Vous êtes ici : Accueil > Tous les numéros > Boîte à OuTices > Apprendre par le jeu > 2025 ExMachina : des exemples d’exploitation en classe
N°16 - Juin 2013

Actualites

Du mercredi 20 au vendredi 22 novembre 2013

Educatec-Educatice : salon professionnel de l'éducation

Mercredi 11 et jeudi 12 décembre 2013

Les boussoles du numérique

Recherche

Recherchez sur le site

Newsletter

S'inscrire à la lettre d'information L'École numérique

La librairie en ligne de l'éducation
Agence nationale des usages TICE

2025 ExMachina : des exemples d’exploitation en classe

Le jeu d’enquête et d’investigation 2025 ExMachina produit par Tralalere permet à l’adolescent de comprendre comment des éléments personnels mis sur la Toile aujourd’hui peuvent avoir une influence sur sa vie de demain. Retour d’expériences sur des usages du jeu en classe.

Un réseau de personnes ressources dans l’académie de Strasbourg

Depuis début 2010, l’académie de Strasbourg a mis en place des actions de sensibilisation et de formation ciblées sur un public précis. Ces actions sont coordonnées par Dominique Zahnd, chargée de mission « Éduquer à Internet » pour l’académie. L’objectif est de former des personnes ressources qui pourront ensuite retransmettre les informations, constituer des équipes locales, et aider à la mise en œuvre d’ateliers s’appuyant sur les jeux sérieux dans leur établissement.

Ces formations ont d’abord été proposées aux enseignants documentalistes qui ont pu tester les jeux sérieux et bénéficier de conseils pour leur mise en place. À partir de janvier 2011, ce sont les infirmiers coordonnateurs du bassin du Haut-Rhin qui seront formés et transmettront leurs compétences à l’ensemble du réseau 68. Sur demande, les établissements peuvent également bénéficier d’une petite formation pour une équipe pédagogique.

Exploitation des jeux sérieux au collège

Le collège souhaitait sensibiliser les élèves aux risques liés à la diffusion d’informations personnelles sur le Net. Cette démarche collaborative s’inscrit dans un projet global d’établissement mais aussi dans un projet spécifique d’apprentissage info-documentaire. Une enseignante de mathématiques et moi-même, enseignante documentaliste, avons exploité les très riches ressources pédagogiques du site Internet sans crainte.

Pour les élèves de 4e et de 3e, un « vrai » jeu sérieux a été utilisé. Au préalable, nous avons demandé aux élèves ce que représentait pour eux un réseau social puis un rapide sondage a permis de déterminer le nombre d’entre eux ayant un profil Facebook. Dans un deuxième temps, nous avons lancé le jeu en classe entière. Enfin, nous avons animé un débat à partir des éléments du jeu de façon à mettre l’accent sur les points suivants :

  • savoir faire la part des choses entre ce qui relève du domaine intime, familial, amical ou général ;
  • savoir qu’on ne peut pas tout dire à tout le monde afin d’éviter d’éventuels préjudices.

En fin de séance les élèves ont reçu une fiche « Conseil pour mieux surfer ! », éditée sur Internet sans crainte.
L’activité a été réalisée au cours d’une séance d’une heure, une seconde heure pouvant servir à approfondir des éléments du jeu et reprendre les différents points traités sur le document distribué.
Les élèves ont beaucoup apprécié ces échanges et l’expérience a été très agréable et intéressante pour nous, enseignants : l’attitude réfléchie et consciente de certains jeunes est contrebalancée par la naïveté et l’inconscience des autres. Une action indispensable !

Esther FOESSEL
Enseignante documentaliste, collège Gambetta, Riedisheim (68)

Pour en savoir plus

Les réseaux sociaux : au cœur de la vie privée des lycéens

Dès son lancement, début 2010, le lycée Lambert de Mulhouse a souhaité utiliser le premier épisode du jeu sérieux d’éducation critique à Internet avec toutes nos classes de 2de. Consacré à l’usage des réseaux sociaux, il était bien en phase avec leurs pratiques quotidiennes privées et permettait d’introduire une réflexion, au lycée. Des séances ont été organisées par demi-groupe, encadrées par le professeur documentaliste et le professeur principal de la classe.

Les échanges qui ont précédé et suivi le jeu ont été riches mais non dénués d’ambiguïtés. La grande majorité des élèves est inscrite sur un ou plusieurs réseaux sociaux et maîtrise parfaitement le fonctionnement du jeu ; ils sont à l’aise dans ce flux constant de message. Face à cette maîtrise technique, les adultes sont facilement déconcertés. Les lycéens de 2de ont aussi une idée assez précise des attentes des adultes sur ce que doit être un comportement responsable, ce qui leur permet de finir honorablement le jeu. Dans les échanges ultérieurs, ils admettent spontanément ne pas prendre les mêmes précautions lorsqu’ils sont vraiment sur Facebook. Ils savent qu’il convient de protéger leurs données personnelles, qu’ils peuvent choisir les paramètres de confidentialité, mais ne le font pas forcément. De façon paradoxale, ils appréhendent intellectuellement les risques encourus et peuvent les illustrer par des exemples, mais ces risques restent, pour eux, très virtuels. Ils se projettent peu dans l’avenir et ont du mal à imaginer les conséquences dans leur vie d’adultes de traces laissées sur le Web. De même, ils ont beaucoup de mal à percevoir la dimension économique et commerciale des réseaux sociaux et confondent allègrement publicité ciblée et information. Reformatées par les réseaux sociaux, les notions d’amitié et d’intimité, pour eux, sont floues. Les échanges entre eux et avec des adultes amorcés à l’occasion de ces ateliers peuvent les aider à mûrir sur ces questions en s’éloignant un peu des écrans. Le jeu sérieux permet de les décentrer par rapport à leur propre expérience.

Claire TRIDON
Enseignante documentaliste, lycée Lambert, Mulhouse (68)

Quel bilan un an après ?

Pour rédiger cet article, nous avons demandé à quelques élèves en classe de 1re si leur comportement avait changé depuis l’an dernier. Voici un aperçu de leurs réponses :

  • « J’ai complètement verrouillé mon profil depuis l’an passé. Avant, je ne faisais pas du tout attention à ce qu’on pouvait voir de moi sans être mon ami. »
  • « Je fais très attention aux amis que j’accepte. Avant j’en voulais le plus possible. Maintenant, je n’ai plus envie d’augmenter leur nombre. »
  • « Je m’occupe de mes deux petites sœurs ; j’ai paramétré leur profil. Pourquoi moi et pas mes parents ? euh… ils ne sont pas très branchés nouvelles technologies… »
  • « Je me demande quelles traces on pourra voir de moi dans quelques années. J’essaye vraiment de ne rien laisser de compromettant ! »

Dominique ZAHND
Professeure de SVT, chargée de mission « Éduquer à Internet », académie de Strasbourg

Pour en savoir plus