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N°16 - Juin 2013

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SACoche, le suivi de compétences pour toute la communauté éducative

La mise en place du Socle commun des connaissances et des compétences1 suscite un grand nombre d’interrogations pratiques auprès des enseignants. Pour y répondre, l’association Sésamath met gratuitement à disposition des établissements son application en ligne SACoche2… Portrait d’une ressource numérique à destination de toute la communauté éducative.

« Le véritable enseignement n’est point de te parler mais de te conduire3 »

Les premiers acteurs de cette nouveauté pédagogique et didactique sont, bien évidemment, les enseignants qui trouveront avec l’application SACoche  une réponse à quantité de questions pratiques qui souvent constituent un préalable à l’innovation. Ainsi, établir un suivi de compétences au collège implique de pouvoir disposer d’un document évolutif reprenant l’ensemble du parcours de chaque élève. Développée par l’association Sésamath, SACoche – dont le nom vient de SAC, « suivi d’acquisition de compétences » et de « cocher » pour valider les acquis – permet de conserver le parcours de chacun et de disposer dès les premiers jours de l’année scolaire de son profil. Cela est d’autant plus important que le suivi de compétences vise en priorité les élèves en difficulté, souffrant d’un handicap. En résumé, concernant les élèves, la mise en place de groupes de besoins, d’une pédagogie différenciée est impérative. SACoche renforce donc non seulement l’efficacité de l’enseignant mais également celle de l’équipe éducative.

En outre, le recours aux codes couleur dans cette application détermine aisément l’état d’acquisition de chaque compétence à un moment donné de l’année scolaire. On prend ici en compte le fait qu’une compétence évolue dans le temps. Si certains élèves « prennent du retard », il n’y a pas forcément urgence car au fil de l’année, ils pourront y revenir et progresser. SACoche est donc un outil qui souligne la progression de chacun mais aussi d’un groupe afin que l’enseignant ait une gestion plus fine de sa progression.

On notera aussi que cette application permet d’aller plus loin que le simple constat d’une acquisition ou d’une carence. En effet, elle offre l’opportunité d’associer une ressource sous forme de lien web à un item. Dès lors, elle devient un des constituants de l’(auto-)évaluation.

L’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli4

Les bénéficiaires du suivi de compétences et des bilans individuels et/ou collectifs que permet SACoche sont naturellement les élèves. Mais il s’agit moins d’établir un constat sur une situation que de les rendre plus investis dans leurs apprentissages.

SACoche est également un outil qui permet de motiver les élèves en ciblant un point précis à travailler, en définissant un objectif, son terme et, enfin, la modalité de travail. Le but, grâce à cette application, est de lutter contre des jugements personnels du type « Moi, je suis nul en… » que peuvent avoir certains élèves. Le bilan proposé grâce à un code couleur aisément compréhensible sert à valoriser les progrès et le travail réalisé. Car, souvent, avec des élèves en grande difficulté cognitive ou avec ceux souffrant de handicap, l’estime de soi, la confiance en soi doivent être restaurées. Passer d’un point rouge à un autre de couleur orange prouve immédiatement à l’élève qu’il peut progresser, qu’il en a les capacités et que le droit à l’erreur, trop souvent nié, sera essentiel à ses progrès.

Certes, il n’est pas question de faire croire à travers SACoche à une panacée pédagogique mais plutôt de proposer un point d’appui dans la communication avec les élèves pour leur faire percevoir les objectifs et les moyens mis à disposition pour les atteindre. Ne pas demeurer dans l’implicite mais expliquer au moyen de cette application les étapes d’une progression individuelle.

Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village5

Cette communication resterait amputée et imparfaite si elle ne prenait en compte, à l’heure de la généralisation des espaces numériques de travail (ENT), le regard des parents. En effet, tout comme pour les élèves, l’application proposée par Sésamath leur offre un suivi de l’évolution des compétences de leur enfant. C’est une manière de mieux faire comprendre le travail effectué en classe mais aussi de mettre fin à une vision trop subjective de l’évaluation. Les objectifs apparaissent mieux et l’enseignant peut se servir des bilans pour étayer son propos lors des rencontres avec les parents. C’est aussi une façon d’en finir avec la constante macabre6. L’évaluation est plus fine, plus précise et donne donc un rendu plus juste du degré d’acquisition des compétences.

Un parent qui comprend mieux comment travaille son enfant et avec quels objectifs sera à même de s’investir davantage à la fois dans le travail mais également dans l’analyse des résultats obtenus. Ce n’est qu’à cette condition que l’on pourra réellement parler de communauté éducative et que la généralisation du socle commun et des ENT se soldera par une réussite.

« Tu ne peux vivre que de ce que tu transformes7 »

Au fil de ces quelques lignes, les propos tenus pourraient laisser croire à un positivisme béat face à ce qui n’est, rappelons-le, qu’un outil au service d’une démarche. Il existe des freins à l’utilisation de l’application SACoche comme le bouleversement des pratiques d’évaluation. Comment va-t-on appréhender une double évaluation basée à la fois sur des notes et des compétences ? Doit-on et/ou peut-on établir une correspondance ? Chacun en ira ici de son couplet mais la réponse est peut-être plus simple qu’il n’y paraît. Partons de nos pratiques et tentons d’en tirer la substantifique moelle avec l’idée de la bonifier par un suivi de compétences. Dès lors, un outil comme SACoche ne peut être perçu comme un artifice mais comme un élément facilitant, modulable au gré des besoins.

Cette dernière idée est fondamentale car il faut bien distinguer entre évaluer des compétences et valider le socle commun. La première démarche implique un suivi, des explications, des échanges qui rompent avec la notion de pilotage par l’examen. Dès le premier pas fait en ce sens, SACoche devient un outil redoutable d’efficacité. Attention cependant à ne pas basculer dans un jusqu’au-boutisme exacerbé et à découper une progression en une accumulation de micro-compétences dont l’addition ne pourra jamais équivaloir à une compétence pleine.

Nous l’avons compris depuis longtemps, un outil n’est rien sans la conscience qui l’utilise. SACoche offre à la communauté éducative de lui faciliter une transition vers un mode d’évaluation autre et plus généralement vers un autre mode d’appréhension de l’École.

Philippe GODIVEAU,
professeur de lettres, académie d’Orléans-Tours (28)

Notes :