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N°11 - Mars 2012

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Ceci n’est pas un poulet !

Les cartes heuristiques, un outil pour s’approprier des connaissances

 

Lucas Gruez, professeur d’histoire-géographie, revient sur les usages qu’ont ses élèves des cartes mentales. Des pistes intéressantes à explorer…

Pour l’apprentissage du cours

Afin de mémoriser le chapitre La Cité des Athéniens, des élèves de 6e devaient transformer en carte mentale la leçon du cahier. C’était leur première carte en histoire-géographie. Cahier et manuel étaient à leur disposition pour synthétiser ce qu’ils avaient retenu sur le cours.

Un doigt se lève : « Monsieur, si je dessine un poulet, est-ce que c’est gênant ? »

Surprise de la part de l’enseignant.

« Je ne sais pas dessiner les bœufs sacrifiés, alors est-ce je peux dessiner un poulet ? »

L’enseignant lui demande alors ce qu’il a retenu, et l’élève commence à lui expliquer la place de la religion à Athènes.

Carte mentale de l’élève avec un poulet pour représentation

Carte mentale de l’élève avec un poulet pour représentation

Les cartes heuristiques permettent une photographie à un moment donné de nos connaissances sur un sujet. Demander à un élève de construire sa carte lui permet de s’approprier des informations et, ainsi, de les transformer en connaissances. Il va mettre en place un processus qui lui est propre, afin de s’approprier la leçon. Le but n’est plus d'apprendre pour apprendre, pour avoir une bonne note, mais de faire siennes les connaissances à mettre en carte. Alors que le point de départ est identique (une leçon d’histoire), chaque carte sera unique, différente, originale. L’aspect créatif ne se limite pas à mettre des couleurs et des dessins, mais fait partie intégrante du processus d’apprentissage ; il donne un sens personnel.

Les cartes développent l’autonomie des élèves qui doivent simplement respecter ces quelques principes de base :

  • utiliser une feuille sans ligne au format paysage ;
  • inscrire le thème de la carte au centre de la page ;
  • construire les branches principales et développer les branches secondaires.

Pour faire comprendre cette organisation arborescente, l’image d’un arbre est parlante : l’idée centrale est le tronc d’où partent les grosses branches sur lesquelles se développent des branches plus petites. Le but est que cet arbre remplisse de façon équilibrée l’espace de la feuille. Nous avons alors pour éléments :

  • 1 branche (ramification) = 1 idée principale = 1 couleur ;
  • des mots clés, que l’on pose sur les branches ;
  • des dessins (on peut dessiner les mots en jouant sur la taille et la forme). Si l’élève ne s’estime pas doué pour le dessin, il peut également réaliser des pictogrammes très simples ou encore coller des images imprimées.

L’élève se sent davantage responsabilisé, car il est le créateur de la carte. Certes, des erreurs peuvent être présentes, mais lui demander pourquoi il a écrit telle information lui permet de se rendre compte du problème lorsqu’il répond et de se corriger lui-même. C’est ainsi pour lui un moyen de réfléchir sur ce qu’il fait.

Sur la guerre froide

Carte sur la guerre froide réalisée par une élève

Carte sur la guerre froide réalisée par une élève

Avant de débuter la leçon sur la guerre froide, les élèves devaient transformer les quatre pages du manuel en une carte conceptuelle. Une élève avait décidé de ne pas suivre l’ordre chronologique et sa carte (figure 2) posait question à l’enseignant. L’élève lui explique alors que les événements concernant chaque pays sont sur chaque côté et que plus on se rapproche du centre, plus les événements cités mettent en relation directe les États-Unis et l’URSS. Cet exemple montre qu’une carte mentale est différente selon la perception qu’a l’individu du sujet étudié.

D’autres exemples de créations de cartes mentales en classe

Plutôt que de donner des cartes heuristiques toutes faites aux élèves, il est préférable de les faire travailler sur leur propre analyse.

Support d’exposé sur Oradour/Glane

Support d’exposé sur Oradour/Glane

Par exemple, des élèves de 5e ont dû rédiger un paragraphe à propos des inégalités devant l’éducation, après l’élaboration d’une carte collective par groupe de trois ou quatre, à partir de dossiers du manuel. La rédaction du paragraphe était individuelle. Les élèves habituellement réfractaires à la rédaction ont écrit quatre ou cinq lignes au lieu des quelques mots habituels et ceux qui étaient le plus à l’aise ont rédigé plus d’une vingtaine de lignes avec, pour tous, des propos beaucoup mieux organisés.

Des inégalités devant l’alphabétisation

Des inégalités devant l’alphabétisation

Pays développés et en voie de développement

Pays développés et en voie de développement

Les cartes heuristiques sont un outil pour travailler autrement. Elles permettent de solliciter différentes capacités. La créativité a une part essentielle. Se poser des questions à propos des couleurs que l’on va utiliser, des dessins que l’on va faire, des mots clés que l’on va retenir, c’est être actif, de façon autonome, face à son travail pour mieux comprendre et mémoriser.

Lucas Gruez

Préfet des Études, professeur d'histoire-géographie et formateur

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