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N°10 - Décembre 2011

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ENT : un outil pour différencier les parcours

Au service de l’enseignant, l’ENT est un outil facilitant la création et la diffusion de documents à destination des élèves mais c’est aussi un moyen efficace de personnaliser le parcours d’apprentissage. Il permet également d’impliquer les élèves dans le processus de production de contenu tout en assurant le lien avec l’école et la famille grâce à de nombreux services.

L’environnement numérique de travail est avant tout un espace où l’enseignant dépose des documents choisis. Il peut s’agir de traces produites au sein de la classe par le maitre et/ou les élèves (leçons, productions de classe) ou de documents créés par d’autres mais sélectionnés par le maitre (documents institutionnels ou provenant de sites Internet comme La main à la pâte).

On peut également considérer l’ENT comme un moyen moderne de mobiliser régulièrement les capacités acquises en classe. Des liens vers des situations d’application interactives ou ludiques permettent de solliciter l’élève à la maison ou à l’école, pendant le temps périscolaire, pour brasser à nouveau les capacités et connaissances déjà acquises. En cela, l’ENT est un atout pour la construction des compétences du socle commun. En effet, pour valider le LPC, un enseignant doit s’assurer du niveau d’acquisition des capacités, connaissances et attitudes à plusieurs moments de l’année.

Cependant, l’ENT doit également être l’outil du maitre dans son enseignement. De par son interface et les possibilités qu’elle offre, l’ENT permet de gérer la différenciation en classe.

Considérons un premier aspect de la différenciation, les groupes de besoin ou de niveau. L’enseignant peut créer dans l’ENT de la classe, un groupe de travail dans lequel les élèves trouveront rapidement, dans le même article, la tâche qu’ils auront à remplir. En cliquant sur leur photographie, leur prénom ou leur groupe, ils pourront commencer à lire la consigne préalablement écrite par l’enseignant et réfléchir à la résolution d’une situation problème proposée sous forme interactive ou vidéo ou d’un exercice d’application mis en lien.

Mais là où l’ENT prend réellement toute son envergure, c’est dans la formalisation du parcours personnalisé de l’élève. Dans un groupe de travail rassemblant les profils choisis de l’enseignant, du directeur, des enseignants spécialisés, de l’élève et de ses parents, le parcours personnalisé d’apprentissage pourra prendre place. Il donnera à lire uniquement aux personnes concernées, le constat aux évaluations diagnostiques ou nationales (qu’on se situe en début ou fin d’année et de cycle), la réflexion pédagogique de l’enseignant ainsi que les choix des capacités du socle à travailler lors du P.P.R.E. (Programme personnalisé de réussite éducative). On y trouvera également le parcours progressif que l’élève aura à franchir (en classe, puis à la maison avec ses parents) pour acquérir progressivement les capacités qui lui manquaient. Enfin, un document retraçant ce parcours indiquera le degré d’acquisition à chaque période de travail.

L’expérience décrite dans l’encadré développe la mise en place d’un parcours personnalisé qui permet de répondre aux axes de la circulaire ministérielle pour l’année 2011-2012 (circulaire n° 2011-071 du 2-5-2011).

Il faut donc bien comprendre que l’ENT n’est pas seulement un outil où l’élève et sa famille retrouvent, de façon passive, les documents conçus ou vus en classe. Il doit devenir un véritable outil de gestion de l’hétérogénéité scolaire à travers la formalisation des parcours différenciés.

On pourra très facilement glisser dans ce dispositif tout le travail mis en place lors des moments consacrés à l’aide personnalisée où, là encore, les TUIC ont toute leur place.

Expérience : une démarche possible pour appréhender la différenciation avec l’ENT

  • Mise en place d’un groupe de travail PPRE nominatif avec l’analyse des résultats aux évaluations nationales (ou diagnostiques selon le moment de l’année).
  • Insertion de la partie pédagogique du PPRE. À partir de là, l’ENT montre sa spécificité, puisqu’il permet une articulation entre les documents du maitre et la mise à disposition de situations d’apprentissage ou de remédiation (sous la forme d’exercices en ligne, interactifs, Web 2.0) ou de dépôt de productions numériques de l’élève (ex : utilisation de l’application Jing dans la production de travaux ou d’outils issus des ateliers de compétences différenciées).
  • L’élève, ses parents, l’équipe éducative ont seuls accès à ce groupe de travail. L’élève peut, sous l’impulsion et le choix de l’enseignant, se connecter à ce parcours en classe et/ou s’exercer à nouveau à la maison avec ses parents. Ceux-ci sont impliqués dans tout le processus de remédiation. La messagerie de l’ENT permet un dialogue constant et rapide entre les parents et l’équipe enseignante.
  • Toutes les étapes de la remédiation sont archivées : depuis l’analyse pédagogique de l’enseignant jusqu’à l’évaluation des progrès de l’élève.
  • Un dernier document élève montrant clairement le déroulement des progrès et le degré d’acquisition des capacités préalablement ciblées permettra à tous, élève, enseignant et parents, de percevoir les prochaines étapes du processus d’apprentissage entrepris. 

 

L’ENT, lieu d’élaboration et de production de documents interactifs

Nous venons de voir l’implication de l’ENT dans le travail du maitre et dans la gestion de la différenciation. Mais l’ENT ne serait donc qu’un « outil maitre » ? Quid de la place de l’élève ?

L’élève ne doit pas être cantonné à un rôle de consommateur sur l’ENT. À lui, avec l’aide de l’enseignant, d’entrer dans des phases de productions d’outils et de preuves de l’acquisition des capacités et des connaissances. Des applications numériques très simples tels que Jing ou encore Audacity permettent cette entrée (voir un exemple de production sur l’ENT ci-après). Grâce à eux, l’élève peut, en quelques clics, produire des traces numériques riches et de qualité.

Projet de classe : mise en place d’ateliers de capacités différenciées

Quelles exigences ?

  • s’appuyer sur les résultats aux évaluations diagnostiques de début d’année pour définir des axes de travail personnalisé ;
  • garantir pour tous l’acquisition du socle commun des compétences et des connaissances ;
  • prendre en compte les difficultés de tous les élèves ;
  • permettre aux élèves ayant des capacités affirmées de poursuivre leurs apprentissages.

 Quelle organisation ?

Chaque jour, chaque élève participe à un atelier de capacités : en français ou en mathématiques. Chacun des ateliers dure 45 minutes. 


 Quelles modalités de fonctionnement ?

Pendant une semaine (donc quatre ateliers mathématiques ou quatre ateliers français), chaque élève a pour mission d'acquérir un nouveau savoir (comprendre ici l'acquisition d'une compétence spécifique).

Le quatrième jour est l'occasion pour l'élève de « prouver » l'acquisition de ce nouveau savoir. C’est plus précisément à ce moment qu’il utilise l’outil numérique. À lui donc de créer un jeu interactif, une grille de mots croisés, de réaliser un tutoriel, de produire une carte mentale ou de se filmer en train de faire, par exemple, une division.


Toutes ses « preuves » vont nourrir l'environnement numérique de travail, qui sera ainsi l'espace partagé de la classe.

Pour résumer :

Jour 1 :

  • L’élève est confronté à un problème, une situation-problème et précise la difficulté qu’il rencontre.
  • Il élabore, avec un de ses pairs partageant la même difficulté, un outil synthétisant leurs connaissances sur l’item de capacité visé. Ensuite, les outils du même atelier sont mis en commun afin de réaliser un outil unique.

Jour 2 :

  • L’outil unique est confronté aux élèves qui ont déjà acquis cet item de capacité. Il est soumis à la critique pour pouvoir ensuite être modifié, amélioré.
  • À l’aide de l’outil finalisé, les élèves de l’atelier s’entrainent avec des exercices d’application.

Jour 3 :

  • En utilisant l’outil numérique, les élèves, par groupes de deux ou trois maximum, doivent prouver l’acquisition de la compétence. Cette preuve sera mise en ligne sur le site de l’école, ou l’espace numérique de travail afin d’être confrontée à la critique de tous les élèves.

Jour 4 :

  • Élaboration d’une preuve numérique attestant de l’acquisition de la nouvelle compétence. Utilisation de l’outil numérique pour la réalisation des preuves qui seront déposées sur l’ENT de la classe si elles se sont révélé « pertinentes ».

 

De simple consommateur, l’élève devient producteur sur l’ENT. Cette évolution de son statut aide l’enseignant à travailler non seulement les compétences 7 du socle commun (autonomie et initiative) mais aussi de préparer les élèves de la fin du cycle 3 à la réflexion autour de la gestion d’un espace de stockage et surtout de la protection des données et de la personne, items de la compétence 4 du palier 3.

L’ENT joue pleinement son rôle de passerelle entre l’école et la famille tout en proposant un bouquet de services numériques de qualité mis à la disposition de la communauté éducative.

Lieu d’une véritable implication de l’élève et de ses parents dans le processus de remédiation des difficultés mise en place par l’enseignant, l’ENT s’enrichit grâce à une utilisation judicieuse pour devenir un outil Web 2.0 efficace dans la gestion des parcours personnalisés des élèves en difficultés notamment.

L’ENT, quand il reflète tout le travail d’analyse, de réflexion et de gestion de la difficulté scolaire par l’enseignant et le dialogue rénové avec la famille devient le garant d’un engagement autour du pacte de réussite éducative.

 

Christophe Caron

Animateur des ateliers TICE libres du CRDP de l’académie d’Amiens

PEMF