En conclusion, nous pouvons dire que le personnage historique est assez peu intéressant : c’est un soldat illettré de son temps qui appartient à la « petite histoire » ; le personnage dépeint par DUMAS est moyennement intéressant mais le roman est lui tout à fait extraordinaire. On galope jusqu’à la fin tragique. La trilogie toute entière mérite d’être lue comme un roman oedipien. Il faudrait construire une grille d’analyse. Athos « aime d’Artagnan comme son fils ». Athos a épousé Milady ; d’Artagnan deviendra une nuit l’amant de Milady... Cette histoire on le voit en rappelle une autre.
Il faudrait également lire ce roman comme un roman des quatre éléments (selon la critique bachelardienne) : Porthos représenterait la Terre, Aramis , l’Eau (souvenons-nous comme il pleure sur un vaisseau à la mort de Porthos) ; Athos serait l’Air (il meurt dans une vision d’élévation) et d’Artagnan, le Feu, (le boulet de canon).
Ces personnages peuvent être étudiés comme des symboles. Les types littéraires deviennent mythes et peut-être pouvons-nous dire que tant qu’il y aura de nouvelles adaptations, de nouvelles réécritures, de nouveaux fantasmes, peu importe qui était le véritable d’Artagnan, le mythe perdurera.
Source : Atelier Canopé du Gers