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N°1 - Novembre 2009

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Le Tableau Blanc Interactif, un outil de première importance

Gabriel Cohn Bendit présentant le TBI au Sénégal

Le Tableau Blanc Interactif, un outil de première importance pour atteindre les objectifs du millénaire dans le domaine de l’éducation.

Gabriel COHN BENDIT, secrétaire général du REPTA

Le Réseau Éducation Pour Tous en Afrique (REPTA)

Voir les vidéos du REPTA sur l’arrivée des TBI au Sénégal et au Mali.

Le Réseau Éducation Pour Tous en Afrique (REPTA), présidé par Mamadou Ndoye ancien ministre de l’Éducation de base et des Langues nationales du Sénégal, ancien secrétaire exécutif de l’ADEA, fait travailler ensemble des ONG, des collectivités territoriales et des entreprises en faveur des exclus des systèmes éducatifs en Afrique. Nous appuyons des pratiques innovantes qui permettent d’inclure ces exclus : horaires adaptés aux exigences des populations rurales, apprentissage de la lecture et de l’écriture d’abord en langue maternelle...

Depuis sa naissance en janvier 2004, le REPTA a développé des actions au Burkina-Faso, au Niger et soutenu des actions au Bénin, au Sénégal et au Mali. Des REPTA, comprenant des élus, des représentants des ministères et des ONG se sont mis en place au Bénin, au Burkina-Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal.

La fracture numérique et le Tableau Blanc Interactif (TBI)

Depuis plus d’un an nous travaillons en partenariat avec le Fonds Mondial de Solidarité Numérique, présidé par Alain Madelin, à mettre en place des projets visant à surmonter la fracture numérique entre les pays du Nord et les pays du Sud. C’est dans ce contexte que nous nous faisons les propagandistes de cet outil à nos yeux fondamental, qu’est le TBI, pour le développement de l’éducation pour tous en Afrique, et d’une façon générale dans tous les pays en voie de développement. Certains pensent qu’il est pour l’instant réservé aux pays riches, nous pensons le contraire.

Le TBI peut remplacer les manuels scolaires

Dans des pays où il n’existe pas de manuels, le TBI peut avantageusement les remplacer, ce qu’il fera aussi dans les pays du Nord qui ont vécu sur la tradition du manuel scolaire. Les contenus de tous les manuels peuvent en effet tenir sur un disque dur de plusieurs centaines de gigas. Plusieurs manuels par élèves ou un TBI par classe : une comparaison des coûts ne serait pas forcément en défaveur du TBI. Par rapport au manuel papier, le TBI a l’avantage de permettre la projection de séquences animées, de petits films. Que ce soit en histoire ou en sciences et techniques de la vie ou de la terre, c’est là une véritable révolution. Grâce au TBI on peut, par exemple, voir comment le sang circule, suivre des animations sur le cycle de l’eau. Mais le TBI est aussi un outil fantastique pour l’apprentissage de la lecture. Il existe aujourd’hui de plus en plus de logiciels pour apprendre à lire. Certes, ils sont en français et des groupes de travail doivent être mis en place pour adapter le matériel d’alphabétisation en langues vernaculaires pour les utiliser avec un TBI. Dans un premier temps, il suffit de les numériser et d’en faire ensuite de nouveaux, avec toutes les possibilités qu’offrent les technologies numériques. Des collectifs d’enseignants se mettent en place de par le monde pour mutualiser leurs expériences ; il faut y associer des pédagogues africains. C’est ce que nous avons tenté de faire avec notre espace de travail collaboratif.

Le TBI et la formation des maîtres

On nous a souvent opposé l’argument qu’en Afrique il existe d’autres priorités, comme par exemple la formation des maîtres. Faire travailler les meilleurs pédagogues de chaque pays en liaison avec les instituts de recherches pédagogiques et les écoles normales, pour créer des modules de cours que ce soit pour apprendre à lire et à compter, en sciences de la vie ou en histoire, modules que l’on enregistrerait sur des disques durs, serait une avancée énorme et faciliterait le travail des enseignants. Ainsi le TBI peut aussi venir en aide au déficit de formation des maîtres. On peut enregistrer sur un disque dur de 3 à 500 Gigas, les contenus des programmes scolaires du CP1 à la classe de troisième, toutes matières confondues. De l’apprentissage de la lecture, en langue maternelle comme en français, aux sciences de la vie et de la terre, en passant par l’histoire et la géographie, sans oublier le calcul ou les mathématiques pour les plus grands, tout peut être mis sur ce disque dur. Le maître préparerait ses cours en regardant, d’abord chez lui, les séquences qu’il passerait le lendemain en classe. Dans un premier temps il les commenterait, puis il pourrait y ajouter des séquences qu’il fabriquerait lui-même. D’ici quelques années, l’Afrique aura produit quantité de contenus adaptés.

Le TBI et les classes nombreuses

Autre argument invoqué : le nombre des élèves par classe. Que faire d’un TBI avec plus de 100 élèves ? Tout d’abord, toute la classe n’est pas obligée de travailler ensemble à la même chose. Personne ne pense que des classes de 100 élèves sont une bonne chose et arriver à des classes de 50 à 60 élèves serait une perspective réaliste. J’ai toujours pensé que face au grand nombre d’élèves la seule solution était « l’enseignement mutuel ». Pour cela il faut mélanger les âges. Vingt « grands » prennent chacun en charge un groupe de deux « moyens » et trois « petits ». Le maître travaille d’abord avec les « grands » et en fait des « collaborateurs » mais pas seulement pour la discipline. Le TBI a cet avantage que tout ce que l’on y écrit peut y rester : c’est un tableau que l’on n’est pas obligé d’effacer.

On peut écrire « très gros », phrase par phrase pour que tous les élèves puissent voir. On écrit une phrase qui prend tout le tableau et il est inutile de l’effacer – elle est enregistrée – et on passe à la seconde et ainsi de suite. Et l’on peut revenir en arrière. Mais le TBI permet aussi « l’interactivité », non seulement avec l’ordinateur, d’où son nom, mais aussi avec les élèves. Ce n’est pas un simple écran : on peut écrire, dessiner au tableau. Le tableau peut très facilement être « manipulé » par les élèves.

Le TBI et les parents, en ville comme à la campagne

Le TBI peut aussi servir aux adultes du village ou du quartier. D’une part, c’est un moyen d’alphabétisation pour les adultes, mais il peut également servir de grand écran pour projeter films ou animations sur les problèmes de santé ou d’économie.

Le coût du TBI

Il serait absurde de ne pas évoquer le prix d’un tel outil. Aujourd’hui, tel que le marché les offre, ils sont encore trop chers, mais déjà les constructeurs présentent des TBI low cost. TBI, ordinateur, vidéoprojecteur, se trouveront bientôt à moins de 1 000 euros. La construction d’une classe coûte 8 000 €, une économie de 10 %, et on peut l’équiper d’un TBI. La perspective d’un ordinateur par élève nous paraît très lointaine, même avec des ordinateurs à 100 euros, et de plus, à mes yeux, pédagogiquement discutable : la classe, même très nombreuse, est un lieu de travail collectif et doit le rester. Par contre, la perspective d’un ordinateur par maître avec un TBI et le vidéoprojecteur nécessaire me paraît tout à fait réaliste.

Le problème de l’énergie

Là où il n’y a pas d’électricité, il faut hélas encore aujourd’hui un groupe électrogène pour alimenter le projecteur. Mais d’ici deux ou trois ans, des projecteurs LED assez puissants seront disponibles et, eux, fonctionnent comme le tableau et l’ordinateur : à l’énergie solaire.

Conclusion

Malgré toutes les difficultés que nous ne sous-estimons nullement, il serait grave de ne pas se lancer dans une expérimentation du TBI en Afrique. Elle est tout à fait nécessaire et justifiée. C’est à quoi s’est engagé le REPTA. Nous en tirerons les conclusions après évaluation ; conclusions qui pourront nous amener à constater que les obstacles sont encore, à l’heure actuelle, trop importants. Mais nous nous serons donné les moyens de les déterminer et de pouvoir ainsi les surmonter. Peut-être, aussi, seront-ils moins importants que ne le disent les sceptiques, et que le développement des TBI en Afrique sera très rapide, comme nous l’espérons.