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Scratch : « Imagine, programme, partage ! »

Scratch est un logiciel libre conçu pour initier les élèves dès l’âge de 8 ans à des concepts fondamentaux en mathématiques et en informatique. Il repose sur une approche ludique de l’algorithmique et propose à ses utilisateurs de les aider à créer, à raisonner et à coopérer sur le Web.

Apercu info.scratch.mit.eduDéveloppé par le groupe de recherche Lifelong Kindergarten auprès du laboratoire Média du MIT, Scratch est un nouveau langage de programmation qui facilite la création d’histoires interactives, de dessins animés, de jeux, de compositions musicales, de simulations numériques, etc. Il favorise également leur partage sur le Web : à partir de 2007, un site a été ouvert afin de permettre à tous de publier, donc de faire partager, ses projets sur le Web et d’apporter une aide à la mise en œuvre de Scratch.

Utilisation à différents niveaux

Scratch est un langage dynamique qui permet de modifier le code du programme en cours d’exécution. Orienté multimédia pour une initiation des élèves à l’univers informatique, il appréhende avec une grande facilité les concepts de base de la programmation (boucles, tests, affectations de variables), et surtout ceux de la manipulation des objets, des sons et des vidéos. Le code est directement inscrit dans la langue maternelle de l’enfant (une vingtaine de langues européennes est disponible) sous forme de briques de couleurs (par exemple les contrôles en jaune, les variables en rouge, les mouvements en bleu, etc.). Scratch permet ainsi à l’enseignant de développer sa pédagogie par une interactivité quasi ludique des objets manipulés par ces briques logicielles.

Le nom de Scratch fait référence à cet art de mélanger des sons grâce aux tables de mixage, comme cette possibilité de réutiliser des objets. Les possibilités d’interactions sont démultipliées grâce à la Scratchboard, qui comporte des capteurs de lumière, de son, de contacts, etc.

Bien que Scratch soit, à l’origine, destiné à développer la pensée créative et à stimuler la curiosité intellectuelle chez les jeunes dans les centres extrascolaires de remédiation des communautés économiquement défavorisées, il représente également un potentiel remarquable pour la compréhension de l’environnement de programmation dans l’enseignement supérieur.

Au lycée, les académies ont bien souvent choisi d’associer Scratch et Algobox pour enseigner l’algorithmique, conformément aux instructions officielles du programme de mathématiques de 2de.

Au sein de l’université de Harvard, David J. Malan assure l’enseignement d’un cours intitulé « Computer Science 50 » et utilise Scratch pour présenter un algorithme, illustrer sa structure et présenter ses différents éléments constitutifs. Ainsi, dans le domaine de l’enseignement depuis l’âge de 7 ans jusqu’à l’université, Scratch permet d’approcher l’algorithmique.

Retours d’expériences

Scratch peut être une occasion inespérée pour des élèves de reprendre un parcours pédagogique menant à une réussite. Sur le forum du logiciel, les réactions sont parfois surprenantes. « Au début d’une séance d’aide individualisée en 2de avec pour support les cartes Scratch, vous avez à peine présenté le déroulement de la séance que, profitant du fait que le professeur a tourné le dos, un élève a déjà changé la couleur du chat : il est passé du orange au violet ! » À la fin de la séance, un élève, en situation scolaire difficile, tarde à éteindre son ordinateur : « Monsieur, si j’avais su que c’était ça les mathématiques ! ».

Samir Saidani précise sur l’une des pages de son site : « [Avec Scratch] l’approche pédagogique est dans la lignée des approches dites constructivistes, c’est-à-dire une approche où le jeune se positionne comme celui qui enseigne à la machine ce qu’elle doit faire (avec le soutien d’un « expert » qui l’accompagne dans le dialogue avec la machine), et, de fait, construit le savoir qui lui est nécessaire à la réalisation de son objectif. » Cette approche constructiviste a été récemment développée en août 2010 à Paris par Bryan Harvey, l’un des créateurs de BYOB (Build Your Own Blocks), une extension de Scratch. Sa présentation s’intitulait : « Existe-il une limite pour l’utilisation de Scratch ? Est-ce qu’un logiciel peut à la fois servir pour des enfants et des informaticiens ? » Tout est possible pour assurer la réussite des enfants !

Le site ScratchEd, point de rencontre et d’échanges, propose un tutoriel que j’ai pour la première fois testée à Beauvais dans le cadre des Journées du Libre. Pour cette activité, Josée Desharnais  m’a convaincu de réaliser un jeu, Pierre Couillard de mettre en scène des poissons, Karen Brenann de commencer par programmer l’animation et de proposer aux participants de changer de poste de travail à la fin de chaque séquence. Il s’agit, à l’aide de cet outil, de mettre en œuvre tous les blocs de programmation pour réaliser ce jeu, tout en laissant la porte ouverte aux extensions possibles.

Avec Scratch, finalement, c’est une affaire de cœur. Si l’on a un peu gardé son âme d’enfant, on prend plaisir à manipuler les blocs, à imaginer des stratégies, etc. Pierre Couillard a animé pour les inspecteurs et les formateurs de mathématiques une formation aux logiciels libres du ministère de l’Éducation tunisien. À la fin du stage, il m’a confié : « Les Tunisiens sont tombés amoureux de Scratch. »

Par Jean-Jacques VALLIET,
professeur certifié de mathématiques retraité