Histoire imaginée et illustrée par Nikolaï Popov, texte de Géraldine Elschner, Nord-Sud.
Adaptation et réalisation : Marcel Austin.
Production : La Cinquième/CNDP, 1997.
La grenouille, assise dans un champ fleuri et paisible, contemple la fleur qu’elle vient de cueillir. Mais la fleur est convoitée par la souris qui s’en empare. Le clan des grenouilles n’entend pas en rester là et riposte aussitôt. L’escadron des souris contre-attaque. Ainsi commence l’escalade vertigineuse de la violence.
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Langue française et éducation littéraire
Parler et comprendre
Remarque : cette histoire a la particularité de ne pas avoir été imaginée par son rédacteur.
L’enseignant propose aux élèves de reformuler l’histoire vue et entendue, puis il les incite à échanger en cas de désaccord sur la compréhension de l’histoire, que ce soit sur la compréhension littérale ou sur la compréhension fine (ne pas hésiter à visionner de nouveau le film, partiellement ou dans son intégralité, afin de vérifier les hypothèses émises). Il peut également les inviter à donner leur point de vue sur le film vidéo (j’aime/je n’aime pas et pourquoi, cela ressemble à…, je préfère la lecture, etc.), et cela aussi bien sur le contenu de l’histoire que sur la réalisation (son, image). Les élèves peuvent, après avoir identifié les différentes étapes du récit, proposer une suite à celui-ci : entente, reconstruction… Ils peuvent également construire un tout autre récit à partir de l’instant où la souris a souhaité posséder la fleur (dialogues, partage, autres fleurs…).
L’enseignant incite les élèves à présenter leur interprétation du récit ; par exemple, il engage un débat sur la guerre, ses causes et ses conséquences. La question finale mérite d’être débattue : Pourquoi ? Les élèves prennent ainsi conscience de la futilité du litige, l’enseignant les incite à effectuer un parallèle avec d’éventuels conflits de leur vie quotidienne (Comment le conflit a-t-il commencé ? Pourquoi ? Quelle en a été l’issue ?).
L’enseignant permet aux élèves de remarquer que la cause du conflit est la convoitise (« La nouvelle venue ne regarde que la fleur qu’a cueillie la grenouille, comme si de toutes les fleurs… ») ; il les invite à présenter leur définition de ce mot. Il les guide afin qu’ils prennent conscience que, au cours des batailles, l’objet même de la convoitise est détruit et que donc le conflit se nourrit de lui-même.
Le trajet suivi par le parapluie est un élément important de l’histoire ; les élèves en présentent leur interprétation. Il est également intéressant de leur faire remarquer que, au début du récit, la pliure du livre représente la ligne qui ne doit pas être franchie. De même, ils prendront conscience de la symétrie du récit : symétrie entre les actions des grenouilles et celles des souris (« les souris d’un côté, les grenouilles de l’autre »…), entre les deux pages du début du récit, entre le début et la fin de l’histoire (on note le renversement de situation : la souris possède la fleur et la grenouille le parapluie, seulement les deux sont détruits).
L’absence de dialogues semble être un choix délibéré de l’auteur (l’absence de communication engendre la violence). On remarque également que la rupture de communication est représentée par la destruction du pont.
Lire à haute voix
Après leur avoir procuré le texte du récit, demander aux élèves de s’entraîner dans le but de remplacer la voix du film. L’enseignant s’assure avec les élèves de la concordance du texte et des images. L’ajout de bruitages et l’utilisation de quelques instruments complètent cette production. La finalité de ce travail est une présentation face à la classe : il suffit pour cela de passer la vidéo sans la bande sonore.
Cette activité permet une prise de conscience de la dissociation de l’image et du son (notion importante, tout particulièrement dans l’analyse des documentaires filmés accompagnés d’un commentaire).
Écrire
Différentes productions d’écrits peuvent être envisagées : rédiger ses impressions sur l’histoire, rédiger un récit en en prenant le point de vue d’un personnage extérieur au conflit (par exemple, un oiseau qui verrait la situation de toute la hauteur que lui permet son vol). Celles-ci pourront être consolidées par des séquences d’enseignement « décrochées » concernant l’observation réfléchie de la langue française, par exemple en travaillant sur l’emploi des temps du récit ou sur le champ lexical de la guerre (champ de bataille, victoire, l’affront, savourer la victoire…).
Éducation artistique
Arts visuels
Au début du récit, il est pertinent de s’attarder sur l’expression et la posture de la grenouille (souriante, avenante…) ainsi que sur celles de la souris (envieuse…). Les élèves remarquent également la spécificité des illustrations, tout particulièrement le choix des couleurs : dominante de vert au début du récit alors que le noir et le gris sont très présents à la fin de l’histoire ; on relève une progressivité dans le changement de couleur. On note, d’ailleurs, que la souris est grise et la grenouille verte, ce qui n’est certainement pas anodin.
À partir d’extraits soigneusement sélectionnés, les élèves notent le rôle spécifique de l’image dans l’aide à la compréhension :
- l’image consolide la narration, (la destruction du pont…) ;
- elle apporte des informations qui ne figurent pas dans le texte (les engins de guerre utilisés…) ;
- elle apporte des renseignements complémentaires au texte (expressions et postures des souris et des grenouilles…).
Les élèves s’expriment sur les images animées qui consolident le récit (la fuite des grenouilles, le déplacement des « chars », la destruction du pont, l’écrasement de la fleur par le mouvement d’une roue…). Les effets spéciaux peuvent être comparés à ceux utilisés au cinéma, par exemple les explosions.
Ils relèvent le rôle du cadrage : plan d’ensemble pour contextualiser une action, plan rapproché pour caractériser un personnage, gros plan pour insister sur un élément précis. On remarque particulièrement l’utilisation du plan latéral qui consolide la notion de symétrie du récit.
L’enseignant propose aux élèves de se substituer à l’illustrateur : à partir de la bande-son, ils réalisent des productions plastiques en adéquation avec l’histoire entendue.
Il peut présenter des œuvres ou créations liées à la guerre (par exemple, le bouclier de Charles IX, certains vitraux du XVIe siècle).
Éducation musicale
Après une écoute attentive, les élèves remarquent l’importance de la bande-son dans l’aide à la compréhension. Ils en relèvent les caractéristiques ; par exemple, ils peuvent :
- différencier les extraits musicaux utilisés et noter que les changements correspondent aux différentes étapes du récit ;
- s’exprimer sur le choix de la voix du narrateur ; on pourra se demander si une voix enfantine aurait donné la même gravité au récit ;
- reconnaître les bruitages : explosions, plaintes des souris et des grenouilles…
L’enseignant permet aux élèves d’établir des liaisons avec des musiques de films de guerre, par exemple : La Chevauchée des Walkyries de Wagner dans Apocalypse Now.
Pistes pédagogiques pour d’autres champs disciplinaires
Histoire
Approcher les guerres à travers l’histoire.
Effectuer une étude plus approfondie sur une guerre en particulier (causes, conséquences…).
Identifier des personnages célèbres qui ont œuvré pour la paix (le Dalaï Lama, Nelson Mandela…).
Connaître la création et le rôle de l’ONU.
Retenir le vocabulaire : guerre mondiale, guerre civile, tranchées, Armistice, fascisme, nazisme, résistance, déportation, camp d’extermination, Résistance, débarquement, Libération…
Éducation civique
Réfléchir au fondement d’un règlement (il n’est pas uniquement contraignant, il préserve les droits de chacun).
Participer à des débats citoyens, par exemple sur :
- le respect de la propriété d’autrui ;
- le respect des règles de vie en collectivité ;
- l’importance du dialogue en cas de désaccord.
Mise en réseau
L’étude d’autres récits permet une mise en relation de divers ouvrages (du même auteur, du même illustrateur, d’une même structure ou sur le même thème).Voici une sélection à titre d’exemple.
Du même auteur
Petit Indien terre de neige, Nord-Sud, 1998.
Sur des sujets proches
Albums de jeunesse
Embrouille chez les grenouilles, Pierre Cornuel, Grasset Jeunesse, 1998.
Flon-Flon et Musette, Elzbieta, L’école des loisirs, Pastel, 1993.
Le Long Voyage, Pierre Bourgeat, Syros, 1992.
Romans pour la jeunesse
De la guerre à la mer, Gilles Fresse, Éditions du Bastberg, 1998.
Grand-père, Gilles Rapaport, Circonflexe, 1999.
La Lettre allemande, Géva Caban, Seuil, coll. « Petit point », 1991.
Le Temps des cerises, Jean-Baptiste Clément, Philippe Dumas, L’école des loisirs, 1990.
Pour en savoir plus
La Déclaration des droits de l’enfant, Grasset, 1990.
Dessine-moi la paix : la guerre vue par les enfants de l’ex-Yougoslavie, Unicef, Chêne, 1994.
La Guerre, PEMF, 1991.
« L’Enfant et la guerre », TDC, n° 764, 11-30 novembre 1998.
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Fiche rédigée par Annick
Vinot, conseillère pédagogique, Dourdan, Essonne (91)
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