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Programme à moyen terme
de développement de l'enseignement de la langue et de la culture
occitanes
L'introduction, premier chapitre de la circulaire,
est ici reproduite dans son intégralité
1. EXPOSÉ DES MOTIFS
Orientations ministérielles
et politique académique
- Après la loi Deixonne de 1951 et tout particulièrement
depuis 1982, plusieurs textes et mesures ont contribué à
organiser progressivement l'enseignement des langues et cultures
régionales. Les circulaires 82-261 et 83-547 de 1982-1983
ont proposé un dispositif et des mesures pour chaque niveau
d'enseignement. En 1989, la loi d'orientation sur l'éducation
a rappelé la possibilité d'offrir, à tous les
niveaux de l'enseignement, une place aux langues régionales
dans la formation des élèves. La circulaire 95-086
d'avril 1995 a précisé les objectifs, "veiller à
la préservation d'un élément essentiel du patrimoine
national", "améliorer la transmission des langues et cultures
régionales" et les modalités de cet enseignement,
notamment pour l'enseignement bilingue.
- En ce qui concerne plus particulièrement l'occitan et
l'Académie de Toulouse, les initiatives prises en 1989 par
le ministre de l'Éducation nationale ont abouti à
l'ouverture des premières sections bilingues, à la
création du CAPES d'occitan-langue d'oc ainsi qu'à
la définition et à la mise en oeuvre d'une politique
académique fondée sur la concertation, la planification
et des moyens spécifiques. En 1994 un second
plan académique et une convention Rectorat/Région
ont prolongé la mise en oeuvre du premier plan.
Situation sociolinguistique de la langue et
de la culture occitanes
- Comme l'ont montré des enquêtes récentes,
la connaissance et l'usage social de l'occitan, bien qu'ayant fortement
régressé, sont cependant beaucoup plus importants
que ce que l'on pense généralement. La langue occitane
reste la langue "régionale" qui, tant au niveau de l'espace
concerné que du nombre de locuteurs est une des plus importantes
d'Europe et la première de France.
- L'intérêt pour la langue et la culture occitanes
s'est accru. Paradoxalement, l'amélioration de son statut
et des "représentations" s'est développé parallèlement
au recul de la pratique et de la transmission familiale de la langue.
La prise de conscience d'un risque de disparition a entraîné
une meilleure reconnaissance sociale, une sympathie plus active,
qui traversent les différents courants de pensée.
On note aussi un regain de créativité dans les différentes
expressions culturelles dont la langue et la culture occitanes sont
les supports. On remarque, dans les enquêtes sociolinguistiques,
des taux élevés de personnes "favorables à
leur enseignement". Cela démontre un attachement réel
à la langue et la conscience de l'enjeu que représente
l'enseignement pour son avenir.
- Les mesures prises en faveur de l'enseignement de l'occitan ont
à la fois accompagné et renforcé l'amélioration
du statut de la langue et de la culture occitanes dans l'opinion.
Le fait que l'école enseigne à des enfants la langue
qu'elle avait jadis interdite à leurs grands-parents démontre
ce changement.
Outre cet effet indéniable de revalorisation,
les plans académiques ont permis d'élargir l'offre d'enseignement,
de développer l'encadrement et d'expérimenter de nouvelles
formes d'apprentissage.
-
Pour l'enseignement de l'occitan, l'Académie
de Toulouse arrive en tête des académies du domaine
d'oc, avec près du tiers de l'effectif, soit 30 000 élèves
environ.
- Dans les écoles, ce sont les formes extensives d'enseignement,
information-sensibilisation et initiation, qui sont les plus répandues.
840 écoles proposent des activités de ce type. L'enseignement
bilingue est offert sur 10 sites publics et 8 sites associatifs
en voie de contractualisation.
- Dans le secondaire, 132 collèges et lycées, essentiellement
publics, proposent un enseignement de l'occitan.
-
Ces évolutions, bien qu'elles soient positives,
restent cependant insuffisantes.
L'enseignement de la langue
et de la culture occitanes doit être conforté
- La langue et la culture occitanes sont le produit de l'histoire
du territoire où vivent nos élèves. Connaître
et comprendre cet espace implique de les prendre en compte, sous
des formes et à des degrés qui peuvent être
divers. Elles sont une partie intégrante de notre héritage
culturel. Les oublier n'est pas un signe de modernité mais
une perte de substance.
- Leur enseignement contribue ainsi :
- à l'intégration de nos élèves dans
une région dont la langue et la culture sont un patrimoine
auxquels ils doivent avoir accès, dans notre pays, la France,
dont la diversité est une richesse qu'il convient de préserver,
- à l'activation de voisinages linguistiques et culturels.
La langue et la culture occitanes, présentes aussi en Italie
et en Espagne, sont au centre d'un arc roman qui relie les péninsules
italiques et ibériques. Le domaine d'oc sert ainsi de transition
vers l'Europe du Sud en son sein.
L'apprentissage de l'occitan dans cette perspective de promotion régionale
et d'ouverture vers les langues et cultures voisines peut faire émerger
ce sentiment de pluri-appartenance et favoriser la démarche
qui mène à l'édification d'une Europe harmonieuse,
assumée de l'intérieur par de nouvelles solidarités
euro-régionales facilitées par des proximités
linguistiques et culturelles valorisées.
Compte tenu des motifs exposés ci-dessus, il
apparaît à présent nécessaire et possible
de mettre en oeuvre un programme de développement à
moyen terme dont cette circulaire vise à préciser les
conditions d'accomplissement dans le domaine de l'organisation pédagogique.
Elle sera assortie du troisième plan académique
de développement de l'enseignement de la langue et de la culture
occitanes, à la mise en oeuvre duquel les collectivités
locales concernées seront invitées à s'associer
selon des formes qui seront précisées ultérieurement.
Ce programme concerne tous les établissements
publics et tous les établissements privés sous contrat
de l'Académie de Toulouse. Il porte sur la période 1999-2006.
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