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N°16 - Juin 2013

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E-learning : la pédagogie avant tout

Comment placer la pédagogie au centre de l’usage des nouvelles technologies en tenant compte des spécificités qu’induisent ces nouveaux outils ? Tel est l’objectif auquel doit avant tout répondre le e-learning.

Souvent, l’usage des nouvelles technologies dans la formation et l’enseignement consiste à médiatiser des ressources pédagogiques qui sont déposées sur une plateforme ou un ENT. Les enseignants concentrent fréquemment leur énergie sur la médiatisation des ressources parce qu’ils appréhendent une difficulté technique, ou parce qu’ils se laissent séduire par les possibilités techniques des outils à disposition. On peut le constater quels que soient les outils utilisés (TBI, mise en ligne de parcours à distance, etc.). Le problème, c’est que l’impact négatif de ces pratiques sur l’apprentissage est réel.

Deux principes directeurs

Les NTIC offrent une opportunité de réviser le dispositif d’enseignement en proposant des possibilités d’individualisation des parcours, d’inversion des activités entre le travail à la maison et le travail en classe, d’adaptation au nouveau rapport des élèves à l’information et à la technologie, et c’est de là que vient leur pertinence d’usage. Il s’agit d’un enjeu pédagogique et non technique : repenser son dispositif dans le temps et dans l’espace grâce à de nouveaux outils pour plus d’efficacité.

L’utilisation des NTIC nécessite plus de rigueur dans la conception du dispositif d’apprentissage. Cela vient de la plus grande diversité des situations pédagogiques possibles qui interrogent la place des situations traditionnelles. Ces méthodes hybrides imposent une conception précise et une plus grande anticipation pour favoriser l’autonomie des élèves. Le dispositif d’accompagnement doit être dimensionné en conséquence.

Définir une stratégie pédagogique globale

Si l’on se place du point de vue du processus de conception, la première étape consiste à imaginer le dispositif dans son ensemble. Quelles places pour la distance et pour la présence en classe ? Quelles activités ? Quelles situations pédagogiques ? Quel niveau d’individualisation des parcours ? Quels types d’accompagnement ?

Pour répondre à ces questions, il faut se reposer sur les piliers que constituent les objectifs pédagogiques, leurs niveaux et les moyens de leur évaluation.

Il faut également considérer le profil des élèves en termes d’hétérogénéité par rapport aux savoirs, à l’accès aux technologies, aux styles d’apprentissages, tout en tenant compte de leur motivation. Autonomie ne veut pas dire apprendre seul. Il faut toujours envisager l’apprentissage comme une activité sociale. En outre, bien entendu, il faut confronter tous ces éléments avec les contraintes qui s’imposent à nous. Il y a les moyens techniques forcément limités dont on dispose, les ressources que l’on peut utiliser ou le temps qu’il est possible de consacrer à la production de nouvelles ressources, les contraintes d’organisation (horaires, programmes, salles, etc.).

Une fois tous ces éléments pris en compte, le concepteur peut cartographier son parcours et en tester la pertinence du point de vue pédagogique. Il n’y a pas de recette absolue, mais un fait s’impose : le bon parcours est celui qui est maîtrisé par l’enseignant et compréhensible par l’élève. Il faut donc simplifier, surtout au début, et l’enrichir ensuite au fil de l’expérience.

Structurer le parcours

Une fois la cartographie globale du parcours réalisée, il faut scénariser les séquences pédagogiques proposées aux élèves et prévoir le mode de navigation et d’accès aux séquences.

Ces dernières peuvent être de natures très variées, néanmoins, nous pouvons énoncer quelques principes à respecter dans la plupart des cas. Les séquences doivent être de courte durée, car plus elles sont courtes, plus on peut les agencer différemment et donc les proposer dans des parcours individualisés. Dans le jargon du e-learning, on parle de granularisation.

Cependant, même si ces séquences sont brèves, elles doivent proposer à l’élève une introduction construite lui permettant de savoir ce qu’on attend de lui, l’organisation de la séquence, les moyens qu’on lui propose en termes d’évaluation, etc. Ensuite, la séquence se poursuivra par une ou plusieurs activités d’apprentissage dans lesquelles l’élève aura des actions à réaliser, puis éventuellement par une activité d’évaluation. Elle se terminera par une activité conclusive. Il est possible que les ressources médiatiques mobilisées dans ces activités soient disponibles sur Internet ou que l’action demandée à l’élève soit précisément d’aller chercher lui-même ces ressources, voire de les produire. La valeur ajoutée pédagogique consiste donc à définir un objectif, organiser l’activité, proposer un accompagnement, réagir, porter un regard d’évaluateur, conseiller, mais aussi favoriser l’autonomie par des auto-évaluations, des moyens de choisir son parcours, d’apprécier sa progression. C’est en cela qu’il ne s’agit pas seulement d’un dépôt de ressources. La scénarisation nécessite un travail de conception en profondeur centré sur le point de vue de l’élève comme acteur principal de son apprentissage.

Schéma stratégie

La technique oui, mais la pédagogie avant tout

On peut donc dire que, si la conception des activités ne peut se faire sans tenir compte des outils techniques du e-learning qui en seront le support, le travail de conception repose sur des principes pédagogiques connus. Toutefois, la diversité des situations que ces nouvelles modalités autorisent nécessite une rigueur dans la conception qui dépasse la simple maîtrise disciplinaire. L’externalisation des savoirs dans les ressources numériques disponibles met au premier plan la dimension purement pédagogique du travail de l’enseignant concepteur. Sa capacité à scénariser les dispositifs et les activités déterminera en grande partie l’efficacité des dispositifs qu’il mettra en œuvre.

Schéma stratégie

 

Sylvain VACARESSE,
maître de conférences associé, université de Rennes-1 ; directeur de LearningSalad