Dumas est né en 1802.
Il a quarante deux ans quand il écrit. C’est entre 1844 et 1848 qu’il écrit Les Trois mousquetaires, Vingt ans après, Bragelonne, La Reine Margot, Les Quarante-Cinq, La Dame de Monsoreau, Joseph Balsamo, Le Chevalier de Maison-Rouge, Le Collier de la reine, La comtesse de Charny... en quatre ans !!!
Mais, pour ses contemporains, Alexandre DUMAS est d’abord un homme de théâtre : avant l’Hernani de Victor HUGO, Henri III et sa Cour d’Alexandre DUMAS a remporté en 1829 un énorme succès. C’est que DUMAS a compris dès cette époque qu’il y a deux moyens de réussir : les femmes et l’histoire. Pour les femmes, pas de problème, Dumas est un grand séducteur à qui on attribue près de 300 maîtresses, dont celles pour qui il écrit. Sa vie se déroule toujours entre trois femmes, celle avec qui il vit à Paris, celle avec qui il part en voyage et la troisième qu’il rencontre en voyage. On retrouvera ces trois femmes chez D’Artagnan. Avec Henri III, il comprend que l’histoire est un « bon filon ». Il commence par écrire des essais historiques. Un Essai sur Louis XIV précède les Trois mousquetaires.
Les règles qu’utilise le romancier sont différentes de celles utilisées par l’historien : c’est délibérément que DUMAS pratique l’anachronisme. Lors d’un séjour à Marseille, son ami le bibliothécaire l’oriente vers les Mémoires de Courtilz de Sandras... Pour le fond historique, un professeur d’histoire, Maquet, le conseille.
DUMAS est un auteur des plus prolifiques...Sa réputation de bon vivant est trompeuse : il ne mange pas, ne boit pas, ne fume pas. Son idéal de vie, c’est une plume, du papier et une femme. Pendant que sa maison est investie par les pique-assiette, Dumas, enfermé dans une tour, écrit douze à quatorze heures par jour. 634 ouvrages, 27000 personnages... Il répond à des exigences romanesques : il rajeunit d’Artagnan, fait se dérouler l’histoire sous Louis XIII, met en scène Porthos, Athos et Aramis et invente le paradoxe : le paradoxe des trois mousquetaires est... qu’ils sont quatre ! D’Artagnan deviendra mousquetaire à la fin du roman. Le livre est créé.
On ne peut toutefois pas comprendre le personnage de fiction de d’Artagnan au travers de ce seul livre de DUMAS, les Trois Mousquetaires. Il faut le voir au travers du prisme de la trilogie. Le livre de Dumas, les Trois mousquetaires, est un ouvrage dont le héros a dix huit ans et qui est rédigé par un homme de quarante deux ans. En revanche, six mois après cet écrit... vingt ans ont passé : Dans Vingt ans après, d’Artagnan a quarante deux ans (c’est-à-dire l’âge de DUMAS écrivant), Athos doit avoir vingt cinq-vingt six ans et les autres environ vingt trois ans ; dix ans après, lors de l’écriture du Vicomte de Bragelonne, DUMAS a toujours... quarante deux ans, d’Artagnan lui en a cinquante deux et Dumas le fait mourir à Maëstricht, dont le père de Dumas avait été gouverneur...
D’Artagnan... ça évoque quoi ?
Le panache, la générosité, les duels ...
Les duels sont pourtant peu glorieux !
Dans les Trois mousquetaires, DUMAS relate six duels : D’Artagnan contre Rochefort lors de son arrivée à Meung, d’Artagnan à Paris contre les gardes du Cardinal, contre les agresseurs de Constance Bonacieux, de nouveau contre Rochefort, contre Lord de Winter et contre l’amant de Milady et ces duels tournent souvent au ridicule.
Générosité ? désintéressement de d’Artagnan ?... d’Artagnan vole Bonacieux avant de le cocufier. Cet adultère choquera tant les Américains que dans l’un des meilleurs Trois mousquetaires du cinéma, celui de George Sidney, Constance ne sera pas l’épouse mais la fille de Bonacieux, la morale est sauve. D’Artagnan se fait entretenir par ses amis... il prend le diamant de la Reine et accepte le saphir offert par Milady...
D’Artagnan grand séducteur ? D’Artagnan aime Constance Bonacieux, une petite lingère... déjà mariée ! Il connaîtra une passade avec la jeune soubrette de Milady parce qu’elle lui permet d’écouter aux portes ! et il séduit Milady de nuit... en se faisant passer pour son amant, avant de s’enfuir, déguisé en femme.
Son ambition est de devenir adjudant, adjudant-chef mais, à la fin de l’histoire il sera lieutenant (mot à mot « qui tient lieu de »), c’est dire que vingt ans après, il n’aura pas pris de galon... Plus mal loti que le D’Artagnan historique, il n’a pas d’appartement et, logé dans une auberge qu’il ne peut payer, il devient l’amant de Madeleine sa logeuse...
Source : Atelier Canopé du Gers