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N°16 - Juin 2013

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De l’usage des supports vidéoprojetés

L’usage des documents vidéoprojetés dans les établissements scolaires est répandu depuis de nombreuses années. L’investissement financier des collectivités, la part active des professeurs pour introduire ces nouveaux outils dans leur enseignement ont encouragé leur pratique.

La technologie a rapidement bousculé la production des premiers transparents réalisés à la main, avec des photocopieuses qui ont permis de passer directement d’un support papier à un film. Le numérique a ensuite offert la possibilité de vidéoprojeter ce qui est présenté sur l’écran d’un ordinateur ; cette évolution technique a alors entraîné le développement de logiciels de présentation assistée par ordinateur.

Évolution des usages

Aujourd’hui, les tableaux blancs interactifs (TBI) ouvrent une nouvelle fonctionnalité : l’interactivité au travers de la commande à partir de l’image projetée . Dans le même temps, les vidéoprojecteurs fixes avec courte focale remplacent progressivement des appareils mobiles déposés sur un chariot. Quelques constructeurs proposent également des vidéoprojecteurs interactifs, qui peuvent projeter directement sur un mur et s’équiper d’enceintes. Une application associée au TBI peut le transformer en une interface de commande de l’ordinateur, capable de construire des formes géométriques, de projeter des images , d’accéder aux livres, aux ressources et applications en mémoire ou en ligne, de sauvegarder les pages projetées et construites avec les élèves en classe… Enfin, quelques applications encore confidentielles offrent la possibilité de vidéoprojeter le contenu des tablettes : celle du professeur ou celles des élèves qui peuvent ainsi présenter leurs productions.

Ces évolutions technologiques ont élargi le champ d’utilisation des supports vidéoprojetés et une majorité de professeurs recoure à ce moyen de communication en classe. Ainsi une récente enquête de la DGESCO (enquête PROFETIC, juin 2012) montre que 71 % des professeurs du second degré utilisent fréquemment le vidéoprojecteur dans leur établissement alors que 21 % expriment des difficultés pour en disposer.

Quelques exemples d’utilisation

Les professeurs adoptent des supports visuels vidéoprojetés pour concentrer l’attention des élèves sur un document commun fédérateur. Ils peuvent servir d’appui à l’intervention du professeur à différents moments : dès le début de la séquence pour présenter aux élèves les directives, le plan, la problématique, une ressource, un support visuel ou audio, une organisation ; ou encore en fin de séance, pour mutualiser, corriger un exercice, rassembler les réflexions ou les productions des élèves et construire ensemble une synthèse. Cette forme de communication permet de présenter des informations et des documents lisibles, elle aide à la structuration des connaissances.

Toutefois, l’utilisation la plus courante demeure lors de la séance. La vidéoprojection est alors utilisée pour la présentation et l’exploitation de ressources : photographies, films, diaporamas, vidéocasts, cartes, logiciels… Les supports vidéoprojetés profitent du développement du numérique qui a permis de faire entrer dans la classe une masse documentaire importante. Ils ouvrent sur un monde d’ordinaire invisible : le très petit, le très loin, le très ancien, le caché et ils bénéficient de nouveaux types d’images : reconstitutions ou 3D. À la différence d’un film, les éléments vidéoprojetés permettent au professeur de présenter un document qu’il a conçu. Il est alors maître de sa forme, peut gérer le temps et la vitesse de  défilement pour l’adapter aux réactions des élèves.

Ce type de support de communication est utilisé couramment en arts plastiques, en histoire-géographie, en mathématiques et dans les matières scientifiques. Dans les disciplines professionnelles et technologiques, cette forme de communication est banalisée, elle offre notamment la possibilité d’aider à la maîtrise des outils et des applications de plus en plus utilisées pour la conception ou la production de service, de produits et d’œuvres.

Avantages et limites de l’outil

Des professeurs de plus en plus nombreux élargissent maintenant les usages en enrichissant les ressources. On observe ainsi la possibilité d’animer des images, d’associer des icônes, d’enrichir les textes, d’augmenter la réalité par des commentaires et des liens hypertextes. En outre, de nouvelles applications permettent aux enseignants de préparer en amont les séances en construisant des scénarios pédagogiques dans une démarche logique et explicite de construction de connaissance. Par ailleurs, elles facilitent l’analyse, la présentation des idées (avec notamment les outils de représentation mentale) et la modélisation. Le modèle est une présentation du réel, il permet d’associer à un objet un mot, une définition, une représentation symbolique à un système, une représentation graphique normée, une relation qui traduit son comportement… La construction des connaissances des élèves stimule l’analyse et s’appuie sur de nombreux modèles. Les supports vidéoprojetés permettent de structurer une analyse, de présenter une idée, ou encore de lier facilement le modèle au réel.

L’utilisation des documents vidéoprojetés présente plusieurs avantages. Au-delà de l’économie appréciable de papier, le professeur peut produire aisément des documents de qualité, modifier rapidement les supports, ajouter des ressources. Grâce au numérique, il explore et présente plus facilement les informations, les mutualise, les adapte. En outre, cette forme de communication facilite la compréhension de l’oral et la gestion de l'hétérogénéité, l’attention des élèves dyslexiques est moins parasitée par des difficultés matérielles banales. L’usage du vidéoprojecteur permet d’imprimer un rythme à la classe par succession de moments de consignes, de synthèses, de travaux individuels ou collaboratifs. Enfin, les logiciels de plus en plus ergonomiques peuvent être utilisés par les élèves pour présenter un travail sous une forme dynamique, l’élève est alors acteur et la dimension réflexive du support vidéoprojetés est améliorée par le lien entre l’élève et le support projeté.

Les élèves sont davantage sensibles à la qualité et l’originalité des documents projetés. Ils apprécient l’attractivité et l’interactivité avec le support. La mémorisation est facilitée par la présentation orale et visuelle. Enfin, ils ont la possibilité de récupérer les éléments de cours mémorisés sur l’application associée au TBI par le professeur, via par exemple le cahier de textes numérique.

Les usages sont actuellement limités par des conditions matérielles : disponibilité des appareils, accès au réseau internet, gestion des télécommandes et des stylets, défaut de fonctionnement et une formation insuffisante des certains enseignants. Les éditeurs de ressources n’ont pas encore apprécié toutes les potentialités des TBI et des applications. Les TBI restent encore utilisés au format « tableau blanc 2.0 » et posent un problème de taille : la diagonale de projection limitée, et donc problématique en fonction de la salle. Enfin, les enseignants utilisent plus facilement le vidéoprojecteur s’il est fixé dans la salle de classe disciplinaire et relié à un ordinateur.

Pour conclure

Un usage pertinent de ces supports nécessite en premier lieu une réflexion pédagogique pour identifier les apports visés par les élèves : connaissances, savoirs, compétences… Il est ensuite nécessaire de construire un scénario qui caractérise la démarche pédagogique et de respecter quelques règles pour construire la présentation : limiter le texte, garantir la lisibilité de tout point de la classe (taille minimum des caractères), éviter la fatigue en utilisant de préférence un fond foncé, garantir l’attractivité par des images de qualité originales, des animations et des liens.

Par ailleurs, les usages maîtrisés des supports visuels vidéoprojetés en classe améliorent la qualité de l’enseignement. À l’heure où ces usages se développent avec le numérique et s’élargissent aux élèves dans le cadre d’une pédagogie plus active, où les élèves analysent, créent, produisent et présentent aux autres leurs travaux, il convient de compléter l’équipement des établissements avec des installations fixes et un accompagnement des enseignants pour les aider à exploiter les ressources et à construire des publications assistées par ordinateur. Enfin, les constructeurs doivent rapidement ouvrir l’accès à la vidéoprojection pour le contenu de tablettes et des outils mobiles utilisés par les élèves.

 

André MARCANT,

IA IPR STI, CTICE, académie de Nice, responsable du pôle numérique

 

Remerciements aux professeurs du réseau de la MATICE de l’académie de Nice : interlocuteurs disciplinaires, coordonnateurs et animateurs pour leur contribution.