Repères - Le conte occitan

Les transcripteurs


Jean-François BLADÉ - Antonin PERBOSC - Vincent FOIX (biographie bilingue)



Jean-François BLADÉ  (1827-1900)

De son prénom de baptême Zéphyrin, qu'il détestait, Jean-François BLADÉ est né à Lectoure, dans le Gers, en 1827. Il est élevé dans une maison bourgeoise où les femmes, sa grand-mère, sa nourrice, les servantes, lui racontent légendes et contes, lui chantent des comptines et de vieilles chansons en langue d'oc. Cette enfance heureuse forgera à jamais son amour des vieilles traditions populaires, et sa véritable vocation  de "passeur", de transcripteur. Pour satisfaire à la volonté paternelle, il fait des études de droit à Toulouse et reprend l'étude familiale sans enthousiasme. À ses heures perdues, il se consacre à l'écriture, publie quelques nouvelles dans la "Revue d'Aquitaine", mais son désir de recueillir poésies, contes, dictons, chansons, pour les conserver et les transmettre aux générations futures est le plus fort, et il part à pied, sur les routes de l'Armagnac, de l'Agenais, de la Bigorre, du Comminges, des Landes...
Il transcrit, fidèlement, en "bon sténographe" (selon son expression) les récits dictés par ses interlocuteurs en dialecte natal. À la fin de  chaque récit sont notés le nom du narrateur, son lieu de naissance ou d'habitation, son âge, sa profession. Le premier recueil, Contes et proverbes populaires recueillis en Armagnac, est publié en 1866. Pour gagner la vie de sa famille, il accepte de s'inscrire au barreau d'Agen, où il réside. Il n'achèvera jamais ce qu'il croyait être l'oeuvre de sa vie : Histoire de la Gascogne jusqu'à la fin de l'époque ducale. Il meurt lors d'un voyage  à Paris en 1900.



Antonin PERBOSC (1861-1944)
Instituteur, poète, folkloriste gascon

Il fut d'abord instituteur à Comberouger, un petit village à 30 km de Montauban, puis à Loze, près de Villefranche-de-Rouergue. Il avait inculqué à ses élèves l'intérêt pour les traditions et le patrimoine de leur région, et avait regroupé les plus passionnés en une "société traditioniste" (51 élèves, filles et garçons, entre 1900 et 1908).
Ces élèves recueillaient dans leur entourage le patrimoine oral : chansons, dictons et proverbes, légendes, contes... Ils notaient fidèlement, sans y rien changer, les récits en dialecte local. Les plus jeunes élèves, qui ne savaient pas encore écrire, contaient à leurs camarades plus âgés, qui écrivaient sous leur dictée (méthode très innovante). Le travail réalisé par Perbosc et ses écoliers suscita l'attention des savants folkloristes au Congrès des Traditions populaires de Paris en 1900. Les récits contés  par les enfants ont été transcrits par Perbosc en notation phonétique, pour respecter leur accent et leur intonation. Ses publications sont actuellement introuvables.

Michèle Simonsen a publié dans  Jean le Teigneux et autres contes populaires français,  École des Loisirs, 1985, deux contes recueillis par des élèves d'Antonin Perbosc :

  •  La Fille du Pellegrilleur  (= le jardinier), conte de Gascogne recueilli en 1899 par Marguerite  Delibes, écolière à Comberouger. Thème du "fiancé animal", comme Le serpent, se doublant du thème "recherche de l'époux disparu" (type "Éros et Psyché" dans l'Âne d'Or d'Apulée, La Belle et la Bête  etc)
  • La Nuit des Quatre-emps, conte du Rouergue, recueilli en 1900 par Gabriel Delrieu, écolier à Loze. Intéressant par son mélange de motifs réalistes, fantastiques, facétieux. À rapprocher des contes de loups  et de meneurs de loups.

Les notations sur Antonin Perbosc sont issues du même ouvrage.



Vincent FOIX


Né en 1857 à Narrosse (Landes), Vincent Foix fut curé à Magescq, Mugron et enfin à Laurède (Landes) où il resta jusqu'à sa mort en 1932. Il écrivit beaucoup d'études d'Histoire, de Linguistique et de Littérature landaises, et surtout accumula une énorme quantité de documents et de notes  qui sont aujourd'hui déposés aux archives départementales des Landes. "L'excellent folkloriste V. Foix" (E. Le Roy-Ladurie) a publié en 1904 Sorcières et Loups-garous dans les Landes (tiré de la Revue de Gascogne) et, en ce qui concerne la littérature populaire, Poésies populaires landaises en 1890 (sans nom d'auteur). Il semble que Le Serpent soit le seul conte qu'il nous ait laissé. 
  Vadut en 1857 à Naròssa (Lanas), Vincenç Foix qu'esté curat de Magescq, Mugron e per la fin de Laurèda on damorè dinc a sa mòrt en 1932. Qu'a escrivut hòrt d'estudis d'istòrian de linguistica et de literatura landesas, e sustot amassat un hèish de documents e nòtas de recèrca qui son adara aus archius de las Lanas. "L'excellent folkloriste V. Foix" (E. Le Roy-Ladurie) qu'a publicat en 1904  Sorcières et Loups-garous dans les Landes (tirat de la Revue de Gascogne e, tà literatura populara, Poèsies populaires landaises en 1890 (shens nom d'autor). Lo Serpent que sembla que sia lo sol conte qui ns'aja deishat. 

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