littérature de jeunesse.
Son œuvre a fait se développer une collection qui a contribué à l’immense succès d’un éditeur. La collection choisie a quant à elle contribué, dès la seconde moitié du XIXe siècle, à diffuser largement cette œuvre auprès du public enfantin.
Aujourd’hui pourtant, cette œuvre a vieilli. Si nous ne pourrons jamais parler dans le cas présent de « classique » de littérature jeunesse, peut-être est-ce justement à cause de cet ancrage de l’œuvre dans une époque donnée ? Peut-être aussi à cause de cette visée moraliste chrétienne assez pesante qui sous tend l’œuvre dans sa totalité.
Le racisme et le conservatisme générés par l’œuvre l’ont sans doute éloignée du public auquel elle était destinée.
Et, même si épisodiquement quelques adaptations et reparutions se font jour dans le domaine éditorial - l’œuvre de la comtesse est aujourd’hui tombée dans le domaine public…- force est de reconnaître que ce sont plutôt la parodie et la caricature qui se sont emparés de l’œuvre de Mme de Ségur. [1]
Cette œuvre n’a pas encore totalement sombré dans l’oubli…
[1] GOTLIB, Rubrique à brac, Dargaud
Source : Atelier Canopé du Gers
Thème : Lettres, littérature de jeunesse