Repères

Le conte objet pédagogique



Le conte est bon

 Le conte est objet privilégié à la fois de la littérature, de la littérature orale et de la littérature comparée. Il est facteur et vecteur d'interculturalité. Groupements de variantes et de versions différentes du même conte-type, élaboration de corpus pouvant s'enrichir au gré de collectages et d'échanges, traçage de parcours thématiques ou linguistiques : le conte permet variations, déclinaisons, collections. Sous le singulier générique, le conte est pluriel : le conte populaire, qui est notre champ d'investigation, le conte philosophique, le conte fantastique... (sans parler de l'emploi indifférencié au XIXe siècle des mots conte, histoire, nouvelle par Poe, Maupassant, Nodier..). Présent dans les programmes (primaire, secondaire, universitaire), il se prête à des approches pluridisciplinaires, à des lectures plurielles, et propose de nombreuses exploitations pour la maîtrise de la langue (orale et écrite) et des langues.
Gardons de ces approches quelques dispositifs ( en laissant de côté les approches anthropologiques, historiques, psychanalytiques) permettant de mettre en place des outils d'analyse du récit, de  structuration narrative, utilisables en lecture, écriture, et dans la maîtrise de l'oral. Ainsi les méthodes analytiques de Propp, Greimas, Brémond, applicables à d'autres genres littéraires et au cinéma, peuvent être utilisées dès le cycle III.


Le conte occitan

Le conte occitan n'est pas une catégorie à part dans le conte populaire. Comme tous les contes en langues régionales, il est fortement inscrit dans le patrimoine. Les ancrages dans le folklore local (coutumes, cuisine, costumes, formules, rituels festifs...), dans l'environnement humain (habitat, travaux...) ou naturel (faune, flore, topographie, géographie...) sont à étudier comme variables du conte. Reste "le noyau dur" des invariants, qui permet de soumettre le conte occitan aux mêmes outils d'analyse que les autres contes : structure, schéma actantiel, déroulement narratif. Les contes occitans peuvent être étudiés par rapport aux contes-types, et dans l'intertextualité de démarches comparatives. Les variables permettent de mettre en évidence l'originalité de faits linguistiques (incipit, clausules) et culturels, de motifs particuliers, les invariants de repérer des leitmotive - et de proposer un corpus autour des schèmes ou thèmes organisateurs.

Ce patrimoine oral des contes occitans, d'une immense richesse (que l'on considère la diversité des terres, terrains, territoires - terreaux et terrains de la vie de la langue) et d'une grande fragilité (déperdition de la mémoire et de la langue par la disparition des anciens), il faut le sauvegarder, le conserver. C'est tout le paradoxe de la littérature orale. Comment restituer, par l'imprimé, en l'absence d'enregistrements, la richesse de la narration orale, faite de verbal et de paraverbal, la voix, les gestes, le jeu du conteur, et la parlure de la langue, les idiotismes locaux ou personnels, l'accent...? Transcription, et traduction si l'on veut, au-delà de l'objectif strictement linguistique, transmettre une culture, sont toujours proches de la trahison. Pour vivre, même dans les écueils signalés, le conte a besoin du conteur, du collecteur, de la collection (les recueils qui recueillent la collecte et la conservent, tous supports confondus). Au XIXe siècle et au début du XXe siècle des transcripteurs ont assuré la transmission de nombreux contes jusqu'à nous.



© CRDP de Toulouse- Thém@doc - Occitan, langue et culture vivantes, 2002.
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